Sangliers

Note: 2/5
(2/5 pour 1 avis)

Nina est maquilleuse professionnelle, mais c’est son activité d’influenceuse beauté qui l’occupe principalement.


La BD au féminin Les petits éditeurs indépendants Les Réseaux sociaux

Son quotidien est rythmé par la création de tutoriels vidéo pour les réseaux sociaux. Elle aime son métier, et c’est avec le pseudo NINA MAKEUP qu’elle s’y investit avec ferveur. Mais pour exister dans ce monde du paraître, elle se doit d’être très productive et Nina s’enferme dans une routine qui la pousse à une solitude manifeste. Son exposition médiatique ne lui apporte que désillusion et elle est victime du harcèlement de certains de ses followers. Son agent lui met la pression, sa famille ne la comprend pas, un partenariat commercial menace son intégrité et le plus angoissant : un inconnu rôde autour de chez elle. La réalité se mélange à l’existence numérique et floute les frontières de la raison, créant la figure d’un sanglier chimérique. Après une incursion remarquée dans la science-fiction (Avant l’oubli et Astra Nova), Lisa Blumen reprend ses feutres à alcool pour donner cours à un thriller psychologique qui matérialise des réflexions sur la représentation du corps des femmes, le sexisme ordinaire et de la marchandisation de la beauté. Le personnage principal lutte contre un ennemi à la fois invisible et omniprésent : la superficialité que l’on attend d’elle. En exposant l’envers du décor, Sangliers met en scène une figure contemporaine on ne peut plus controversée, mais finalement trop peu exploitée dans la fiction à ce jour, l’influenceur.euse.

Scénario
Dessin
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Mai 2025
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Sangliers © L'Employé du Moi 2025
Les notes
Note: 2/5
(2/5 pour 1 avis)
Cliquez pour afficher les avis.

24/03/2026 | Noirdésir
Modifier


L'avatar du posteur Noirdésir

Les deux précédents albums de Lisa Blumen – parus eux aussi chez L’Employé du moi – m’avaient fait découvrir une auteure originale. Plutôt sur des sujets SF ou proches, sortant des sentiers battus. Bref, un a priori favorable, qui m’a fait passer outre le sujet de cet album, qui traite de quelque chose que je ne connais pas vraiment, et pour lequel j’aurais de fortes préventions. Tout ce qui tourne autour du maquillage m’indiffère, et les « influenceurs » (influenceuses ici) – cette autre façon plus branchée – et plus hypocrite – de faire de la publicité sur internet et les réseaux sociaux me rebutent au plus haut point (je hais la publicité, et en plus je trouve que c’est une exaltation de l’insignifiance, du paraître débile. Une allergie intellectuelle donc de ma part. Nous suivons donc une jeune influenceuse, qui présente régulièrement à ses suiveurs sur le net une partie de sa vie privée, et les nombreux produits de maquillage qu’elle reçoit de la part de sociétés spécialisées. L’accumulation des « placements de produits » donne quelque chose de risible, comme l’est le formatage de « l’image idéale » des jeunes filles/femmes suivant ce genre de contenus. La seule chose qui m’ait un tant soit peu intéressé dans cette histoire, c’est quand on nous montre, au hasard de quelques rencontre entre l’influenceuse et les représentants des marques qui lui fournissent des échantillons, ou le directeur d’une agence qui l’emploie, comment notre influenceuse est en fait traitée comme une travailleuse « ordinaire » (loin du 2.0), c’est-à-dire maltraitée, subissant moult pressions. Autre moment intéressant, la façon dont les réseaux sociaux permettent à tous les névrosés de déballer leur violence, leurs idées masculinistes, leurs insultes gratuites et anonymes : notre influenceuse qui ne vit que pour et par le net et l’image qu’elle y véhicule, en découvre ainsi vers la fin les nombreuses zones d’ombre. Mais bon, si les autres albums de Blumen m’avaient toujours intéressé, celui-ci m’a laissé de côté. Et la fin, un peu brutale et ouverte, nous laisse dans l’expectative quant aux choix de l’héroïne. Je pense que ça n’est pas ma came.

24/03/2026 (modifier)