Tachycardie

Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)

Dans ce récit choral, l’autrice de Roxane vend ses culottes saisit à un tournant de leur vie une galerie de personnages en quête d’amour et de reconnaissance.


La BD au féminin Les petits éditeurs indépendants

Ninon vit avec ses parents dans un pavillon en région parisienne. Avec Eva, son amie de toujours, elles sont à l’âge où l'on fait le mur pour aller en soirée et où la réputation des filles se joue à action ou vérité. Sa grande sœur, Judith, a déjà quitté le nid familial. Le jour, elle supporte tant bien que mal son travail de vendeuse dans un magasin bio. Le soir, elle tente d’échapper à sa voisine dépressive et à ses angoisses en se défonçant avec son petit ami Charlie, rappeur de pacotille. Cora, la mère des deux sœurs, essaie, quant à elle, de rallumer la flamme avec Arthur, leur père, tandis qu'il s’accroche aux souvenirs de sa jeunesse rock’n’roll.

Scénario
Dessin
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 06 Mars 2026
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Tachycardie © Tanibis 2026
Les notes
Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)
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27/07/2026 | grogro
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Par grogro
Note: 4/5
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Pourtant échaudé par la BD précédente de Maybelline Skvortzoff, je me suis volontiers lancé dans Tachycardie, pour d’obscures raisons. Si le dessin ne me déplait pas, c’est sans doute l’aspect globalement un peu trash qui m’a motivé. Oui, le dessin me plait assez. J’aime cette ligne claire et fine, le sens du détail de l’autrice, la manière dont elle découpe son récit, ainsi que les plans qu’elle choisit de montrer. C’est habile et très dynamique. Si ce n’était le côté un peu cauchemardesque de certains visages, avec leurs nez pointus leur conférant un petit air de sorcière, je serais même clairement emballé. Le père fait vaguement flipper avec son long nez et sa tête de psychopathe, et la patronne du magasin bio où travaille Judith est quant à elle carrément hideuse. Trop rien à reprocher au scénario. Il suit sa bille, dévoile les personnages lentement. Petit à petit, on comprend les liens qui unissent tous les protagonistes. C’est bien amené, et malgré quelques ressemblances qui font parfois confondre les personnages, ainsi que quelques enchainements un peu incertains, Tachycardie se lit bien. Ah oui ! Les passages où sont donnés à lire les échanges de sms sont confus : on ne sait pas toujours qui écrit à qui… Rien de rédhibitoire toutefois. Alors pourquoi que c’est que trois sur cinq ? Et bien d’abord, il y a un petit côté désenchanté dont je n’ai jamais pu me départir et qui plombe un peu la lecture. J’ai beaucoup pensé à Miguel Vila. Il n’y a pas un personnage qui soit équilibré dans cette affaire. Toutes et tous souffrent d’un sévère manque émotionnel, quand elles ou ils n’ont pas carrément un gros pète au casque. Quant à Charlie, il en devient même profondément antipathique. Tout cela est accentué par la manière dont l’autrice représente les visages. La même histoire dessinée par Pascal Rabaté ou Chloé Cruchaudet n’aurait sans aucun doute pas eu le même impact. Heureusement pour la santé mentale du lecteur, cette histoire se termine bien, et on verra même de la beauté émerger de toute cette crasse psychiatrique. Ben finalement, le bilan est plutôt bon, non ? En écrivant, je réalise toute la force du dessin de Maybelline Skvortzoff qui parvient par son trait seul à tordre encore d’avantage ses personnages. C’est vrai que j’ai plutôt envie de lire des récits qui me portent plutôt que des histoires qui me plombent, mais honnêtement, est-ce une raison pour plomber une note ? Purée, j’suis pas prof moi ! Le fait d’avoir rédigé cette critique m’amène tout bonnement à la réévaluer. Et zou !

27/07/2026 (modifier)