Superman vs the Amazing Spider-Man - La Bataille du Siècle

Note: 2.5/5
(2.5/5 pour 2 avis)

Deux génies diaboliques, Lex Luthor et Docteur Octopus, ont uni leurs forces pour faire chanter le monde entier et se venger de leurs deux ennemis jurés...


Crossover DC Comics Marvel Spider-Man Super-héros Superman Univers des super-héros DC Comics Univers des super-héros Marvel

Alors que l'Homme d'acier et le Tisseur sont manipulés pour s'affronter, les héros parviendront-ils à se libérer de leurs entraves et à s'unir à temps pour renverser la situation ?

Scénario
Dessin
Couleurs
Traduction
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Avril 1979
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Superman vs the Amazing Spider-Man - La Bataille du Siècle © Urban Comics 1979
Les notes
Note: 2.5/5
(2.5/5 pour 2 avis)
Cliquez pour afficher les avis.

16/06/2026 | Ro
Modifier


Par Présence
Note: 3/5
L'avatar du posteur Présence

Spider-Man pas à la hauteur devant Superman - Il s'agit d'un récit complet et indépendant de tout autre, paru initialement en 1976. Il constitue la première rencontre entre les deux personnages, et la première rencontre entre un personnage de l'univers partagé DC, et un autre de Marvel. Le scénariste est Gerry Conway, le dessinateur Ross Andru, et l'encreur Dick Giordano. Neal Adams a redessiné plusieurs apparitions de Superman, et John Romita junior a apporté des améliorations sur les visages de quelques personnages. Ce tome est découpé en quatre chapitres, pour une histoire de 92 pages. Dans le premier chapitre, Superman doit se battre contre Lex luthor qui a dérobé un mystérieux composant électronique dans les laboratoires STAR de Metropolis, à bord d'un robot géant. Dans le deuxième chapitre, Spider-Man se bat contre le docteur Octopus dont les hommes de main sont en train de dévaliser le Metropolitan Museum à New York. Les deux criminels se retrouvent dans la même prison, dans des cellules voisines. De son côté, Clark Kent est envoyé à New York pour couvrir une conférence mondiale de reportages, avec l'équipe du Daily Planet. Sur place il croise Peter Parker et l'équipe du Daily Buggle. Lois Lane et Mary-Jane Watson sont enlevées sous leurs yeux par un individu portant le costume de Superman. Il n'en faut pas plus pour que les deux héros revêtent leur costume de Superman et Spider-Man, et bien sûr commencent à se taper dessus suite à une méprise. Dans son introduction, Gerry Conway explique très bien les règles du jeu de cette histoire, premier crossover du genre, fixant les règles pour tous ceux qui suivront. L'histoire doit être approuvée dans ses moindres détails par les deux équipes de responsables éditoriaux, celle de DC, et celle de Marvel. Les deux superhéros doivent disposer de la même exposition, en termes de nombre de pages (et même de cases) sans que l'un soit mis en avant au détriment de l'autre (les différentes versions de travail de la couverture sont très édifiantes sur ce point). Et bien sûr, l'histoire ne doit absolument rien modifier du statu quo puisque l'accord passé pour cette co-publication est ponctuel, donc Spider-Man ne pourra pas faire référence à Superman dans ses aventures mensuelles, et réciproquement. Au premier niveau de lecture, il s'agit d'un récit à destination d'un public jeune, avec des superhéros aux valeurs morales sans ambiguïté. Les criminels sont irrémédiablement méchants et rêvent soit de s'enrichir par le vol, soit de devenir maître du monde. Le faux Superman enlève Mary Jane Watson, sans qu'il ne soit jamais expliqué le pourquoi de son acte. Le lecteur a bien sûr le droit au cliché des clichés, avec les deux superhéros qui se tapent dessus avant de discuter. Les personnages se conduisent plus en adolescents (et même en enfants) qu'en adultes (ah ! le fameux coup du seau d'eau au dessus de la porte entrebâillée). Quelques éléments laissent songeur : pourquoi Spider-Man s'est-il tissé des skis en toile pour glisser sur l'air quand il est tiré par Superman ? Mystère, mais ça fait joli. L'intrigue et très linéaire et fourni une escalade de menaces, jusqu'au tsunami se dirigeant sur New York. Les rencontres entre les personnages secondaires des deux séries sont également très superficielles, à un niveau d'interaction limité à l'échange de deux phrases entre d'un côté J. Jonah Jameson, Robbie Robertson, et de l'autre Morgan Edge, Steve Lombard et Perry White. Les dessins sont moins naïfs que le scénario et bénéficient d'un encrage des plus soignés. Ross Andru réalise des planches à la lisibilité immédiate, avec des superhéros aux postures très iconiques, et des mouvements très fluides. En fonction du scénario, il ne peut faire autrement que de dessiner à deux ou trois reprises des dispositifs enfantins (le vaisseau d'Octopus caché dans l'enveloppe d'un ballon dirigeable, crédibilité zéro, ou encore le vaisseau spatial de Luthor frappé du sigle de l'Injustice Gang, quelle discrétion !). Giordano réalise un encrage d'une précision époustouflante, clair et méticuleux. Si la scène du tsunami manque d'ampleur, les acrobaties de Spider-Man sont très enlevées et Superman impressionne par sa puissance. Pour un lecteur plus âgé, il se produit un phénomène plus étrange au fil des séquences. Gerry Conway met en scène Superman tel qu'il était défini à l'époque : tout puissant ou presque, avec des utilisations de superpouvoirs très imaginatives. Par contraste, Spider-Man reste un simple être humain doté "uniquement" d'une grande agilité, d'une force surhumaine, d'un sixième sens l'avertissant du danger et de ses lance-toiles. Cet état de fait génère un étrange décalage entre Spider-Man qui doit visiblement faire de vrais efforts pour triompher de ses ennemis, et Superman qui encaisse sans coup férir jusqu'à temps de trouver la bonne manière d'utiliser ses pouvoirs. Ça commence avec la bagarre entre les deux où Luthor a trouvé le moyen d'augmenter la force de Spider-Man pour qu'il tienne le choc face à Superman. D'un côté, le lecteur se rend bien compte que le choix de faire se rencontrer ces deux superhéros est dicté par leur niveau de notoriété similaire, plus que par une logique narrative ; de l'autre côté Spider-Man n'est pas à la hauteur (avec un moment magnifique lorsque Superman prend conscience que si son poing touche le visage de Spider-Man à pleine puissance, il va le pulvériser). Or ce gouffre de niveau de puissance (ou de capacité) ressort à chaque scène où ils sont présents ensemble. Dans l'une des bases de Luthor, un ordinateur explose détruisant les données qu'ils recherchaient. Non seulement Superman pousse Spider-Man pour le mettre en sécurité hors d'atteinte du souffle de l'explosion, mais en plus il reconstruit l'ordinateur à super-vitesse, après coup grâce à sa super-mémoire, sans parler du fait que Spider-Man a mis 10 minutes pour parvenir jusqu'à cette pièce, alors qu'il a suffi à Superman de passer à travers mur. Du coup cette rencontre qui devait mettre les deux superhéros sur un pied d'égalité se transforme en une série d'humiliations involontaires vis-à-vis de Spider-Man, tout juste bon à retarder les supercriminels pendant que Superman fait le gros du travail. Ils se rencontreront une deuxième fois en 1981, dans une histoire écrite par Jim Shooter, dessinée par John Buscema, et encrée par Joe Sinnott, Terry Austin, Klaus Janson, Bob McLeod, Al Milgrom, Steve Leialoha, Walt Simonson, Bob Layton, Joe Rubinstein et Bob Wiacek.

