Avila

Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)

Parsemé de clins d’œil historiques et artistiques (Molière, Dumas, Vermeer…), Avila, sous couvert d’une aventure aux multiples rebondissements, est une quête initiatique sur l’identité, la transmission, la justice et la valeur du langage.


1454 - 1643 : Du début de la Renaissance à Louis XIII Auteurs italiens La BD au féminin

Dans la France du XVIIe siècle où plane l’ombre machiavélique de Richelieu, Avila, jeune orpheline déploie pour qui veut ses talents d’herboriste hérités de sa mère. Convaincue de sorcellerie, elle doit prendre la fuite avec à ses trousses le terrible Trébuchet ; chasseur de primes et âme damnée du cardinal. Mais si Avila n’est pas une sorcière, quel pacte a-t-elle scellé qui lui permet de parler à Astor, son ombre maléfique ou de communiquer avec les animaux de la forêt ?

Scénario
Dessin
Couleurs
Traduction
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 15 Avril 2026
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Avila © Glénat 2026
Les notes
Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)
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17/05/2026 | grogro
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Par gruizzli
Note: 3/5
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Ca faisait plusieurs jours que j'avais fini de lire cette BD et que j'attendais pour l'aviser. Il faut dire que je ne suis pas sur de mon avis, qui est mitigé, tout comme celui de grogro. J'aime beaucoup le duo Radice-Turconi qui ont réussi de très belles BD et que j'ai apprécié de suivre à chaque fois. Ici, la BD est tournée autour d'une figure de sorcière (encore, dirais-je) mais pour une fois en proie à l'inquisition dans le bon siècle, c'est déjà ça ! D'ailleurs la partie historique est oscillante, mais avec au moins un intérêt, celui de mêler dans le récit de nombreux tableaux classiques (que je ne prétendrais pas avoir tous reconnus) de l'art flamand et aussi des paysages de France qui sentent bon les récits de capes et d'épée. L'ensemble est très beau à voir, avec de nombreux passages plus lents qui font profiter du dessin, un petit régal. Niveau histoire, c'est plus complexe. On a un mélange entre la traque d'une sorcière, un récit à la Faust de pacte démoniaque et un commentaire sur l'obscurantisme religieux qui s'oppose aux rebouteuses des campagnes. Un cliché légèrement éculé et à contre-courant des faits historiques, mais bon, disons que c'est pour enfant. Et c'est d'ailleurs ce que je retiens surtout de la BD : c'est léger, un peu trop, mignon, un peu trop. Enfantin, en somme, qui plaira sans doute aux plus jeunes (collèges) avec des bons sentiments et des résolutions un peu facile. A ce niveau, je trouve qu'il y a un faux air de Disney dans l'ensemble du récit : les nobles personnages paternalistes, les méchants rigolos et légèrement inquiétant, le récit qui oscille autour des figures familiales ... D'ailleurs la fin est un peu décevante et m'a assez moyennement convaincu. Ce n'est pas mauvais, c'est plutôt simple, trop simple. En fait je crois que la BD a cherché à faire beaucoup de choses en peu de temps, dans un récit qui voulait surtout être beau et prendre son temps. Quelque part j'aurais apprécié une plus longue dissertation sur les plantes médicinales dans un siècle où la démocratisation de l'imprimerie permet de transmettre plus vite des savoirs aussi précieux, mais le récit est en deux parties assez mal équilibrées qui se finissent sur une certaine résolution qui ne m'a jamais semblé centrale à l'histoire. Bref, un récit plein de bons sentiments, une histoire bancale et un très beau dessin, dans un ensemble qui me parait destinée bien plus aux enfants. Donc je ne recommande pas spécialement, dommage !

17/05/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 3/5
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J’avais gardé de très bons souvenirs de lecture de La Terre, le ciel, les corbeaux, des mêmes auteurs, raison pour laquelle je me suis embarqué dans cette lecture qui avait l’air vraiment très bien et que j’avais très envie d’aimer. Côté graphique (et même du point de vue scénaristique d’ailleurs), elle est assez étonnante si on la compare à la BD précitée. En effet, on a l’impression que ce ne sont pas du tout les mêmes auteurs. Le trait est ici beaucoup plus fluide et rond, les couleurs plus lumineuses, et l’histoire plus pétillante. C’est surtout le dessin qui procure cette impression. Mais s’il donne effectivement la sensation de n’être pas réalisé par le même dessinateur, il est néanmoins très agréable. Le travail sur la couleur est soigné, apportant un dynamisme bienvenu. Les architectures sont très convaincantes, occasionnant même de très belles cases. L’histoire est touchante et les personnages plutôt bien troussés. Pourtant, il y a un petit truc qui m’a laissé un goût un peu amer. Plusieurs petits trucs en fait. D’abord, le personnage du narrateur, vieux colporteur battant la campagne avec son chien, est tout à fait agaçant. Outre le fait que sa présence n’apporte absolument rien au récit, le ton qu’il adopte est tout à fait horripilant, et s’il n’est heureusement pas omniprésent, on termine quand même sur lui. Et puis bon, à partir de la seconde moitié, je n’ai jamais pu me départir d’un sentiment de vacuité, sentiment qui domine une fois la BD refermée. Oui, tout ça pour ça. Si chaque élément pris individuellement reste intéressant (personnages bien campés, chouette dessins et couleurs, contexte historique…), on a quand même l’impression qu’Avila passe un peu à côté de son sujet, que les éléments s’enchainent sans vraiment parvenir à faire monter les blancs en neige. L’âme noire d’Avila, matérialisée par son ombre maléfique, n’est pas assez noire. On ne ressent pas assez les émotions unissant la mère et la fille. Globalement, les choses s’emmanchent un peu trop facilement, et les situations critiques se dénouent tout aussi facilement… Voilà pour ce qui m’a laissé sur ma faim. Mais je ne voudrais pas non plus torpiller cette BD qui au demeurant m’a donné quelques motifs de satisfaction tout de même (le dessin principalement). Mais bon, il faut être honnête : c'est une déception !

17/05/2026 (modifier)