The Summer Hikaru Died (Hikaru ga Shinda Natsu)

Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)

Hikaru et Yoshiki sont deux amis d'enfance qui ont grandi ensemble dans un hameau reculé. Mais un jour, les doutes qu'éprouvait Yoshiki depuis quelque temps se confirment : depuis sa disparition en forêt, six mois plus tôt, Hikaru a été remplacé par... "autre chose".


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Malgré cet effroyable constat, Yoshiki refuse d'être séparé de son ami. Il fait alors le choix de poursuivre son quotidien aux côtés de cet "être" à l'image parfaite de Hikaru. Mais au même moment, d'étranges incidents se produisent çà et là dans le village...

Scénario
Dessin
Traduction
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 11 Octobre 2023
Statut histoire Série en cours (8 tomes parus au Japon, série en cours) 6 tomes parus
Dernière parution : Moins d'un an

Couverture de la série The Summer Hikaru Died © Pika 2023
Les notes
Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)
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27/12/2025 | Deretaline
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L'avatar du posteur Deretaline

J'ai entendu du bien de cette série pendant très longtemps et, même si je ne serai pas aussi dithyrambique que les échos glanés auraient pu me le faire croire, j'avoue que l’œuvre mérite des louanges. Le titre est explicite, ça va parler de mort, de la mort de l'éponyme Hikaru pour être exacte. Enfin, pas si explicite que ça parce que l'on ne se doute pas forcément dans quoi on s'embarque avec ce simple postulat. Quelqu'un est mort, quelqu'un qui avait des proches, des proches qu'il a aimés, qui l'ont aimé aussi, il sera question de deuil et de la force de la mémoire, bref le sujet central est la mort. Dans un petit village de campagne japonaise, un beau jour d'été, Hikaru a disparu dans la montagne. Ces ami-e-s n'ont jamais su pourquoi, d'autant qu'Hikaru est apparemment rentré une semaine après disparition, mais il va très clairement paraître évident à Yoshiki, son meilleur ami, que quelque chose cloche. Cela ressemble à Hikaru, cela a la voix d'Hikaru, cela a les souvenirs d'Hikaru, mais cela n'est pas Hikaru. Hikaru est mort dans la montagne et quelque chose a pris possession de son cadavre, enfilant sa peau comme on enfilerait un costume, et essaye de s'immiscer parmi les humains pour exaucer le dernier souhait du véritable Hikaru : faire en sorte que ses ami-e-s ne se retrouvent pas seul-e-s, ne souffrent pas de son absence. L'œuvre est tout d'abord un subtil mélange entre tranche de vie campagnarde dans un petit village abandonné et un récit horrifique et réflexif sur la nature des liens humains. Je me doutais à la réputation de cette série qu'elle flirterait avec les mystères angoissants (sans être non plus absolument terrifiant), mais j'avoue avoir été surprise de la direction prise. Tout le mystère de ce qui est arrivé à Hikaru, de ce qu'est le nouvel Hikaru, de ce qu'il s'est passé il y a bien longtemps dans la région est prenant, alternant horreurs et attaques "au delà de la compréhension humaine" dans notre présent narratif et flashbacks et légendes nous en apprenant chaque fois un peu plus sur la sordide histoire de la région. L'héritage historique, culturel et spirituel du Japon est utilisé à plein escient, on nous parle d'anciens rites animistes, de cultes, d'arrivée de la chrétienté, de légendes locales, de l'évolution et de la déformation des mythes aussi. La dimension horrifique de l'œuvre est sympathique, le graphisme la rend particulièrement prenante - j'applaudis notamment la forme réelle (ou irréelle en l’occurrence) d'Hikaru, sorte de peinture noire flottante et dégoulinante, simple mais efficace pour illustrer à la fois le côté parasitique de cet être et sa nature d'être à la frontière entre deux plans d'existence. Le mystère et l'horreur sont prenants, certes, mais si l'œuvre est joliment travaillée c'est aussi grâce à son travail sur ses personnages et leurs liens. Qu'il s'agisse du drame de Yoshiki, tout d'abord forcé de continuer d'agir comme si de rien n'était, incapable de pleinement faire son deuil, car quelque chose qu'il peine à comprendre s'est déguisé en son ami décédé, ou bien du nouvel Hikaru qui peine à comprendre le simple fait d'exister, lui qui jusque là n'avait jamais été qu'une idée, une chose d'un autre plan, tous les personnages se révèlent rapidement assez complexes - je n'ai parlé que de ces deux là car ils sont les personnages centraux de ce récit, mais tous les autres sont aussi assez complexes et attachants. La relation Hikaru/Yoshiki est centrale, le cœur du récit, même. Oui, il est question de deuil (ou d'incapacité à vraiment pouvoir faire son deuil), mais il est aussi question d'amour et d'attachement. D'amour dans toutes ses formes d'ailleurs, Yoshiki étant vraisemblablement homosexuel et ayant aimé en secret Hikaru depuis longtemps. Cet état de fait n'est jamais directement confirmé mais rapidement évident, plus que sous-entendu par les dialogues internes de Yoshiki et par la mise en scène (notamment des flashbacks). Yoshiki aimait Hikaru, n'a jamais pu le lui dire, n'a jamais pu passer outre les stigmates sociaux que cela engendrerait, et peut-être que cela le hante d'autant plus maintenant qu'Hikaru tel qu'il l'a connu n'est plus. L'amour romantique n'est pas le seul lien traité ici, la nature de l'attachement du second Hikaru pour Yoshiki est d'ailleurs encore floue, même pour lui (il faut dire que pour quelqu'un qui peine encore à pleinement comprendre le concept de mort car le concept même de vie lui était inconnu cela ne doit pas être facile d'appréhender une chose aussi complexe que la nature des émotions), en tout cas ils s'aiment tous les deux - on ressort même une de mes métaphores préférées pour traiter la romance de manière complexe et horrifique, à savoir l'envie de dévorer ou d'assimiler l'autre à son propre être (yay). J'apprécie aussi que, puisqu'il est question d'amour et d'attachement entre deux êtres, on aborde la situation émotionnelle complexe du fait de s'attacher à quelque chose qui ressemble en tout point à ce que l'on a aimé autrefois tout en reconnaissant que ce quelque chose est bel et bien différent, mérite d'être individualisé. L'œuvre est elle parfaite ? Bien sûr que non, je regrette par exemple certaines facilités scénaristiques comme le fait que les protagonistes et adjuvants ont une sacrée chance et tombent toujours sur l'individu capable de les sauver et/ou de leur raconter l'histoire exacte qu'il leur fallait pour avancer dans leur enquête. Cependant, même si pas parfaite, l'œuvre est très bonne, joliment mise en scène et dessinée, l'histoire racontée est touchante et angoissante, le mélange tranche de vie dans un village de campagne loin de tout et récit horrifique marche très bien, la fin du tome 6 me donne vraiment envie de savoir la suite (d'autant qu'on sait enfin à quoi ressemble ces fichus trous), ... Bref, la série est très bonne et mérite la lecture.

27/12/2025 (modifier)