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L'Etranger

Note: 3.58/5
(3.58/5 pour 12 avis)

Après avoir adapté en 2009 la nouvelle L'Hôte, Jacques Ferrandez s’est attaqué, à l’occasion du centenaire de la naissance d’Albert Camus, à son roman "L’Étranger".


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"L’Étranger, c’est l’histoire d’un homme condamné pour n’avoir pas pleuré à l’enterrement de sa mère." -A. Camus- Mais il est surtout accusé du meurtre d'un homme sur la plage. Et lors de son procès, il sera accusé plus pour n'avoir montré aucun sentiment à l'égard du décès de se mère que pour le meurtre en lui-même.

Scénariste
Auteur oeuvre originale
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 12 Avril 2013
Statut histoire One shot (Adaptation du roman d'A. Camus) 1 tome paru
Couverture de la série L'Etranger

Par Seube
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Seube

Adaptation clairement réussie (lecture 1ère édition) Le dessin tout d'abord. L'importance du soleil écrasant n'est pas mis de côté et la représentation est excellente. Plus particulièrement, il y a 2 scènes qui sont essentiellement attendues par le lecteur ayant lu le roman. La scène de la plage est une merveille de représentation : 4 planches muettes tabassent M. Meursault de coups de soleil, avec un découpage qui l'oppresse et le pousse jusqu'à l'acte. Cela peut tomber sous le sens, mais le fait de ne pas avoir écrit de narration descriptive était la meilleure solution. Autre scène que je trouvais importante dans le même thème est celle du corbillard. J'en suis moins friand, elle passe plus inaperçue par rapport à mon souvenir du roman. M. Meursault est très sensible à ce qui l'entoure, et l'auteur le traduit par une mise en image sous silence : quand il regarde les gens par la fenêtre, lorsqu'il est avec Marie, lorsqu'il entre dans la pièce de Raymond Sintès, les deux scènes décrites plus haut... C'est fabuleux de réussir à traduire les pensées écrites vers une mise en image. Pour moi, Jacques Ferrandez parvient à éviter le premier grand piège comme un chef. Second piège, le texte. Si ma mémoire est bonne, tout le texte paraît reprendre mot pour mot celui du roman. C'était le meilleur choix à faire. Albert Camus a créé un nouveau genre littéraire, c'est quand même pas rien! Alors pas question de dénaturer le maître. Avec humilité bienvenue et salvatrice, Ferrandez rend à César ce qui est à César. Troisième piège, M. Meursault. Il est sensuel je l'ai dit, mais bien étranger à plusieurs égards : français en Algérie, pas d'appartenance à un groupe social, il nous paraît comme un inconnu dont on ne connait même pas le prénom, indifférent dans toutes ses relations affectives. Et là encore, c'est la mise en image qui fait parfaitement bien le boulot pour tirer l'essence du roman. Ses émotions sont rarement exprimées. On voit bien quand il ne comprend pas le monde qui l'entoure. Inversement, on se tue en cherchant à le comprendre. Et boum, voilà la fin ! Si on ne le comprend toujours pas, lui peut scander ses propres convictions et faire triompher sa philosophie face à toutes ces péripéties. Le culte est peut-être réservé par Camus, mais Jacques Ferrandez mérite tous les honneurs pour avoir réussi à adapter un récit sous haute surveillance, en ayant su utiliser les codes de la BD. Cette dernière sera une excellente alternative à celui ou celle qui ne serait pas tenté(e) par le bouquin originel. Si vous avez déjà lu le roman, allez-y quand même et voyez comme la BD sait apporter un nouveau souffle!

27/07/2021 (modifier)