La Soupe aux cadavres
Contes cruels.
Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc, Bruxelles Fluide Glacial, le best-of Magazine Fluide Glacial
Jules Henri Maxence d'Etempure arrive dans un hôtel. Tout le personnel est flatté, car c'est une superstar de la ventriloquie. Mais il a perdu son don. Il ne peut plus faire parler Riquette, sa marionnette. Un agent d'entretien de l'hôtel lui propose son aide : d'Etempure retrouvera son don, à condition qu'il écrive régulièrement à ce pauvre homme, qui n'a pas d'amis. Le ventriloque accepte, et triomphe à nouveau. Enivré par son succès, il décide d'interrompre sa correspondance. Il disparaît définitivement. Dans le bureau de son ancien producteur se présente une nouvelle ventriloque, portrait craché de Riquette, avec une marionnette qui ressemble étrangement à d'Etempure, et qui crie à l'aide...
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Editeur
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Genre
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Type
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| Date de parution | Septembre 1983 |
| Statut histoire | Histoires courtes 1 tome paru |
Les avis
Cet album de Foerster fait partie de ses premiers et cela se ressent assez nettement. On y retrouve déjà les éléments qui feront sa marque de fabrique, mais encore dans une forme un peu embryonnaire. Son univers est bien là : un noir et blanc très contrasté, des décors aux architectures improbables, des rues désertes, et toute une galerie de personnages difformes ou grotesques qui évoluent dans une atmosphère étrange, oscillant entre fantastique et humour noir. Mais graphiquement, son trait est encore assez rond et moins personnel que celui qu'il développera par la suite. Il n'a pas encore tout à fait trouvé cette signature visuelle très singulière qui marquera ses albums ultérieurs. Le dessin reste bon, mais il paraît moins affirmé que dans ses meilleures périodes. Les histoires souffrent aussi un peu de ce côté encore en rodage. On note par exemple plusieurs d'entre elles mettant en scène un hôtel particulier et un bossu qui y travaille, personnage récurrent qu'on ne reverra plus par la suite. Il y a quelques bonnes idées, mais l'ensemble est inégal et un peu décevant pour moi qui en ai déjà lu beaucoup de cet auteur. Plusieurs récits m'ont semblé trop bavards, comme si une idée de départ avait été étirée sur trop de pages. On finit parfois par vouloir aller directement à la chute pour savoir où l'auteur veut en venir, tant les planches intermédiaires donnent l'impression de tourner autour du pot. Plus largement, je me rends compte qu'à force de relire Foerster, une certaine lassitude finit par s'installer. À l'époque où je découvrais ses histoires dans Fluide Glacial pendant mon adolescence, cela faisait partie de mes pages préférées. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'avoir trop assimilé les mécanismes et les concepts de ses récits, qui reposent souvent sur des variations assez proches. À force, cela donne un sentiment de répétition qui émousse un peu l'effet de surprise. Du coup, ce n'est clairement pas l'album le plus marquant de Foerster. On y aperçoit ce qui fera plus tard le charme de son univers mais ça manque encore un peu de densité et de précision. C’est plutôt une curiosité pour ceux qui s’intéressent à ses débuts, et un aperçu intéressant de son univers encore en formation.
Les amateurs de Foerster (dont je suis !) retrouveront dans les huit histoires qui composent cet album tous ses ingrédients habituels. Dans l’aspect graphique tout d’abord. Un Noir et Blanc très expressionniste, tranché, jouant sur les contrastes et accentuant les effets d’ombre. Des décors souvent démesurés, avec des architectures brinquebalantes, des perspectives improbables, déformées, des rues désertes et des habitations élancées. Presque autant que la plupart des personnages (aux noms mêlant le plus souvent loufoque et l’anodin, aux trognes pas possibles), filiformes, voire difformes pour certains, qui peuvent être aussi des sortes de nains (pas d’hydrocéphales dans cet album toutefois), allant parfois jusqu’aux freaks (comme cet employé bossu d’un hôtel, que l’on retrouve dans la moitié des histoires de l’album). Bref, Foerster développe encore une fois une atmosphère étrange, fantastique, parfois inquiétante, distillant les petits écarts avec la norme, jusqu’à ce que l’étrange deviennent cette norme. Les histoires jouent ici quasiment uniquement sur le fantastique, et moins sur l’humour, comme c’est souvent le cas chez lui (à part une histoire, « ô vous qu’attire notre flamme », dans laquelle l’humour domine franchement – et qui est d’ailleurs très bien !). Les chutes sont le plus souvent réussies, Foerster retombant sur ses pattes, après nous avoir embarqué dans des délires pas possibles (voir l’incroyable dompteur de puces !). Je suis franchement admiratif du travail de cet auteur. En effet, il a produit des dizaines d’histoires de ce genre (je pense avoir la quasi-totalité de ses albums Fluide Glacial qui les rassemblent), en utilisant les mêmes ficelles. Et pourtant sans jamais se répéter, et en n’étant jamais décevant. Je ne peux qu’encourager ceux qui ne connaissent pas Foerster à jeter un œil sur cet album (et les autres du même auteur).
Un recueil d’histoires courtes bien dans l’esprit de Fluide Glacial. Foerster y fait montre d’humour noir et de second degré. Le fantastique y est bien présent et l’univers imaginé pourrait être angoissant si tout n’était toujours tourné en dérision. Finalement, je me suis retrouvé le cul entre deux chaises. J’ai entr’aperçu ce qui m’avait tant plu dans « Styx », à savoir un univers fantasmagorique angoissant, mais sans jamais y entrer de plein pied, tandis que la dimension humoristique m’est apparue très quelconque. J’ai le sentiment que l’état d’équilibre n’a pas été atteint. L’humour domine mais ne détonne pas tandis que le fantastique est bien présent mais demeure un décor. Le dessin de Foerster, dans sa veine en noir et blanc, est excellent. Rien à dire, de ce côté. C’est expressif, dynamique, caricatural et le noir et blanc est parfaitement maîtrisé. Au final, cet album se lit sans déplaisir mais se contente de rester dans une bonne moyenne. Rien d’exceptionnel…
Bon j'adhère totalement à ce genre d'humour noir et bizarre. L'ambiance est glauque à souhait, les personnages assez répugnants pour sourire de leur sort. Vraiment, pour les fans du genre, je conseille la lecture de cette BD.
Petites histoires cruelles... Foerster fut et reste l'un des meilleurs auteurs d'histoires de ce genre. On trouve dans ce recueil un sympathique échantillon vite lu. c'est assez inégal, mais distrayant. Remarquons que Foerster prend un malin plaisir à enlaidir ses personnages, ce qui rajoute une dimension à l'horreur des histoires.
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