L’Élu (Risuleo & Pronostico) (L'Eletto)

Note: 2/5
(2/5 pour 1 avis)

Une plongée kafkaïenne dans l'absurdité du monde du travail.


Auteurs italiens Les petits éditeurs indépendants

L’élu raconte l’histoire de Petruello, poète méconnu contraint d’accepter un emploi dans une grande entreprise pour survivre. Sa calligraphie impeccable lui vaut d’y recopier des phrases sans en comprendre l’utilité, dans un environnement toxique marqué par la jalousie, les jeux de pouvoir et un patron tout-puissant. Ce conte kafkaïen moderne explore l’absurdité du monde du travail et le sort de l’artiste. À travers une narration immersive et un personnage à la fois sympathique et énigmatique, L’Élu déploie une construction ambitieuse, rythmée par des surprises et des révélations. Le héros, perdu dans ce cadre professionnel cauchemardesque, prend des notes qui dédoublent la narration et offrent un recul inattendu.

Scénario
Dessin
Couleurs
Traduction
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 19 Mars 2026
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série L’Élu (Risuleo & Pronostico) © Steinkis 2026
Les notes
Note: 2/5
(2/5 pour 1 avis)
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23/05/2026 | Blue boy
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Par Blue boy
Note: 2/5
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Présenté par l’éditeur comme un « brillant roman noir d’entreprise signé par le duo d’auteurs le plus original de la bande dessinée italienne », l’ouvrage est clairement un ovni. En résumé, ça raconte l’histoire d’un poète méconnu qui, après avoir été repéré pour la qualité de sa calligraphie par les « agents » d’un capitaine d’industrie aux desseins mystérieux, va mal finir. L’entrepreneur, surnommé « le maître », sorte de divinité inaccessible, l’a choisi comme « l’élu » et veut absolument le rencontrer. Entretemps, le poète va tenter de s’adapter au monde kafkaïen de l’entreprise, avec ses codes étranges quasi-ésotériques dont il n’est guère familier, jusqu’au jour fatidique… Si d’un point de vue narratif, l’ouvrage se lit facilement et reste intriguant jusqu’à la conclusion, je dois avouer mon incompréhension quant à l’épilogue, dont je ne dirai évidemment rien. Certes, on l’aura compris, c’est de la poésie et ça traite de l’absurdité du monde de l’entreprise, mais une poésie tout de même un peu absconse qui laisse le champ vaste à l’interprétation. De plus, le récit est parcouru par des anecdotes (en particulier la visite au cimetière, la fête péruvienne…) dont on saisit encore moins la pertinence et n’apportent rien à la compréhension de l’intrigue. C’est la qualité graphique qui sauve l’ensemble sans parvenir toutefois à nous faire vraiment apprécier la lecture. Le dessin de Fulvio Risuleo est moderne et stylé, avec un très beau travail sur la couleur à l’aide de tonalités vives et harmonieuses. Cela étant, je n’ai pas saisi l’intérêt d’accompagner chaque planche de la version manuscrite des textes, incluant les ratures. Cela se veut sans doute original pour dévoiler le processus de création d’une œuvre, mais visuellement parlant, ce n’est pas très heureux… En outre, était-il vraiment nécessaire de recouvrir la couverture de ces griffonnages ? En recevant l’ouvrage dans ma boîte aux lettres, j’ai d’abord pensé qu’un petit farceur avait trouvé ça malin de les ajouter lui-même… Mis à part ça, je ne retiendrai pas grand-chose de cette lecture, et même en me forçant, je décèle peu de subversivité dans le propos, que pourrait laisser croire la page d’introduction. Celle-ci est une affiche du salon auquel participe le narrateur, la « Nuit blanche de la poésie », point de départ du récit, puisque c’est lors d’une séance de dédicace qu’il sera repéré par les émissaires du « Maître ». Sur l’affiche en question, on peut lire comme slogan : « Des vers rebelles pour rester éveillé », le but étant de « se rappeler que la poésie est plus vivante que jamais ! ». Soit. Mais dans ce cas, il faudrait peut-être lui donner les moyens d’être un peu plus accessible… A croire finalement que poètes n’ont pas toujours raison… Il est possible que cela plaise à un certain public, mais en ce qui me concerne, je suis un peu passé à côté…je ne voterai donc pas pour cet « élu » …

23/05/2026 (modifier)