Bloody Mary (Teulé)

Note: 2.67/5
(2.67/5 pour 3 avis)

1984 : Prix ACBD La double vie d'une femme de flic dans une banlieue plus que pourrie...


Adaptations de romans en BD Banlieue Grands prix de la Critique ACBD Jean Teulé Photo et dessin Région parisienne

Imaginez, c’est pas difficile, une cité de banlieue faite de hautes tours en béton. Et dans ces tours, ben… il y a des gens. Et chacun y a son petit appart’, son petit monde où il vit souvent reclus. Prenez une tour… au choix. Choisissez une escalier, un étage. Voilà, vous êtes au quatrième. Vous allez rencontrer Baba N Doula, laveur de vitres. Il passe ses journées dans une nacelle qui monte et descend le long de la plus haute façade. Il y a aussi Théo. Un fou de l’info, lui ; constamment à l’écoute d’une de ses cinq radios. Il y a Emile, égoutier de métier. Spécial, lui. Figurez-vous qu’il est parvenu à créer une zone de pisciculture dans le grand collecteur des eaux de la Seine. Et en plus il y pêche, Emile : des grandes carpes qui grandissent dans les hydrocarbures… Puis il y a aussi Jean. Un loubard, lui, qui a la Société en haine. C’est ainsi qu’il s’évertue à la faire péter à coups de grenades. Forcément, les flics sont sur ses traces ; dont Sam Schneider, un « sale type » pour les uns, un redresseur de l’ordre pour d’autres. Sam ?… il n’arrive pas à comprendre les motivations du lanceur de grenades, n’arrive pas à cerner –au propre comme au figuré- le personnage. Il ne sait plus trop quoi faire, Sam ; embêté aussi qu’il est par sa femme. A vrai dire, cette dernière –un peu « pétée »- se la joue Madame Bovary, une double vie, une double personnalité ; une sorte de « Docteur Jenkins et Mr. Hyde » au féminin qui lui donne parfois des idées : celles de pousser quelqu’un à commettre un crime…

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Août 1983
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Bloody Mary (Teulé)
Les notes (3)
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28/03/2009 | L'Ymagier
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L'avatar du posteur Noirdésir

Aujourd’hui auteur de romans à succès – souvent adaptés en Bande Dessinée d’ailleurs, Jean Teulé avait auparavant eu une carrière de bédéiste, montrant déjà quelque originalité dans son travail. J’ai eu du mal à entrer dans cet album. D’abord parce que le travail graphique de Teulé – avec un rendu proche de la photo retravaillée – n’est pas facile à appréhender (je n’accroche pas forcément) et fait un peu daté, même s’il est relativement original. Ensuite parce que le scénario de Vautrin n’est pas franchement très clair. Ça part un peu dans tous les sens. Cela ressemble parfois – souvent ? – à une suite de saynètes, avec des personnages qui finissent par vaguement se croiser, mais sans éclaircir le déroulé de l’intrigue. Au milieu de tout ça percent quelques thèmes : l’antimilitarisme, une vision pas forcément positive de la police et de la vie de couple, le racisme, etc. Bref quelques thèmes eux aussi très marqués par la fin des années 1970 et le début des années 1980 (et thèmes qui reviennent souvent dans les écrits de Vautrin). Reste que cet album, si je lui reconnais quelques qualités, esthétiques, scénaristiques, ne m’a pas captivé. Je l’ai lu sans réel enthousiasme, et n’en conserverais sans doute pas grand-chose. J’ai cru voir sur un étal une réédition, sans savoir si les auteurs avaient changé quelque chose à l’originale. Note réelle 2,5/5.

13/06/2018 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
L'avatar du posteur Ro

Ca faisait un moment que j'avais repéré cette BD comme étant l'un des rares grands prix de la critique ACBD qui n'étaient pas encore enregistrés sur BDtheque. L'ayant acquis il y a quelques mois, j'ai cependant mis un temps fou avant de la lire. Le dessin ainsi que le sujet visiblement noir me rebutaient. Et je n'avais pas tort, je n'ai finalement pas aimé. Le dessin est franchement repoussant. Ce n'est d'ailleurs pas vraiment du dessin à mes yeux mais plus de la retouche photo. Visiblement, chaque planche est composée de photos prises par l'auteur, ou récupérée je ne sais où, puis tramées avec un encrage sale. Les personnages sont figés, sans vie, laids à en devenir détestables. L'usage de l'itération iconique est également récurrent, accentuant à mes yeux le sentiment d'économie de moyens artistiques. Et les rares fois où l'on n'a pas droit à un simple photo, quand l'auteur y ajoute un petit bout de dessin de sa main ou quand il fait un peu de montage photographique, c'est encore plus moche. Le récit est adapté d'un roman de Jean Vautrin. C'est un récit noir avec une banlieue HLM pour décor, un flic extrêmiste, un immigré noir mal dans sa peau, une schyzophrène obsédée par la mort de sa soeur, et d'autres paumés dont les interactions vont, on s'en doute rapidement, tourner au drame sanglant. "Chacun sa pente", comme le déclare l'un des personnages. En effet, tous les personnages de ce récit ont un grain, une folie parfois sordide, parfois juste pitoyable. Ca sonne vraiment artificiel de voir une telle accumulation de dérangés du ciboulot et autres haineux extrêmistes. La narration est en outre pénible. Le texte est écrit à la manière littéraire légèrement underground qui faisait école dans la fin des années 70, débuts 80. Un argot littéraire à base de métaphores poétiques, d'onomatopées et de tournures de phrase soit-disant figuratives. "Un style comme ça ! Voyez ? Bahihi bahaha ! Joli parlé rose. Banlieue et noi's d'Af'ique, bwana. Et la folie comme un soleil éblouissant..." Assez lourdingue. Malgré ces reproches, ma note n'est pas minimale car la trame du scénario n'est pas si mauvaise et parce qu'il y a quand même quelques originalités indéniables dans ce récit, sa structure, son graphisme et ses personnages. Mais il faut s'accrocher ou franchement aimer le genre pour apprécier.

11/04/2010 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 3/5

Vautrin a ici effectué une adaptation de son propre roman. Je ne l’ai jamais lu, mais ce qui est quand même une sorte de « raccourci » au travers de cette BD m’en a donné l’envie. Pas de « chipotage ». Vautrin vous embarque directement dans le vif du sujet rien qu’en plantant le décor : des tours de béton d’une banlieue. Et dans ces décors souvent surréalistes circule une faune où se mélangent et des marginaux, des gugusses, des abrutis, des laissés-pour-compte, des délinquants aussi. Vautrin découpe son scénario en diverses « histoires à tiroirs », chacune pour un personnage ; histoires qui se jouxtent, se mêlent, se traversent, se divisent au long des pages pour se rejoindre et se terminer dans une sorte d’explosion qui mêle le terrifiant au cocasse. Le dessin de Teulé, aussi, mérite le coup d’œil. Ce n’est pas mon style préféré mais ce graphisme « photographique » s’accorde vraiment bien à l’histoire et la porte, à sa façon, de bout en bout. Un bien bon et heureux mélange « texte-dessin ». C’est pas tous les jours. Tout ça pour ?… une œuvre parue voici plus de 25 ans mais qui n’a pas pris une ride et a encore sa place dans l’actualité présente.

28/03/2009 (modifier)