Ce que nous avons perdu dans le feu (Las cosas que perdimos en el fuego)

Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)

C’est la nuit, une voiture est à l’arrêt, un bidon d’essence gît non loin. Soudain, le véhicule prend feu, mais la femme au volant reste imperturbable. Sur le siège passager, un livre?: Ce que nous avons perdu dans le feu.


Adaptations de romans en BD Auteurs argentins Les petits éditeurs indépendants

Ainsi commence la superbe adaptation graphique de quatre nouvelles de Mariana Enriquez par le très talentueux Lucas Nine. Le réalisme envoûtant du dessinateur nous plonge dans une Buenos Aires inquiétante et mystérieuse, hantée de silhouettes fantasmagoriques, où les légendes urbaines se mêlent aux croyances populaires. Les junkies errent dans les quartiers malfamés, des corps d’enfants mutilés surgissent dans les patios, il est question d’un serial killer, d’une femme qui souffre et qu’on prend pour folle, des eaux noires d’un fleuve où la mort semble tapie… D’une histoire à l’autre, comme un fil rouge sang, ces flammes qui dévorent une voiture et sa conductrice. Ou serait-ce le Mal qui ronge la ville condamnée à l’horreur et la violence??

Scénario
Oeuvre originale
Dessin
Couleurs
Traduction
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 16 Janvier 2025
Statut histoire Histoires courtes 1 tome paru

Couverture de la série Ce que nous avons perdu dans le feu © Editions du Sous-Sol 2025
Les notes
Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)
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28/06/2026 | Noirdésir
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Par martinj
Note: 4/5

Adapter à la bande dessinée des histoires aussi complexes et pleines de couches que celles de Mariana Enriquez est une mission très difficile. Surtout si l'on considère que le comic est basé sur le visuel alors qu'une partie très importante de la littérature d'Enriquez se concentre sur ce qu'on ne voit pas, sur ce qu'on intuit, sur ce qui semble mais n'est pas, sur ce qu'il est même s'il ne veut pas être. Mais Lucas Nine y parvient. Le succès de cette adaptation a beaucoup à voir avec le style pictural de Nine. Ses caricatures expressionnistes, presque floues, recueillent davantage les sentiments, les perceptions que les faits racontés. Ces photographies enduites de peinture, ces visages fantasmagoriques à mi-chemin entre le réel et l'imaginaire, cette ambiance ténébreuse qui ignore parfois qu'il fait jour... c'est la traduction plastique parfaite du style littéraire de Mariana. Ce livre adapte quatre des récits de l'archicélèbre livre d'Enriquez (il est curieux que celui qui lui donne un titre ne soit pas l'un d'eux). En tant que lecteur, je pense qu'il est préférable de lire d'abord les histoires et ensuite la bande dessinée, car l'une vous donne toutes les informations et l'autre vous aide à revisiter l'histoire et à revivre les sensations. C'est un excellent livre pour les fans d'Enríquez et pour les curieux de la bande dessinée qui veulent découvrir un langage pictural personnel et original.

04/07/2026 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Je connaissais Lucas Nine par ses albums généralement publiés chez Les Rêveurs, avec un dessin original, clivant, mais que j’avais très bien apprivoisé. Et des récits influencés par le surréalisme. Ici j’ai moins accroché à son travail graphique. Il utilise visiblement pas mal de photos retouchées, sur lesquelles il ajoute sa touche, plus proche de la peinture que du dessin le plus souvent. Mais malheureusement ça n’est pas toujours très clair. En tout cas ça colle plutôt bien à l’ambiance des récits qu’il illustre. Ce sont des adaptations de quatre nouvelles de Mariana Enriquez (je ne la connaissais pas du tout), qui ont toutes pour point commun de se développer dans une ambiance noire, glauque, avec souvent des enfants victimes (parfois en plus bourreau dans celle racontant les méfaits d’un très jeune tueur en série sadique). Le problème, c’est que chaque histoire n’a que très peu de place pour se développer, et qu’il manque le plus souvent quelque chose pour la rendre plus captivante. Elles m’ont laissé de côté – celle du tueur en série, à l’origine d’un circuit touristique morbide ressemble presque à un documentaire malsain. C’est un album qui m’a laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.

28/06/2026 (modifier)