Nos pères, nos frères, nos amis

Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)

Si les monstres ça n'existe pas, qui sont les auteurs de violence ?


Violence conjugale

C'est la question que se pose Mathieu, journaliste, lorsqu'il rencontre Cécile. Cette jeune femme, victime de violence conjugale, essaie de comprendre ce qui lui est arrivé. Entre Mathieu et elle, un lien se noue. Mathieu débute son enquête au sein de groupes de parole d'hommes condamnés pour violence conjugale. Mais pour questionner les hommes et leur violence, il faut aller plus loin, auprès des chercheurs, d'associatifs, de psychiatres. Avec Cécile, Mathieu regarde aussi sa propre histoire et tente de comprendre cette violence qui traverse la société. Car pour s'attaquer à la violence des hommes, il faut accepter de la regarder en face. Adapté de l'essai de Mathieu Palain.

Scénario
Oeuvre originale
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 11 Septembre 2025
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Nos pères, nos frères, nos amis © Steinkis 2025
Les notes
Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)
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20/01/2026 | gruizzli
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Par gruizzli
Note: 4/5
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Une BD sur un sujet lourd, mais traité par un angle original. L'idée de Mathieu Palain a été de voir la violence domestique par le prisme de ces hommes violents, ceux qui semblent des monstres dans notre société mais sont avant tout des humains, nos voisins, nos amis, nos proches, notre famille. Issu d'un reportage qu'il diffusa notamment sur France Culture et qu'il compile ici en BD, son approche est centrée avant tout sur les questions de compréhension. Ces hommes se sentent victime, non-coupable, innocents. Selon eux, ils ne sont ni des monstres ni des hommes violents. Comment expliquer cela ? La BD est assez riche et dense, les témoignages parfois horribles, mais j'ai beaucoup aimé que Mathieur Palain ne s'en tienne pas qu'à ces simples témoignages. Il les dépasse pour aller chercher les réponses sociologiques et psychologiques. Les questions sont aussi pertinentes parce qu'elles permettent de replacer toutes ces violences en contexte. La violence domestique nait d'une violence déjà présente avant, dans l'enfance des victimes et des bourreaux. Elle incite à se poser des questions sur ce qu'on autorise et permet dans les familles, la reproduction de ce qu'on a vu. C'est aussi une question de niveau de vie, lorsque la plupart des personnes arrêtées sont pauvres alors que cette violence touche tout autant les riches. Mais elle met aussi en lumière ce que doivent faire les mecs "biens" dont tout le monde pense faire partie, puisque personne n'est un monstre, on l'a dit. A quel moment est-on réellement un "mec bien" ? Quel est la limite, qu'a-t-on fait de mal soi-même ? L'important n'est pas de culpabiliser tout à chacun mais de se demander ce que nous avons appris, reproduit ou ignoré. Et comment changer cela. Cette BD est à mettre en rapport avec d'autres sur les questions des violences faite aux femmes, mais en s'intéressant moins aux victimes (question importante, bien sur) qu'aux bourreaux, elle monte aussi que venir réparer les dégâts une fois la violence faite ne suffit pas. Il faut empêcher ces bourreaux de refaire des victimes, il faut arriver à changer les normes de masculinité toxique qui transforment tant de nos concitoyens en maris violents. Rappelons que ce fut le cas de 270.000 femmes les années passées, et donc de 270.000 hommes violents. Une BD qui incite à les considérer eux aussi comme des humains et s'interroger sur ce qu'on doit faire pour eux et avec eux. Une question importante, peut-être plus que ce qu'on imagine.

20/01/2026 (modifier)