La Longue Route
Le 22 août 1968, Bernard Moitessier et son bateau Joshua s’élancent dans le Golden Globe, la première course à la voile en solitaire et sans escale autour du monde.
1961 - 1989 : Jusqu'à la fin de la Guerre Froide Adaptations de romans en BD La Voile
Au fil des mois, la solitude, les calmes et les tempêtes malmènent ou exaltent le corps et le moral du navigateur. Entre ciels et mers, l’exploit sportif se transforme peu à peu en un voyage intérieur. Se pose alors cette question folle : a-t-il envie de retrouver la société des Hommes ?
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| Date de parution | 14 Mai 2025 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
La Longue Route raconte le périple en solitaire de Bernard Moitessier lors de la première course autour du monde sans escale en 1968. Alors qu'il est en tête et pourrait gagner, il décide de ne pas franchir la ligne d'arrivée et poursuit sa route vers les mers du Sud, en communion avec l'océan, laissant derrière lui la société et les honneurs pour "sauver son âme", comme il le dira. Graphiquement, le travail de Younn Locard est à la hauteur : le dessin épouse les vagues, les lumières, les silences et la solitude de la mer. La mer devient vivante, tantôt apaisante, tantôt déchaînée, et on ressent pleinement la transe marine de Moitessier. Les silences, le chant du bateau et de la mer, les espaces vides et le rythme du récit accentuent cette immersion, donnant au lecteur la sensation d'etre seul avec le navigateur et son voilier, Joshua, personnage à part entière du récit. Dans les premières pages, c'est d'abord un récit de technique et de plongée dans le bain du voyage, avant de devenir de plus en plus intime au fil de la lecture. J'ai été porté par le récit et le voyage, comme je peux l'être en suivant le Vendée Globe à distance. Les passages dans les mers du Sud, loin de tout et en communion avec la Nature, sont particulièrement intenses, et le moment clé du Cap Horn constitue une apothéose d'émotion et de tension. La BD restitue bien l'âme du marin et son refus des routes toutes tracées. J'ai apprécié la dimension sensorielle et méditative du voyage, même si la dernière partie de l'album m'a semblé un peu moins captivante. En effet, après le Horn, l'intensité retombe : le demi-tour du monde supplémentaire m'a paru plus morne, le bateau et Moitessier plus fatigués, et j'ai été moins happé par le désir du navigateur de continuer. J'ai aussi l'impression que cette BD s'adresse avant tout aux connaisseurs de la voile, car sa narration, par la bouche de Moitessier, utilise en permanence des termes marins qui ne parleront probablement pas aux néophytes. Même moi, qui connais bien la voile, j'ai été pris de court par certains textes très techniques, notamment concernant un voilier plus gros et plus ancien que ceux que je pratique habituellement. Le lexique en fin d'album aide, mais ne remplace pas l'expérience immersive que procure la compréhension des subtilités maritimes. Je pense qu'un néophyte aura du mal à lire l'album, car il risque de ne pas comprendre une grande partie de ce qu'il s'y dit, ou de devoir le déchiffrer péniblement avec le lexique. La Longue Route a un côté fascinant qui mêle aventure maritime, introspection et poésie de la mer. Cette adaptation constitue un bel hommage à Bernard Moitessier et à la beauté des océans, mais sa longueur et ses termes souvent très techniques la destinent principalement à ceux qui ont déjà une passion pour le monde de la voile.
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