Sex Friends - Comment (bien) rater sa vie amoureuse à l’ère du numérique
Le sexe et les rencontres sur les réseaux sociaux, son univers impitoyable…
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Les sites et applications de rencontres représentent plus qu’un simple outil qui permettrait de chasser le prince charmant ou de jouer les Dons Juans. En hameçonnant les utilisateurs par la promesse d’une abondance sexuelle et amoureuse, ces interfaces nous confrontent à la réalité de nos propres frustrations. Quand Fanny se fait larguer par Olga, elle décide de profiter à fond des applications. Elle partage son expérience avec Félicie, sa collègue, et Marius. Chacun projette ses attentes et ses désillusions sur ces espaces virtuels où l’on se cherche parfois soi-même. Mais un compte mystérieux apparaît, semblant commenter leurs expériences les plus intimes. Qui se cache donc derrière ce mystérieux chroniqueur de leurs vies sexuelles ?
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| Date de parution | 12 Février 2026 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
A mi-chemin entre l’ouvrage sociologique et la comédie romantique, « Sex Friends » nous plonge dans l’univers des réseaux de rencontre en ligne, où le sexe semble désormais être entré dans l’ère du prêt-à-consommer, à toute heure et en tout lieu. Avec des applis de dating telles que Tinder, Hinge (renommée ici Cinder et Tinge), Chatroulette (plus orienté porn) et autre Pure, la jeunesse actuelle en quête de l’âme sœur scrolle, like et « swipe » compulsivement les profils. Oublié le romantisme gnan-gnan de l’époque des darons, à chaque profil correspond une appli, et désormais on peut baiser juste pour le fun, sans l’arrière-pensée d’une relation durable, avec la garantie minimale de ne pas tomber sur un pervers narcissique. Mais résumer la question en quelques lignes ne suffira pas à résumer le contenu de cette bande dessinée. Le livre débute sur une rupture : une jeune femme, Fanny, reçoit un SMS de sa copine Olga lui annonçant qu’elle la largue, pour la bloquer ensuite. Le problème, c’est que Fanny n’a pas du tout la même conception des relations amoureuses, et qu’elle fait la distinction entre amour et sexe. Elle est accro à « Cinder », son « supermarché de l’amour », tout en restant pourtant folle amoureuse d’Olga, qui elle recherche une « fidélité » un peu désuète. Autour de cette histoire vont venir se greffer d’autres personnages : la collègue de Fanny, Félicie, qui a un certain appétit sexuel mais rêve au fond d’elle du grand amour, et Marius, le bon pote prof de philo au look de caillera. Tout cela donne lieu à des discussions centrées autour de la drague sur apps. La jeune femme, qui tient également un blog sous le pseudo « Devilish », distille ses réflexions sur ces nouvelles pratiques qui ponctuent le livre. A travers le blog de Fanny, le sujet abordé est vaste et plutôt intéressant, nourrissant la réflexion du lecteur. A l’attention des boomers qui pourraient se désoler de la disparition de la drague à l’ancienne, il est notamment rappelé que le « dating » n’est pas si nouveau, remontant « aux premières agences de rencontre », souvent accusées de mercantilisme… S’il est une critique à émettre vis-à-vis de cet ouvrage, elle relèverait plutôt de la construction narrative, quelque peu brouillonne. Paradoxalement, les conversations sont souvent oiseuses, et l’enchaînement des situations désordonné voire frénétique, ne permettant pas de saisir aisément les ressorts de l’intrigue (si on peut parler d’intrigue) et générant un certain désintérêt pour cette lecture. Les abondants phylactères et e-phylactères (peut-on appeler ça comme ça quand il s’agit de textos ?) ne sont pas tant le problème que leur manque de lisibilité (une police blanche sur fond rose pâle, c’est pas top) ou leur incohésion. De plus, la partition graphique ne sert guère le propos. Que ce soit pour dessin ou le découpage, rien n’est vraiment satisfaisant ici. Si le choix d’une approche minimaliste semble approprié, on est moins séduit par les expressions des personnages, qui se veulent à certains moments comiques sans y parvenir. Les visages sont plutôt laids et parfois difficiles à identifier, ce qui ne contribue pas à la bonne compréhension du récit. Peut-être aurait-il mieux valu traiter la question dans un format purement documentaire… Malgré son intérêt sociologique, « Sex Friend » dans sa conception s’avère décevant. C’est dommage, car le sujet méritait sans doute mieux. Glisser le mot « sexe » dans le titre suffira peut-être pour attirer l’attention du public, mais à l’évidence, l’équilibre entre le propos et la narration fait ici défaut pour convaincre pleinement. Et si le sexe sur apps n’était pas aussi ébouriffant qu’on pourrait le croire ? C’est peut-être le message du livre, finalement…
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