Je suis la dernière elfe
Quand la dernière Elfe doit choisir entre quitter un monde à bout de souffle… ou le sauver.
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L’éternité, c’est long, surtout vers la fin. Lif, la dernière Elfe sur Terre, le sait bien : à 1 534 ans (et toujours avec une tête de teenager), elle en a plus qu’assez. Mais, alors qu’elle est sur le point de se foutre en l’air, elle découvre à Paris un moyen de rentrer chez elle : la légendaire épée Tyr… en même temps qu’une clique de néo-nazis à la recherche du pouvoir absolu. Aiguillonné par Jean, un jeune journaliste audacieux, Lif va alors devoir choisir entre fuir notre planète déglinguée et se battre pour sauver l’humanité…
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| Date de parution | 13 Mai 2026 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
Très fortement inspiré du genre comics, ce récit, mélange d’aventure fantastique, de mythologie nordique et de politique contemporaine, est d’une tonalité extrêmement sombre. Se déroulant à notre époque, il raconte comment un groupe de crypto-nazis va tenter de s’emparer d’une épée magique pour dominer le monde. Face à eux, la « jeune Lif », une elfe âgée de 1500 ans qui ne fait pas du tout son âge, hésite à s’engager dans la lutte, pas loin d’y renoncer pour fuir un monde en pleine débâcle. Difficile de ne pas faire le lien avec le contexte international actuel. On peut donc dire que cette bande dessinée reflète parfaitement l’air du temps, hélas peu favorable aux âmes généreuses. Le point fort de « Je suis la dernière elfe » est clairement le dessin, qu’on peut qualifier de stylé. Loin d’être un débutant avec une bonne dizaine de publications à son actif, Marion Mousse dispose d’une palette stylistique très variée pour chacun de ses projets, palette qu’il sait adapter en fonction du propos. Ici, on pense beaucoup aux comics noirs « made in US », dont le digne représentant serait Mike Mignola. Le bémol, car il y a un bémol, se situerait au niveau de la lisibilité. Ici, le clair-obscur est trop envahissant à mon goût, gênant parfois l’identification des personnages. L’enchaînement des cases est par ailleurs trop elliptique, et les séquences de combat souffrent selon moi d’un manque de synchronisation, ce qui nuit à la fluidité de la lecture. Cela semble par ailleurs rejaillir sur la narration de Martin Quenehen, qui peut apparaître quelque peu confuse à certains moments. C’est dommage, parce qu’en dézoomant, on se rend compte que le scénario conserve une certaine cohérence. De plus, pour quiconque n’est pas familiarisé avec la mythologie nordique qui domine toute l’histoire, il faudra sans doute se documenter à propos de plusieurs termes, tout est présenté ici avec le postulat que, par exemple, tout le monde a une bonne connaissance du sujet. L’histoire n’est pas mauvaise en soi et l’idée de départ est loin d’être inintéressante (vraiment !), mais « Je suis la dernière elfe » nécessitera peut-être une deuxième lecture, forcément plus confortable. Au final, les amateurs de fantastique comme de politique peineront néanmoins à s’y retrouver, et même si l’héroïne Lif est assez attachante, il manque un petit plus à cette histoire qui recélait pourtant du potentiel. Ce qui domine ici hélas, c’est l’impression que le projet est inabouti et a été traité de manière un peu superficielle.
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