Jours de chasse
En revenant sur la guerre qui a déchiré la Bosnie au milieu des années 1990, Christophe Dabitch et Jorge González signent un récit annonciateur d’événements que nous traversons aujourd’hui.
Auteurs argentins La Guerre de Bosnie-Herzégovine
Jours de chasse trouve sa source dans une pratique apparue durant la guerre en ex-Yougoslavie. En Serbie, des groupes d’hommes, qui partaient officiellement à la chasse le temps d’un week-end dans le sud du pays, en Bosnie, participaient en fait à la guerre avec des bandes de paramilitaires ou des armées locales. Par la pratique de la terreur, en prétextant une « guerre préventive », il s’agissait alors de définir un territoire ethniquement pur, d’en chasser les Bosniaques musulmans, de « libérer » les Serbes qui s’y trouvaient et d’imposer une claire frontière entre eux et ceux-ci. Le discours nationaliste qui avait été progressivement construit depuis la mort de Tito arrivait ainsi à son terme en déchirant la fraternité et l’identité yougoslave. Ces groupes d’hommes partis à la chasse rentraient ensuite chez eux le dimanche soir, ils reprenaient le cours de leurs vies, sans que personne ne sache ce qu’ils avaient réellement fait. Peut-on rester innocent dans un pays en guerre ? La fabrication de la peur de l’autre est-elle la condition pour le basculement nationaliste et l’entrée en guerre ? La guerre est-elle d’autant plus horrible que le lien fraternel était puissant auparavant ? Texte : L'éditeur
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| Date de parution | 05 Mars 2025 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
Un Serbe – expatrié quelques temps en Finlande – revient temporairement voir ses amis d’enfance. Nous sommes aux débuts des années 1990, et la guerre civile et les nettoyages ethniques battent leur plein. Notre jeune homme va se trouver confronté à une réalité difficile à accepter. Dans une postface, Dabitch explique en quoi son histoire familiale (il est issu d’une famille serbe, et a voyagé plusieurs fois dans la région peu après les « événements ») a pu le pousser à écrire cette histoire. Une histoire qui se laisse lire. Qui traite d’un sujet douloureux, et déjà pas mal traité. Dabitch le fait de façon dépassionnée, le calme du récit tranchant avec les massacres perpétrés à l’époque (même lorsque des gens sont tués, ça reste très « calme »). Par contre j’ai trouvé que le dessin de Gonzalez – assez clivant, mais que j’avais plutôt apprécié sur d’autres séries – accentuait trop cet aspect « dépassionné ». Le style/rendu ne convient peut-être pas à ce type de récit, je ne sais pas. Une lecture intéressante, mais pas autant que je ne l’avais espéré au départ.
Le scénario de cet album ne m'a pas trop convaincu. Un serbe qui a passé les dernières années en dehors du pays revient au début des années 1990 et il va découvrir petit à petit comment la situation et les mentalités ont bien changé. Ses amis l'en emmené à la chasse, mais ce n'est pas le genre de chasse à lequel il pensait et je pense que n'importe qui ayant des connaissances en histoire va vite comprendre ce qui se passe. J'ai vite trouvé le récit un peu confus. Ce n'est pas toujours facile à suivre, l'ethnie des personnages n'étant pas souvent claire par exemple. C'est peut-être fait exprès pour qu'on s'identifie au personnage principal, un expatrié qui ne semble pas trop avoir suivit l'actualité politique de sa patrie. En tout cas, je n'ai pas trop aimé lire l'album sans avoir été certain de bien comprendre certains passages. Le dessin n'est pas très attirant et ne dégage pas beaucoup d'émotions. Ce qui n'aide pas trop est que j'ai déjà lu des bandes dessinés sur les troubles dans l'ex-Yougoslavie qui étaient bien mieux. Cette BD n'apporte rien de nouveau et je me suis ennuyé. Peut-être que d'autres lecteurs vont mieux accrocher que moi.
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