Swallow me whole

Note: 2.67/5
(2.67/5 pour 6 avis)

Will Eisner Award 2009 : Best Graphic Album: New Couronné par le prestigieux Eisner Award, ce roman graphique dépeint les troubles de l’adolescence à travers le quotidien d’un frère et d’une sœur aux psychologies perturbées. Une œuvre difficile à avaler.


Adolescence Ecritures Top Shelf Productions Will Eisner Awards

Ruth et Perry sont demi-soeur et demi-frère. Ces deux adolescents américains, ordinaires en apparence, nourrissent pourtant d’étranges obsessions intimes qui en font des individus un peu à la marge. Ruth voue une sorte de culte secret aux nombreux insectes qu’elle conserve dans des bocaux de verre, à la recherche d’une révélation mystique qui serait liée à l’ordonnancement des bocaux sur ses étagères. Perry perçoit la voix de son crayon-sorcier, sous la direction de qui il vit régulièrement de frénétiques « crises de dessin ». Swallow Me Whole retrace le passage douloureux de l’enfance à l’âge adulte de ces deux êtres complexes et complices, presque fusionnels, puis s’attache à leur cheminement incertain dans les premiers temps de l’âge adulte, habités par leurs fantômes, presque hallucinés parfois, et constamment tentés par la fuite dans l’imaginaire. L’histoire de Ruth et Perry s’achèvera sur une scène de rupture psychologique violente, mais aussi sur une note ouverte que le lecteur restera libre d’interpréter à son gré. Loin des clichés, une passionnante exploration du monde troublé de l’adolescence, tout en finesse et en fragilité. Nate Powell mène cette histoire grave et déroutante sur un ton très personnel, qui chemine lentement entre ombres et visions. La découverte d’un auteur à suivre, assurément.

Scénario
Dessin
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 13 Janvier 2010
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Swallow me whole © Casterman 2010
Les notes
Note: 2.67/5
(2.67/5 pour 6 avis)
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31/01/2010 | Ems
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Par Bruno :)
Note: 4/5
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Dur. Mettre en scène -et en images !- les troubles psychologiques liés à la schizophrénie n'est pas une mince affaire, quand on s'attache à en faire partager les aspects les plus intimes et déstabilisants, loin des clichés spectaculairement meurtriers chers aux auteurs à sensation. Nate Powell s'y emploie en brouillant, dés le début de l'histoire, notre perception du quotidien des personnages, tant leur univers subit graphiquement l'influence de leurs déboires hallucinatoires. La représentation des corps comme des décors, obscurs et mouvants, n'obéit plus qu'aux lois de la perception ; et la subjectivité l'emporte (de loin !) sur la réalité. Il devient alors facile de s'égarer (... S'ennuyer ?!) à la lecture de ces pages où, parfois, même les mots dans les phylactères se désagrègent au point de n'être plus lisibles... L'absconse de la démonstration peut rebuter, car même les dernières pages forcent le lecteur à l'interprétation (peut-être même à une deuxième lecture ?) ; mais, du point de vue narratif, c'est très réussi et le glissement progressif vers les ténèbres de la maladie particulièrement bien rendu. Une certaine expérience de ce genre de récit aide certainement à en saisir plus rapidement les clés et, donc, pourrait contribuer à d'avantage apprécier la valeur de cet ouvrage, au delà de son traitement volontairement peu commercial car complètement partial au sujet. Scénaristiquement créatif et résolument courageux.

06/05/2024 (modifier)
Par Yann135
Note: 1/5
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J’ai vraiment de temps en temps l’impression de vivre dans un autre monde. Cet album de Nate Powell a été couronné par le très prestigieux prix Eisner Award 2009 du meilleur roman graphique et je le trouve perso, proche d’une daube. Désolé. Je ne trouve rien de bon dans cette BD. L’histoire tout d’abord. C’est confus. Le rythme est lent. Tu suis pendant plus de 200 pages, deux adolescents avec des tendances schizophrènes. Un frère et une sœur. Ruth collectionne des insectes dans des bocaux avec lesquels elle tente de communiquer. Avec les insectes pas avec les bocaux ! Perry quant à lui est guidé dans son quotidien par un crayon avec une tête de sorcier comme embout. Ca vous plaît comme pitch ? On s’ennuie ferme. Du côté du graphisme, ce n’est pas terrible du tout. Pour moi c’est bâclé. Pas ou peu de décor. C’est minimaliste au possible. Visuellement ça pique les yeux. Certaines séquences se poursuivent sur plusieurs pages. Aucun intérêt. Je reconnais que je suis peut-être passé complétement à côté d’un truc fantastique. Cet univers ne me convient pas. Et la fin me direz-vous ? Quelle fin ? Ca fini en eau de boudin. A toi de trouver le dénouement qui conviendrait le mieux.

