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L'Histoire d'un vilain rat (The Tale of One Bad Rat)

Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)

Will Eisner Award 1996 : Best Graphic Album: Reprint Hélène, 16 ans, est une jeune anglaise SDF. Elle mendie dans le métro londonien avec son "vilain petit rat", le seul être à qui elle puisse encore donner de l'amour. Passionnée de Beatrix Potter, elle trouve dans les contes et les illustrations de cette célèbre romancière anglaise la force d'oublier son enfance douloureuse, de se reconstruire ...


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Hélène, 16 ans, est une jeune anglaise SDF. Elle mendie dans le métro londonien avec son "vilain petit rat", le seul être à qui elle puisse encore donner de l'amour. Passionnée de Beatrix Potter, elle trouve dans les contes et les illustrations de cette célèbre romancière anglaise la force d'oublier son enfance douloureuse, de se reconstruire ...

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 1999
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série L'Histoire d'un vilain rat
Les notes (2)
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13/02/2013 | Erik
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L'avatar du posteur Noirdésir

J’ai découvert relativement récemment Bryan Talbot avec sa très chouette série Grandville, et voilà la deuxième série de lui que je lis. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle n’a rien à voir avec Grandville, que ce soit graphiquement (le dessin est ici réaliste et minutieux) ou au niveau de l’histoire, elle aussi ancrée dans la réalité. Talbot explique à la fin de son livre qu’après avoir envisagé d’écrire un roman graphique s’inspirant de Beatrix Potter et des paysages anglais (superbes au passage !) qu’il connaissait, il a fait de son album une dénonciation (subtile et tout en non-dits, puisque le viol lui-même n’est qu’évoqué) de l’inceste, et plus généralement des violences faites aux enfants – le plus souvent par leurs parents. Je dois dire que son message passe très bien, et il semblerait d’après les infos données en fin de volume, que ce petit album soit devenu un outil pour les organismes et associations luttant contre ces violences. Talbot lui-même semble être devenu un militant de cette cause. Outre l’arrière-plan évoqué, c’est album est intéressant en lui-même. L’histoire se laisse lire agréablement, et on suit la (ré)ouverture à la vie d’Helen au fur et à mesure qu’elle arrive à verbaliser ce qui lui est arrivé, et à en parler avec son père. Elle s’est reconstruite, tout devient plus clair dans sa tête. Pour nous faire bien saisir cette évolution, il n’y a qu’à comparer le paysage de la première page, flou, et le même en fin d’album, plus précis, net, avec une Helen rassérénée qui le dessine… A découvrir !

20/02/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

De Talbot Bryan, j'avais surtout retenu la série Grandville. En l'espèce, on est loin de cet univers mi-uchronique. C'est une bd qui traite d'un sujet assez tabou à savoir l'inceste sur un mode résolument réaliste. Cette bd semble basée sur des témoignages réels d'enfants abusés sexuellement, l'album est une dénonciation intelligente de l'inceste et des comportements psychologiques qui y sont associés. L'illustration est hyper réaliste, sans que jamais les agressions du père ne soient explicitement montrées. Bryan Talbot a fait le choix d'ancrer son histoire dans la réalité puisqu'il s'est inspiré de modèles vivants et a effectué de nombreux repérages des lieux. Après un chapitre londonien, le récit va se poursuivre dans la campagne et plus précisément à Lake District, la région anglaise des lacs. Un album très personnel qui véhicule un message résolument positif. Notons qu'en Angleterre et aux Etats-Unis, cette bd sert d'outil aux services sociaux et judiciaires pour engager les victimes à ouvrir le dialogue. On estime qu'une fille sur trois serait agressée avant ses 18 ans. Environ 90% des violences sexuelles sont commises, non par le stéréotypes de l'étranger à l'imperméable qui hante les cours des écoles, mais par un parent proche de sexe masculin. Un tel sujet est beaucoup trop important pour rester en marge. Plus on en parlera dans la société, dans les fictions, plus les victimes auront de chance de réaliser que c'est chose fréquente, qu'elles peuvent en parler, qu'on les croira et que cela cessera. Bref, une démarche de l'auteur que je soutiens pleinement.

13/02/2013 (modifier)