Anibal Cinq
Les folles aventures d'un Cyborg en rut :-)
Georges Bess Jodorowsky Le sexe (pour de rire) Les momies Robots Science-Fiction (pour de rire)
Anibal Cinq est un cyborg, mi-homme, mi-robot. Entre James Bond et la Guerre des Etoiles, des albums où les jolies filles aiment les androides qui le leur rendent bien. .
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| Date de parution | Septembre 1990 |
| Statut histoire | Série terminée 2 tomes parus |
Les avis
Les femmes sont l’être supérieur ! - Cette série comporte deux tomes : Des femmes avant de mourir (1990), Chair d'orchidée pour le cyborg (1992). L’édition originale de l’intégrale date de 2004. Elle a été réalisée par Alejandro Jodorowsky pour le scénario, par Georges Bess pour les dessins et les couleurs. Le premier album comporte soixante-deux pages de bande dessinée, et le second également. L’intégrale est complétée par les neuf premières pages du deuxième épisode de la version originelle de la série, six numéros parus au Mexique d’octobre 1966 à janvier 1967, illustrés par Manuel Moro (1929-2007), ainsi que par un cahier graphique de neuf pages comportant des recherches visuelles de Bess, et les couvertures des deux premiers tomes. Dossier Un : la menace des femmes-taupes. À bord du vaisseau amiral de l’Organisation de Défense Européenne, les deux comptables Martin et Martain se disputent sur un chiffre : l’un estime que l’opération leur reviendra, selon ses calculs à 375.049 néo-écus, et l’autre à 375.048 néo-écus. Fräulein Enanita les interrompt en leur disant que leur comédie devient écœurante, et en ajoutant à l’adresse de Sir Pinker qu’il devrait déclencher la mise à feu, et ne pas écouter ces deux machines à calculer. Ce dernier lui répond que ses désirs sont des ordres, puis il s’adresse à la base de contrôle, en leur demandant de parer le tir du module. La base de contrôle répond qu’elle est parée pour le lancement. Sir Pinker Typer enclenche le compte à rebours. Trois… Deux… Un… Feu ! Les comptables déclarent que le lancement a été à proprement parler, parfait, absolument parfait. Ils ont même fait une petite économie de trente-sept mille néo-écus au bas mot. La petite navette spatiale approche de la planète, en mode indétectable. Elle largue le sujet : son arrivée à destination est parfaite. Le bioanalyseur indique que l’état du sujet est excellent, tout s’est déroulé comme sur des roulettes. À 03h27, le sujet est repéré par deux chasseurs accompagnés de deux chiens, il est capturé et il doit les suivre jusqu’à un temple en plein cœur de la jungle. Il se rend compte qu’il ne se souvient même pas de son propre nom, il ne se souvient plus de rien. Il est jeté dans une énorme fosse où se trouve déjà des dizaines d’esclaves. Alors qu’il essaye de se repérer dans cette puanteur insupportable, un vrai cloaque, il est assailli par derrière par un individu qui lui indique qu’il est l’agent Écho, tout en lui plaquant la main sur la bouche pour l’empêcher de faire du bruit. L’agent Écho plaque son genou dans le dos du nouvel arrivant, ce qui lui fait cracher une sorte de fusil futuriste en pièces détachées. Alors qu’il assemble l’arme, l’agent Écho lui conseille de se coucher, car le jour ne va pas tarder et il vaut mieux être en forme demain, pour la cérémonie de l’échange vital. Le lendemain des gardes armés de fouet obligent les esclaves à se lever et à se diriger vers la salle des cérémonies. Il faut un peu de temps pour que la réelle nature de cette série se révèle au lecteur : les auteurs jouent avec ses attentes en différant la mise en place de ce qui est annoncé sur la couverture jusqu’à la vingtième planche. Mais où est Anibal 5 ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire d’infiltration sur une planète extraterrestre ? Le titre de la première partie promet une mission contre les femmes-taupes, et installe le récit dans le registre de la science-fiction, peut-être de type opéra de l’espace. En fonction de sa sensibilité, le lecteur peut ressentir l’influence de Mœbius dans le choix des couleurs, dans le profil épuré du vaisseau spatial, dans les longues blouses blanches des comptables, etc. Ou, à tout le moins, une forte influence d’une facette de la ligne éditoriale des Humanoïdes Associés de l’époque, de la fin des années 1970. Dès la planche onze, il devient évident que les auteurs jouent avec l’exagération, proche de la parodie et de la farce grotesque : la tronche simiesque du prisonnier, l’hypertrophie mammaire des jeunes femmes dénudées qui se sacrifient pour faire don de leur énergie vitale au vieillard appelé le mandarin. Le lecteur en trouve la confirmation avec les chicaneries des comptables, l’allure de lolita de Fräulein Enanita, le gorille femelle doté de conscience qui assiste le mandarin, les amazones entièrement nues et toutes identiques qui entourent la reine Dunia, la facilité avec laquelle celle-ci succombe au charme d’Anibal 5, et… les grimaces de ce dernier alors que son éjaculation est provoquée à distance, déclenchant le lance-flammes de son pénis. À partir de là, le récit lui-même aura départagé les lecteurs : ceux révulsés par ces outrances de mauvais goût et ces provocations