20/02/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
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Un roman graphique comics indépendant parlant d'une famille et plus particulièrement de 2 adolescents à problème sur un ton sombre, mélancolique et parfois légèrement hallucinatoire... voilà qui n'est pas pour me séduire à la base. Le graphisme de Nate Powell sur cet album ne m'a pas enthousiasmé. Je n'aime pas son encrage que je trouve sec, parfois trop fin, avec des ombrages trop hachurés. En outre, la mise en scène manque parfois de clarté, ce qui n'aide pas quand les séquences mélangent réalité et hallucination. Quant à l'histoire, elle me laisse un peu perplexe. Sur la majorité de l'album, j'ai cru qu'il s'agissait de raconter les visions et le quotidien de deux adolescents atteints de troubles schizophréniques, dans une famille qui n'a pas l'air bien saine elle non plus. Tant que je m'en tenais à cette hypothèse, je trouvais le récit moyen, peu palpitant, avec des sauts chronologiques et des transitions abruptes et amenant la confusion. Puis vient la fin de l'album et ses scènes surprenantes et là j'avoue que j'ai été complètement perdu. Quel est donc le message final ? C'est quoi cette conclusion en queue de poisson onirique ? En définitive, je n'ai pas apprécié cette lecture.

21/11/2017 (modifier)
Par Alix
Note: 2/5
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Un BD intéressante sur de nombreux points. Le récit est bien écrit et très stylé, avec une narration un peu onirique, qui reflète je pense l’état d’esprit des deux adolescents. Le dessin et le découpage des planches font preuve d’innovation et collent bien à l’ambiance générale. Et pourtant, s’il y a un truc que je retiens de cette lecture, c’est que j’ai décidément du mal à m’intéresser aux histoires d’ados à problème. J’ai eu une adolescence finalement assez paisible, et si je reconnais que ce n’est pas le cas de tout le monde, je n’arrive tout simplement pas à m’identifier ou m’attacher à ce genre de personnages. Du coup l’histoire ne m’a pas vraiment touché. Dommage.

14/05/2011 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
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Etrange histoire que celle de ces deux adolescents à « problèmes ». En fait l’auteur ne développe pas plus que ça leurs obsessions, s’attachant plutôt à dépeindre des situations, des ambiances, qui pourraient concourir à l’état des deux enfants. Il se dégage un drôle de charme de ce comic, fait de pitié, d’interrogations et d’indifférence. Le récit est bizarrement construit, un peu comme une succession de tableaux, sans aucun parti pris de l’auteur, qui quelque part se contente de montrer. La fin de l’histoire est étrange, versant dans une ambiance indéfinissable (onirique ? fantastique ?). Nate Powell joue assez bien du noir et blanc dans ses ambiances, et son trait européen par certains côtés permet une lecture très facile de son récit. J’aurai du plaisir à le retrouver sur d’autres projets.

06/06/2010 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

"Swallow me whole" est le type de roman graphique qui ne laisse pas indemne le lecteur. Il traite de l'adolescence d'un frère et d'une sœur aux tendances schizophrènes et dissociatives. Ce mal semble familial car la grand-mère, qui squatte le salon en attendant sa mort, a eu des symptômes similaires dans sa jeunesse. L'auteur gère son récit avec efficacité en laissant une grande part d'interprétation au lecteur. Il y a beaucoup de non-dits surtout sur le final extrêmement fort. J'ai rarement été aussi troublé par une BD. Même en faisant preuve d'empathie, j'ai subi les errements de cette famille où les difficultés comportementales et communicatives sont compensées par des relations fortes et sincères. La lecture est presque frustrante car on peine à entrevoir une solution à ces troubles. Quand on est cartésien, il est difficile de concevoir une vie mêlant le réel et l'imaginaire. Si on la subit, on ne s'en rend pas compte, et pour les autres, il n'est pas concevable ou possible de la comprendre... Ce récit psychologique est d'autant plus dense que le dessin noir et blanc accompagne à merveille le contenu. Il s'approprie l'histoire en la servant parfaitement et sobrement. La lecture de ce one shot est éprouvante mais je n'ai pas souvenir d'avoir lu une BD traitant de sujets aussi difficiles et abstraits avec une telle justesse. Il faut être prêt à tenter l'expérience qui ouvre les yeux sur l'irrationnel pouvant toucher le tout un chacun.

31/01/2010 (modifier)