Les Inaptes
Cette nouvelle série de Pitch Comment et Camille Rebetez constitue la suite de leur sage Les Indociles.
Les petits éditeurs indépendants Perles rares ? Suisse
Bianca, Mégane, Noa et les autres sont les enfants des Indociles. Elles naissent au monde au 21e siècle et ne sont visiblement pas faites pour y filer droit Avec Ulysse Martagon, qui change de nom toutes les pages et vit avec son âne Ueli Maurer, elles fomentent quelques sales coups qui égratignent le pouvoir libéral et ses outrances. Mais surtout, ces figures se revendiquent inaptes au système. Tout en hurlant leur désaccord par leurs façons de vivre souvent bancales, contrairement à la génération qui les a précédées, elles se font la promesse tacite de gagner à la fin. Et elles y arriveront. Dans ce premier volume de la trilogie, les Inaptes mitraillent à tout-va contre un monde qu’ils et elles sentent partir à vau l’eau, mais dispersent leurs forces et se sentent impuissant·es. La force de leur révolte s’arc-boute quelques années plus tard sur la justice climatique, dès ses premiers mouvements.
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Editeur
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Genre
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Public
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Type
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| Date de parution | 16 Avril 2026 |
| Statut histoire |
Série en cours
(3 tomes prévus)
1 tome paru
Dernière parution :
Moins d'un an
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Les avis
Je n'osais même pas espérer une suite à la fabuleuse saga Les Indociles qui m'avait tant happé. C'est chose faite avec ce premier tome d'une série qui devrait en contenir trois en tout. Son titre même me parle tout à fait et tout grand tant je considère l'inaptitude à ce monde comme une condition de survie impérieuse. Aujourd'hui, être inapte, c'est préserver sa santé mentale. Quant à se faire traiter d'inapte, la chose doit être prise comme un compliment. Pour mémoire, on avait laissé nos chers indociles enlisés dans leurs désillusions au tournant du 21e siècle. Ce premier tome ravive la flamme en mettant en scène la nouvelle génération, les enfants de Lulu, de Chiara, de Joe... Qui à leur tour doivent faire face à ce monde brutal dont la puissance frappe s'est considérablement accrue. La donne a effectivement changé, et l'on mesurera le décalage à l'aune de cette réplique acerbe de l'une des inaptes (c'est à dire la jeune génération) à l'encontre des indociles (la vieille génération) : "C'est vraiment une génération inutile". Si l'on retrouve le charme des dessins, le ton se fait plus grave, et les couleurs, du coup, plus ternes (mais néanmoins très réussies). L'humour y est quasiment absent, à moins qu'il se soit fait plus cynique. Clairement, on a changé de monde pour basculer dans celui que nous connaissons aujourd'hui. Or, nous savons qu'il n'est guère réjouissant. A l'aube de ce troisième millénaire, le capitalisme est devenu extrêmement agressif, à l'image des vautours prêts à fondre sur l'entreprise horlogère de Joe pour se projeter sur le marché américain. Tout un symbole ! Conséquence logique, les situations sont aussi plus tragiques d'emblée (les indociles apportait aussi son lot de tragédies, mais celles-ci étaient plus étalées dans le temps). Je pense notamment au personnage de Mickaël, le fils de Joe, dont l'avenir s'annonce vraiment très incertain à la fin de ce premier tome. Même l'horripilant Alexandre Placy-Von Rothenburg, jeune cadre dynamique et parvenu, fraichement diplômé, est tout à fait susceptible de tourner comme le personnage de Nelson Hidalgo dans la série Treme. J'ai aimé cette tension palpable, cette incertitude incroyable qui plane sur ce volume. De manière générale, on ne sait pas comment les inaptes vont aborder les choses. S'ils ont hérité de la fibre rebelle de leurs ainés, ils paraissent tout aussi démunis, et leurs moyens tout aussi dérisoires, à l'image de l'âne Ueli Maurer, ainsi baptisé en référence à l'ancien président de l'UDC. Et puis on retrouve avec nostalgie les anciens ; Lulu Chèvre, plus largué et barbu que jamais, que certains nouveaux perçoivent désormais comme "un vieux con", même si Bianca pressent "qu'on pourra compter sur lui en temps voulu" ; Joseph Robert-Charrue (le fameux Joe), qui semble prêt a écrire une nouvelle page de sa vie alors qu'il vient de se délester de l'héritage familial pesant que représentait son entreprise ; Siddhartha, le fils de Lulu, devenu à son tour papa, lucide et par conséquence peut-être un peu amer et fataliste... Les dialogues conservent leur force, et les situations demeurent admirablement mises en scène. On pourra regretter le fait que certains protagonistes soient esquissés un peu rapidement à mon goût, ou bien que certains enchainements manquent d'un poil de fluidité, mais globalement, cette suite tient très largement le cap et apporte ce que l'on était en droit d'attendre. Pitch Comment et Camille Rebetez n'ont pas oublié de glisser dans ces pages ce supplément d'âme qui réhaussait les Indociles. J'ai lu que Camille avait déclaré que l'idée était "d'inscrire un exotisme jurassien dans une universalité". C'est exactement ça. Le pari est largement tenu. Et pour ce qui est de l'attente, elle sera quant à elle fébrile. TRES fébrile. Le tome deux est d'ores est déjà prévu pour le premier semestre 2027. Ca urge !!!!
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