Come Home Indio

Note: 4/5
(4/5 pour 2 avis)

Jim Terry est un dessinateur amérindien qui explore dans cette autobiographie l’isolement, l’anxiété et le sentiment d’être perdu entre deux mondes, deux cultures pour une seule personnalité.


Alcoolisme Autobiographie Comix Edition participative Indiens d'Amérique du nord Les petits éditeurs indépendants

De son enfance en banlieue, déconnecté de son identité d’Autochtone, en passant par une vie adulte urbaine marquée par sa lutte contre l’alcoolisme, il cherche en permanence à trouver un nouveau sens à son existence en tant qu’américain aux origines diverses. Une quête existentielle sublimée par la narration d’un artiste au talent incroyable.

Scénario
Dessin
Traduction
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 24 Février 2023
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Come Home Indio © Komics initiative 2023
Les notes
Note: 4/5
(4/5 pour 2 avis)
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07/01/2026 | Noirdésir
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Par Alix
Note: 4/5
L'avatar du posteur Alix

J’adore les œuvres autobiographiques, et plus particulièrement ce genre de témoignage « brut de décoffrage » aux thématiques difficiles. Il est question de crise identitaire (Jim Terry est un métis amérindien), du traitement des peuples indigènes nord-américains, mais aussi (et surtout) de déchirements familiaux et d’alcoolisme. Ce dernier point est central au récit, et est assez violent – l’auteur se raconte sans filtre, avec suffisamment d’autodérision pour que le récit ne tombe pas dans le misérabilisme larmoyant. J’ai trouvé le ton juste et les problèmes relationnels entre l’auteur et ses parents touchants et bien amenés. La mise en image est réussie et m’a un peu rappelé le style de Will Eisner – il y a pire comme référence. L’auteur finit par avouer que Eisner fut une grande inspiration à ses débuts, ce qui ne m’étonne pas du tout. Par contre contrairement à Noirdésir, je ne comprends pas trop pourquoi l’avant-dernier chapitre est purement textuel (et lettré à la main dans la VO, donc pas super lisible). Il s’agit peut-être d’un choix narratif, mais j’ai vu ça comme un raccourci, une économie de moyens et de pages. Cela étant dit, je reste sur une impression très positive… inutile de vous infliger la lecture de ce pavé si vous êtes allergiques aux autobiographies nombrilistes, mais moi, c’est ma came !

09/02/2026 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Dans sa préface, Luc Brunschwig avoue avoir été frappé par la force de ce témoignage – et avoir découvert une belle personnalité. Si au départ j’étais un peu circonspect, je dois le rejoindre après avoir fini cet album. En effet, ce livre est vraiment intéressant, et de plus en plus prenant. C’est une autobiographie, l’auteur se racontant sans concession, parfois de façon brute, sans filtre, ce qui donne des scènes ou des propos un peu durs – pour lui ou certains proches, comme ses parents. Jim Terry est un métis (sa mère est indienne). Il va subir plusieurs déchirures. D’abord le divorce de ses parents – et les allers-retours entre les deux le tiraillent. Ensuite une autre déchirure, plus forte et plus subtile, identitaire. Si pendant longtemps sa part indienne est refoulée (instinct défensif face au racisme ambiant, mais aussi manque réel d’intérêt pour la culture indienne, parfois « folklorisée »), il va peu à peu prendre conscience de celle-ci, et la revendiquer, alors même que l’alcoolisme (mal qui traverse le récit plus ou moins violemment) semble le pousser sur une pente dangereuse. Le point d’orgue de cette prise de conscience, et de la « reconstruction » de Terry se voit dans l’avant dernier chapitre, lorsqu’il participe à un acte de résistance de plusieurs nations indiennes sur le site emblématique de Standing Rock. Pour marquer le coup et l’importance de cet action pour lui, ce chapitre se distingue par un récit uniquement textuel, sans bande dessinée. Un court chapitre conclut en revenant à la bande dessinée, comme pour marquer une paix retrouvée, un auteur et un être apaisé. Et là le titre prend toute sa signification. Le dessin est classique et fluide, très agréable. Bref, voilà un album que je vous encourage à découvrir !

07/01/2026 (modifier)