Le Songe de la Sphinge

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Grâce au mouvement #MeTooOlympe, les monstresses ont renversé l’ordre établi pour un monde plus juste. Pourtant, les créatures et humaines de la mythologie subissent toujours des violences et des discriminations.


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Elles viennent alors à la rencontre de la Sphinge, dotée d’une grande sagesse, afin de trouver des solutions ; mais celle-ci répond le plus souvent par des énigmes encore plus déboussolantes… À travers cette fiction, Noémie Fachan nous propose une relecture féministe de quinze figures mythologiques (Artémis, Déméter, les Muses, Némésis, Nausicaa…), et nous offre une réflexion puissante sur notre société actuelle : la culture de l’inceste, les féminicides, la transmisogynie, la domination adulte…

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 04 Mars 2026
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Le Songe de la Sphinge © Leduc 2026
Les notes
Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)
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31/03/2026 | Deretaline
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L'avatar du posteur Deretaline

Bon, je suis un peu gênée, parce que je ne savais pas en achetant cet album qu'il était le troisième tome d'une sorte de trilogie et que j'avoue que j'aurais bien aimé lire les autres avec lui (surtout quand celui-ci se présente comme une sorte de conclusion). Pas un mal en soi, l'album reste compréhensible et indépendant, mais j'avoue que les nombreux astérisques me rappelant que, si je veux voir cette petite histoire et les pensées qui l'entourent développées, il me faudrait sans doute saisir les autres albums. Ici, il est question d'une réécriture/relecture féministe des mythes de la Grèce antique. La formule n'est pas nouvelle mais, comme dis lors de précédents avis, j'apprécie énormément les réécritures et tout particulièrement quand il s'agit d'œuvres connues et communes au plus grand nombre. Les mythes gréco-romains, comme tous les mythes et légendes, sont à la fois le reflet de la société qui les a vu naître et l'assurance de voir cette société et ses dogmes perdurer. Les mythes gréco-romains, donc, malheureusement, transmettent en leur sein beaucoup d'idées nauséabondes ayant pour but de conserver une pensée et des constructions sociétales patriarcales, sexistes, racistes, … bref, des pensées généralement réactionnaires et, malheureusement, toujours en place aujourd'hui, toujours véhiculées, inculquées et imposées par toutes les personnes composant cette société et refusant d'agir pour que les choses changent. L'axe central est sur le féminisme, on réécrit et réinterprète de nombreux mythes et les figures qui l'accompagnent pour parler de problèmes systémiques toujours en place à notre époque, on dresse des parallèles directes à notre histoire et notre culture francophone par la même occasion, bref l'album est très clair sur les idées qu'il souhaite transmettre. J'ai particulièrement trouvé fort à propos les quelques pages bien développées (et documentées !) définissant les notions mises en scène et permettant de les remettre en contexte. Même lorsque l'on connaît ces sujets, c'est satisfaisant à lire et joliment retranscrit. Mais au-delà du féminisme, cet album parle de toutes les dominations sociétales, nous rappelle que tant qu'il existera un système de domination écrasant qui que ce soit personne ne sera vraiment libre, que chaque partie du système hiérarchique est prévue pour se soutenir, se défendre et s'assurer au mieux que rien ne bouge, que le cap soit toujours maintenu quoi qu'il advienne. J'avoue que j'apprécie de voir le sujet de la convergence des luttes ouvertement traité dans ce genre de publication grand-public, c'est un sujet de plus en plus mis en avant par des groupes militants mais qui me semble parfois abstrait pour de nombreuses personnes. Les sujets de la convergence des luttes et de la question de "l'après réalisation du problème" sont les sujets centraux de cet album, sans doute car il est le dernier de sa série, sans doute aussi que beaucoup d'autres questions et sujets centrés autour du féminisme sont justement abordés dans les précédents albums (d'où ma frustration de n'avoir pour l'instant que celui-ci !), mais que les gens venant ici avant tout pour une question féministe se rassurent : cela reste bien le fil rouge tout du long, juste que, comme dit précédemment, on rappelle (à raison) que pour lutter contre le sexisme et le patriarcat efficacement il faut également avoir conscience et se battre contre les autres formes de discrimination sociétale. Je suis légèrement mitigée sur la narration que je trouve un peu impersonnelle et figée là où les histoires réécrites se veulent personnelles et évocatrices, ce qui n'est pas aidé par le dessin qui n'est pas nécessairement à mon goût. Je termine sur cette petite ombre au tableau, même si j'ai grandement apprécié le travail de documentation et d'explication, même si j'ai trouvé audacieuses et bien trouvées nombreuses de ses réinterprétations des mythes que l'on connaît (déjà en eux-mêmes des amalgames de mythes antérieurs maintes et maintes fois réécrits et réinterprétés), je ne suis pas complètement touchée par l'aspect narratif qui m'a laissé un peu trop en retrait. Mais c'est sans doute normal, le but visé n'était peut-être pas tant l'aspect narratif de la réécriture que de proposer une sorte de BD documentaire uchronique (si tant est qu'une altération de mythe puisse être considérée comme une uchronie). C'est malheureusement cette légère ombre, sans doute personnelle, qui m'empêche de monter ma note jusqu'à 3,5 et d'arrondir au supérieur. Quoi qu'il en soit l'album est bon, surprenamment bon même car, comme dit juste au-dessus, sa simple forme ne m'avait pas convaincue à l'origine. Ce n'est que par le résumé et un rapide feuilletage que ma curiosité a finalement été piquée et j'avoue ne pas le regretter. Une très bonne BD documentaire que je recommande - mais ne faites pas la même erreur que moi et trouvez les trois d'un coup si possible, je pense qu'une lecture dans l'ordre de parution doit être davantage satisfaisante.

31/03/2026 (modifier)