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Ushijima, l'usurier de l'ombre (Yamikin Ushijima-kun)

Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)

Sur les pas d'Ushijima, un "Yamikin", un prêteur sur gages, qui travaille pour le compte des yakuzas, le lecteur rencontrera une série de personnages tombés dans la déchéance du surendettement. Au travers de ces destinées toutes plus tragiques les unes que les autres, c'est un portrait original de la "société d'en bas" que l'on découvre dans ce manga avec, par exemple, une jeune fille ne résistant pas à la pression sociale et se ruinant en vêtements de luxe ou un joueur invétéré et obsessionnel qui y laisse sa chemise et même plus, etc.


Seinen Shogakukan Yakuzas

Sur les pas d'Ushijima, un "Yamikin", un prêteur sur gages, qui travaille pour le compte des yakuzas, le lecteur rencontrera une série de personnages tombés dans la déchéance du surendettement. Au travers de ces destinées toutes plus tragiques les unes que les autres, c'est un portrait original de la "société d'en bas" que l'on découvre dans ce manga avec, par exemple, une jeune fille ne résistant pas à la pression sociale et se ruinant en vêtements de luxe ou un joueur invétéré et obsessionnel qui y laisse sa chemise et même plus, etc. Ushijima, l'usurier de l'ombre est un manga vraiment étonnant ! On rentre dans un univers très noir où les yakuzas règnent en maîtres, où blanchiment d'argent et combines en tout genre fleurissent dans un univers urbain décalé. Shohei Manabe fait partie des auteurs les plus prometteurs de la jeune génération de mangakas. Son style reconnaissable entre tous, avec un trait incisif, chargé d'encre est fascinant. Le style que ce soit du dessin ou des histoires présente un curieux mélange entre expressionnisme et western. La facilité de Shohei Manabe à restituer sa fascination pour la violence et la noirceur de l'âme humaine sans se perdre dans le propos en fait un des grands auteurs de roman noir graphique.

Scénariste
Dessinateur
Traducteur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 14 Septembre 2007
Statut histoire Série en cours (terminée en 46 tomes au Japon) 45 tomes parus
Dernière parution : Moins d'un an
Couverture de la série Ushijima, l'usurier de l'ombre
Les notes (2)
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11/11/2007 | Ro
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Par cac
Note: 3/5

Ushijima est un prêteur sur gages, ce qui semble être un véritable métier au Japon. Il prête de l'argent à des personnes pour qui c'est le dernier recours pour obtenir de l'argent, car les organismes de crédit traditionnels ne veulent plus de ces clients. Souvent accrocs au jeu, ils finissent généralement dans une spirale qui les entraîne vers une dette colossale vu le taux d'usure pratiqué de 50% pour 10 jours. En empruntant 50000 yens (environ 300 euro), et en quelques semaines, la somme à rembourser atteint 2 millions de yens. L'emprunteur devient victime de sa propre déraison, s'engageant à faire les plus basses tâches et user de tous les moyens possibles pour rembourser sa dette : compter sur les parents, prostitution... Pour l'instant je suis un peu circonspect, c'est violent certes, ça peut être choquant. Mais surtout on ne fait que suivre des histoires indépendantes. Ushijima, personnage jeune mais physiquement impressionnant, prête de l'argent à une personne, on la voit se faire plumer, il n'y a pas d'autre mot. Puis hop on passe à une autre personne, bis repetita. Seule l'histoire de la "chasse aux yamikins" sort un peu du lot. Je me demande bien où ça va aller par la suite, j'ai peur qu'on s'épuise assez rapidement.