faciles qui ne leur procurent aucun plaisir, ceux amusés par ce jeu sur les codes du genre agent secret de l’espace car il n’est pas si facile que ça de tourner en dérision des conventions déjà très proches du ridicule. Ah ben si : le héros musculeux au-delà du possible, sa virilité qui fait systématiquement tomber en pamoison toutes les femmes, leur tenue aguichante et dévoilant toujours plus de peau, sans parler de leurs mensurations, ou encore les actes de bravoure, spectaculaires à souhait, sauvant le monde forcément à la dernière minute, et même à la dernière seconde. Parce que le dessinateur ne fait pas semblant : femmes à la plastique magnifique totalement nues, avec nudité frontale et poses aussi suggestives que révélatrices, homme nu avec également nudité frontale et sexe en érection, accouplement sans gros plan quand même. La deuxième mission est de nature moins explicite sur le plan graphique. La troisième mission commence par une partie de jambes en l’air, de nature visuellement explicite, les parties génitales restant toutefois hors champ. Pour la quatrième et dernière mission, la nudité reste de mise, avec une relation physique de nature saphique. La violence est elle aussi de nature graphique : explosions à gogo, extermination des ennemis, cadavres innombrables sur le champ de bataille, etc. L’artiste se montre tout aussi investi dans la dimension premier degré de la narration visuelle. L’amateur de SF se régale avec le vaisseau de l’Organisation de Défense Européenne (ODE) : sa forme profilée, son immense pont à partir duquel Piker Typer supervise les opérations sur une sorte de plateforme flottante, avec les deux inénarrables comptables et la Baby Doll entre stratège opérationnel et secrétaire très particulière. Par la suite, le lecteur ressent la force appliquée par Écho pour faire cracher les pièces détachées du fusil futuriste. Il détaille du regard l’installation utilisée pour absorber le flux vital des jeunes dévotes, les tentacules métalliques qui immobilisent Anibal 5, la grande matrice conçue par Lao Te Kung où les Klownes viennent au monde, la salle du multi-canon, l’engin flottant qui plante ses câbles sacrés dans le dos de Dunia, et bien sûr l’attaque du vaisseau de l’ODE dans l’espace, etc. Le dessinateur se montre à la hauteur de toutes les situations loufoques et sarcastiques imaginées par le scénariste : aussi bien le pénis lance-flammes, que la trace de destruction laissée par les pieds traités pour secréter une sueur acide qui s’enflamme au contact de l’air, un bouffon aux pieds du mandarin, une horde de yétis pas commodes, des milliers d’animaux ayant envahi l’espace aérien de Paris et flottant dans les airs comme des feuilles au vent, ou encore un boa devant avancer après avoir ingéré une antilope. Le dosage s’avère parfait entre les actions d’éclat au premier degré et les exagérations énormes. Tout est également une question de dosage pour le scénario : trop d’exagération et la caricature devient une moquerie pesante, pataude et indigeste, pas assez et le premier degré reprend ses droits pour une suite d’aventures spectaculaires convenues et en se distinguant plus de la production industrielle. Avec un art consommé, le scénariste tourne en dérision son personnage principal viril et téméraire. Dans la première mission, il a perdu la mémoire, ce qui le prive de son livre arbitre, le plaçant dans une situation de dépendance et de servitude vis-à-vis Pinker Typer et Fräulein qui lui dicte quoi faire. Dans la deuxième mission, une machine a fait fondre sa musculature, et il se retrouve réduit à faire le bouffon du mandarin. Dans la troisième, son esprit est projeté dans le corps d’animaux, tous des femelles. Et dans la dernière, son esprit se retrouve dans le corps d’une femme magnifique aux formes généreuses. Ainsi le héros viril manque de superbe dans le récit, soit obéissant à des ordres extérieurs pour triompher, soit littéralement dénaturé parce qu’il se retrouve dans d’autres corps. Quand il est en pleine possession de ses moyens il s’agit de son temps de repos entre deux missions et il pense avec ce qu’il a entre les jambes plutôt qu’avec son cerveau. Visuellement l’image de la femme est exploitée pour titiller les hormones du lecteur adolescent ; dans le récit, la figure de l’homme viril est systématiquement retournée, pour être rendue impuissante et moquée, voire pénétrée. Anibal 5 est instrumentalisé, manipulé, pour être réduit à l’état d’outil pas vraiment consentant dans les mains de ses chefs. Un beau mâle musculeux qui manipule le pistolet laser pour éliminer les ennemis de l’humanité et pour se taper les belles meufs écervelées à la fin ?!? En surface, oui, tout du moins au début en apparence. Dans la longueur, le dessinateur sait réaliser le dosage parfait entre narration visuelle au premier degré et exagérations comiques pour neutraliser tout effet machiste, tout en divertissant. Le scénariste réussit le même dosage élégant entre aventures SF pistolet laser au poing et dézingage en règle du héros viril et triomphant, avec un zeste de blagues en dessous de la ceinture, et une critique appuyée de la masculinité, le tout dans l’humour et la bonne humeur.