18/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
L'avatar du posteur Ro

Avec un titre pareil, difficile de ne pas être attiré : la rencontre entre Superman et Spider-Man représente forcément un fantasme de lecteur de comics, puisqu'il s'agit de réunir les deux plus grandes icônes de DC Comics et Marvel dans une même aventure. Paru initialement en 1976 aux USA, puis en format cartonné chez Sagédition en France en 1979, cet album a d'ailleurs une vraie importance historique puisqu'il constitue l'une des premières grandes collaborations entre les deux éditeurs. Il faut toutefois le prendre comme un véritable produit des années 70. Le très grand format (340mm de haut) et la nouvelle colorisation d'Urban Comics rendent hommage à l'objet original, et le dessin de Ross Andru possède une vraie élégance classique, avec une mise en scène claire et efficace qui a plutôt bien traversé les décennies. C'est d'ailleurs ce charme rétro qui permet de prendre un certain plaisir à la lecture. En revanche, le scénario a très mal vieilli. L'intrigue est extrêmement simple, avec des héros qui monologuent en permanence, des méchants caricaturaux, des motivations assez absurdes et une succession de situations typiques des comics de l'époque. La rencontre entre les deux héros est très artificielle ; ne cherchez pas de complication, Metropolis est simplement sur la même terre que la New York de Spiderman. Leur affrontement initial repose sur un malentendu très forcé et des réactions de colère violente auxquelles on ne croit pas un instant venant de ces personnages. Et il faut l'aide d'un rayon magique sorti du chapeau de Lex Luthor pour que Spider-man soit ramené à un niveau lui permettant de ne pas se faire écraser en une seconde par Superman. Tout le reste du récit accumule les clichés du genre : les vilains qui veulent détruire le monde, les héroïnes kidnappées, les retournements prévisibles... Tout est ultra naïf, parfois même franchement kitsch, avec une logique qui semble destinée à des lecteurs de moins de 12 ans. Certes, ce côté très daté fait aussi partie de l'intérêt de cet album. Voir Superman et Spider-Man réunis dans une même aventure conserve une vraie valeur historique et nostalgique, car il témoigne d'une époque où un tel crossover constituait encore un événement éditorial majeur. C'est donc surtout une curiosité à découvrir pour ce qu'elle représente dans l'histoire des comics et pour son élégant graphisme rétro, plus que pour la qualité de son intrigue. Le charme peut fonctionner si l'on accepte sa grande naïveté, mais personnellement j'ai eu beaucoup de mal à ne pas décrocher avant la fin.

16/06/2026 (modifier)