09/02/2008 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Attention, voilà un manga à ne pas mettre entre toutes les mains ! C'est un seinen résolument adulte, sombre, très sombre, et aussi traumatisant qu'il est réaliste. Son sujet ressemblerait presque à un reportage dans les bas-fonds de Tokyo. Nous parlons ici du domaine des yamikins, des prêteurs-sur-gages qui sont prêts à prêter de l'argent à des taux effarants à des personnes qui en ont absolument besoin. Ces yamikins sont surtout bien déterminés à récupérer, quoiqu'il en coûte pour l'emprunteur, leur argent, les intérêts et tous les à-côtés qu'ils peuvent y ajouter. Leurs cibles, les personnes fragiles qui sont trop insouciantes ou qui sont prêts à mettre leur vie en danger pour des sommes d'argent que souvent, eux seuls, jugent indispensables au maintien du semblant de vie qu'ils se sont construits. Accros aux jeux, aux drogues, à une vie sociale superficielle, acheteurs compulsifs, etc, quand ils mettent le doigt dans l'engrenage des emprunts aux yamikins, ces derniers ne les lâchent plus jusqu'à ce qu'ils remboursent des sommes folles ou détruisent leurs vies pour à peine rembourser les intérêts. Le dessin est assez particulier. Dans le style manga réaliste, il affiche des personnages aux visages assez étranges, enlaidis et souvent déformés. Sincèrement, je doute que ce dessin plaise à tout le monde mais je lui pardonne ses défauts car il donne une vraie atmosphère au récit et que la laideur de ses personnages réflète bien souvent la laideur de leurs âmes. Le ton est véritablement noir, presque choquant malgré la retenue dont il fait preuve. Le personnage principal, Ushijima, est sans pitié. Les gens qui lui empruntent de l'argent, ses "esclaves", deviennent aussitôt pour lui des objets utilitaires qu'il presse jusqu'à l'âme, réduisant leurs vies en charpies, vendant leurs corps et détruisant leurs familles dans le seul but de les dépouiller de tout l'argent qu'il peut en soutirer. Mères de famille qu'il force à se prostituer dans des bouges glauques, jeunes employées de bureau modernes qu'il pousse à la déchéance totale sur tous les plans, des familles entières qu'il détruit et amène à payer pour les dettes de leur fils inconscient. Pire, on a vraiment du mal à avoir de la pitié pour les victimes de ce prêteur-sur-gages. En effet, alors qu'elles affichent des positions sociales banales, elles révèlent des faiblesses psychologiques méprisables, incapables de se retenir de dépenser à tout va, accros à différentes activités couteuses, elles ont beau promettre à leurs familles et enfants qu'elles vont arrêter, elles se jettent à chaque fois encore plus dans la répétition de leurs erreurs. Tant et si bien qu'on en verrait presque avec horreur le travail d'Ushijima comme une sorte de sélection naturelle qui va détruire les vies des plus idiots de la société. Les scènes sinistres et dérangeantes s'accumulent et déplairont sans doute aux lecteurs allergiques à tant de noirceur. Mais en même temps, on sent l'aspect réaliste, on devine que de telles horreurs ont sûrement véritablement lieu dans certaines extrémités et que des prêteurs sur gages comme Ushijima doivent probablement exister au Japon ou ailleurs (le sujet n'est d'ailleurs pas sans rappeler un peu le système des sub-primes américains dans son principe). En cela, j'ai été intéressé par ce récit car je l'ai trouvé instructif et parce que, de fait, sa violence physique et morale ne m'a pas paru gratuite. J'ai vraiment eu l'impression que ce manga fonctionnerait comme un reportage romancé dont Takada, le jeune qui débute avec Ushijima et qui apprend les ficelles du métier, serait le journaliste. Même si chacune des histoires courtes du premier tome de cet album m'a intéressé et captivé, je me demande tout de même où nous mènera la série à la longue car 9 tomes sont déjà parus au Japon. Avec un peu de chances, cela pourrait impliquer qu'une histoire plus conséquente prendra forme au fur et à mesure. Si c'est le cas et vu le domaine très particulier et très dur de sa thématique, ce devrait être une intrigue assez originale. A lire mais à réserver à un public averti.

11/11/2007 (MAJ le 11/11/2007) (modifier)