Pas facile d'écrire un avis sur cette bande... Je vais m'expliquer. Anibal 5 est le fruit de la seconde collaboration entre Jodorowsky et Bess. La publication du lama blanc est déjà en cours quand le binôme démarre donc cette nouvelle série. Anibal 5 est un patchwork réussi d'action, de comédie et de SF. Le héros éponyme est une sorte de James Bond obsédé sexuel du futur, envoyé en mission à chaque fois qu'un grand méchant élabore un plan diabolique mettant en péril la terre et les humains. Il y aura quatre enquêtes en tout, 2 dans chaque tome. Le tome 1 est vraiment génial. Après ça dérape un peu... Disons juste qu'Anibal, pour vaincre le dernier méchant qui est une femen assez énervée, va littéralement l'enc... HA.Ha.ha... Amis de l'humour bonsoir. Bref il y a un humour noir assez misogyne dans cette bande qui aurait dû mal à passer aujourd'hui... Et je n'ai pas évoqué le boss d'Anibal qui est un vieux constamment en train de tripoter sa maîtresse androïde aux allures de lolita. Le dessin oscille entre le bon et le très bon, Bess propose un style inédit pour l'occasion qui fonctionne plutôt bien. Un troisième tome est annoncé en dernière page "la mère ventre de fer et ses momies romantiques" mais ne verra jamais le jour. Une bonne bd mais à recontextualiser avant lecture.
Un héros viril embarqué dans des opérations visant à lutter contre des méchants, sérial tombeur de toutes les femmes sexy et peu farouches qu’il attire comme un aimant, qui se sort miraculeusement de situations compliquées, après moult échanges de rafales et de coups, cela ne vous rappelle rien ? Eh bien si, notre cyborg de héros est bien une sorte de James Bond de l’espace, avec tous les attributs du modèle (voir la description de ses super gadgets dans le premier tome par exemple). L’effet comique est accentué par plein de détails (comme les types qui se chamaillent à propos du coût des opérations dans lesquelles est engagé notre cyborg de héros). Mais voilà, Jodorowsky (qui s’abstient ici de placer ses habituels délires poético-mystiques) a grossi le trait, exagéré les situations – que ce soit les combats, ou les nanas, aux poitrines opulentes, qui entourent souvent notre héros. Du délire SF érotique bien déjanté, une sorte de défouloir plutôt réussi, en tout cas il m’a bien fait marrer. Quant au dessin de Bess, il est loin de ce que je connaissais de lui (sur le Le Lama blanc ou Juan Solo, pour reprendre deux autres collaborations avec Jodo). Parfois proche de Moebius pour certains dessins et pour la colorisation (très typée !) : une sorte d’école des Humanos de l’époque, sans doute, à force de se côtoyer. En tout cas cette série – relativement méconnue – mérite un petit détour, car je la trouve rafraichissante et agréable à lire.
Une série qui ne se prend pas trop au sérieux et c'est tant mieux parce que Jodorowsky a tendance à m'ennuyer lorsqu'il rentre dans son délire mystique. C'est un mélange de science-fiction, d'humour et d'érotisme. L'humour fonctionne bien quoique j'ai surtout souri durant ma lecture. Les personnages sont assez attachants et il n'y a que deux tomes donc cela s’arrête avant que les auteurs étirent la sauce. Le coté érotisme est clairement rempli de fantasmes masculins avec toutes ces femmes nues qui tombent souvent amoureuses du héros. Je ne suis pas certain que plusieurs lectrices risquent d'apprécier comment sont traitées les femmes dans cette série, surtout avec le personnage de la lesbienne misandre.
J'ai eu l'occasion de lire ces 2 albums peu connus parus chez les Humanos en 1990 et 92, je ne m'attendais pas du tout au résultat, rien qu'en feuilletant au préalable, je sentais que ça pouvait être amusant, mais ça a littéralement dépassé mon espérance. Ce cyborg à la force colossale conçu par un vieux savant est un personnage très étonnant et très réjouissant, sorte de James Bond des étoiles dont la plupart des ennemis sont des femmes ; efficace sur les champs de bataille, il est aussi un grand amateur de filles, et il sait y faire pour les satisfaire sexuellement. C'est là que c'est drôle, et surtout complètement délirant, c'est un habile mélange de SF, d'érotisme, de fights destroy et d'humour au second degré. Jodorowsky lance cette Bd peu avant La Caste des Méta-barons, à un moment où il n'a pas encore d'idées trop métaphysiques et qu'il sait manier la fantaisie débridée en détournant les codes du space opera en les passant au tamis de l'humour et de l'érotisme joyeux. Les exploits virils de son héros sont un vecteur de rire bien barré dans une parodie poilante de science-fiction. Le dessin est très plaisant, assez inspiré de ce que faisait Moebius à la même époque, avec de jolis contours et un trait fin très séduisant ; je connaissais mal Bess, n'ayant pas lu Le Lama blanc ou ses autres bandes, et je trouve que ça colle parfaitement au ton parodique et pas sérieux imposé par Jodo. Une bonne lecture de détente.
L'air de rien, les aventures de notre cyborg datent de plus de 40 ans !.. Anibal 5 ?… une sorte de super-héros ; mélange d'Amérique latine et d'inspecteur gadget à l'américaine. Ce "personnage" est littéralement truffé de gadgets : son sexe est un lance-flammes, ses yeux sont des caméras, ses bras des mitrailleuses, etc… Et suivant l'inspiration de ses auteurs, le corps d'Anibal recèlera bien d'autres secrets… Il en faut, car Anibal est considéré comme l'arme absolue créée pour combattre les ennemis de l'humanité. J'admets que c'est assez délirant. Je me suis bien marré à la lecture de ses combats contre des zombies, des momies, animaux et autres monstres… Marrant aussi : après sa parution dans 7 comic books, Anibal 5 "s'endormira" pendant 24 ans avant d'être de nouveau "réveillé" par Jodorowsky et Bess. Si c'est encore bien bon, il n'y a plus eu -pour moi- un plaisir de découverte ; ce même si Anibal a fait l'objet d'une nouvelle "mouture" graphique. Anibal 5 ?… une bonne série qui ne se prend vraiment pas au sérieux. Et c'est tant mieux...
Les délires de Bess et Jodorowsky à l'époque où ce dernier ne se prenait pas au sérieux et savait faire preuve d'un véritable humour. Le dessin de Bess me plaît beaucoup. Il me fait d'ailleurs pas mal penser à celui de Moebius ici : ça ressemble bougrement à l'Incal parfois et ce n'est pas pour me déplaire. Et puis ses dessins de corps humains, surtout féminins, sont loin d'être désagréables (même si assez similaires les unes des autres : taille et mensurations mannequin, avec des seins en plus) et ça tombe bien vu l'un des thèmes principaux de cette BD. Car en effet, une partie de ce délire imaginé par Jodo repose sur une bonne "cargaison" de femmes à poil. Ce n'est pas vraiment de l'érotisme (quoiqu'il s'en dégage une certaine sensualité) : c'est vraiment du délire mélangeant allègrement action, SF et humour. Les histoires sont de vrais prétextes : il ne faut pas chercher là un scénario complexe et innovant. Anibal 5 est un super-cyborg agent secret doté de pulsions sexuelles affirmées, ce qui l'arrange bien puisque ses ennemis sont bien souvent des femmes aux seins nus, et voilà à peu près toute l'histoire. Alors c'est pas toujours fin, les femmes tombent vite amoureuses d'Anibal ou alors c'est l'inverse qui a lieu, et puis tout finit la plupart du temps en explosions en tous sens. Mais j'avoue avoir lu ça sans déplaisir ni ennui (sauf peut-être sur le dossier 4 du tome 2 qui m'a un peu lassé) et surtout j'ai carrément rigolé à certains moments (Ah ! Le passage du viol par le tigre dans le tome 2 !! :) ). Bref, une curiosité pour voir comment notre habituel métaphysico-Jodorowsky part en délire sur un scénario SF-érotique.
Cyborg musclé et femmes ravissantes autour de cette spatio-comédie burlesque. Jodorowsky a toujours la flamme scénaristique avec des idées toutes aussi diverses qu'innatendues. Cette aventure est originale et bien menée. Je mettrais plus volontier 3,5/5 mais ça n'existe pas :)
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