L'Infiniment Moyen et plus si infinités dans les limites finies d'une édition minimaliste

Note: 2.5/5
(2.5/5 pour 2 avis)

Ne passez pas à côté du nouveau dispositif de Marc-Antoine Mathieu. Avec ce nouvel album, il expérimente la notion d'infiniment petit en réduisant son format d'exécution à celui d'un timbre-poste...


Marc-Antoine Mathieu OuBaPo Tout petits albums

Défini par l'auteur lui-même comme « ...une folie, au sens architectural du terme », cet ouvrage, réalisé au format de publication (chaque original occupant un espace de moins de 2 cm2) met en scène deux personnages, l'un physicien, l'autre philosophe, glosant sur les caractéristiques de l'infini, et plus particulièrement sur celles liées à l'infiniment petit. Livré avec une loupe, sous coffret.

Scénario
Dessin
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 01 Octobre 2025
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série L'Infiniment Moyen et plus si infinités dans les limites finies d'une édition minimaliste © Delcourt 2025
Les notes
Note: 2.5/5
(2.5/5 pour 2 avis)
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27/09/2025 | pol
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L'avatar du posteur Noirdésir

Marc-Antoine Mathieu ne m’a que rarement réellement déçu, et m’a souvent captivé, voire enthousiasmé avec ses séries qui, pour la plupart, c’est le moins que l’on puisse dire, ne manquent pas d’ambition. Je me suis à plusieurs reprises fait la réflexion que lorsqu’il contacte Delcourt pour un nouveau projet, son éditeur doit marquer un temps d’arrêt, voire calmer une brusque palpitation, tant celui-ci est soumis à quelques lourdes contraintes. Et ici il y a en a, puisque Mathieu nous propose une sorte de livre lilliputien, sans doute l’un des plus petits du monde, qui n’est réellement lisible qu’avec la loupe fournie dans l’album/étui permettant à l’acheteur de ranger cet album au milieu des albums « normaux » de sa bibliothèque. Amateur de paradoxes, Mathieu publie donc un livre minuscule traitant de l’infini. Le résultat ? Eh bien un ressenti très légèrement mitigé me concernant, mais globalement très positif. En fait mon principal – et quasi unique – grief vient justement de la taille du livre lui-même. Car, une fois passée la stupeur de la prise en mains (en doigts devrais-je dire), la lecture est quand même quelque peu mal aisée. Une main occupée par la loupe – il faut trouver à chaque page le bon angle et la bonne distance pour déchiffrer les dialogues ! – ne reste plus que les doigts de l’autre pour tenir le livre, l’orienter vers la loupe, et tourner les pages – en posant la loupe à chaque fois. L’ergonomie est mise à rude épreuve, et c’est cette difficulté qui a sans doute un peu freiné mon plaisir de lecture. Si le format est bien minuscule, Mathieu n’en a pas pour autant abandonné toute ambition, si ce n’est scénaristique, tout au moins narrative. C’est ainsi qu’il nous livre une sorte d’essai dialogué, le lecteur suivant deux personnages, dans leurs déambulations – au milieu des idées et des livres – et dans leur confrontation verbale, ininterrompue, avec comme centre d’intérêt l’infini. Les deux types discutent, se renvoient arguments et effets de mots – comme on le dit de manches – et Mathieu multiplient les jeux de mots, qui s’enchaînent de façon très fluide, en nourrissant parfaitement une réflexion pas si superficielle que ça. J’ai trouvé qu’il y avait du Masse dans cet album. En particulier les deux bonhommes m’ont à plusieurs reprises fait penser à l’album Les Deux du balcon. Ainsi, par-delà la prouesse éditoriale – et aussi la réelle difficulté de lecture – on a là un album ambitieux, qui satisfait plus que la curiosité des lecteurs, leur intellect ! Et si les deux philosophes jouent sur les mots, leurs échangent sont aussi ponctués d’humour – ce qui tend à alléger le propos. Une nouvelle fois, je ne peux que m’incliner devant cet auteur, qui se renouvelle régulièrement, qui ne sacrifie jamais l’ambition narrative à ses propositions osées sur le médium BD. Je vous recommande chaudement de jeter plus qu’un œil sur cette loupe !

27/05/2026 (modifier)
Par pol
Note: 1/5
L'avatar du posteur pol

Inutile de présenter l'auteur, Marc-Antoine Mathieu, génie parmi les génies qui se réinvente album après album et qui ne cesse de repousser les limites du médium de la bande dessinée. Vous pensiez avoir tout vu en matière de créativité loufoque ? Vous pensiez qu'après avoir joué avec l'espace, la 3D et l'anti case, qu'après avoir joué avec le temps en racontant une histoire complète en 3 secondes, on avait tout vu ? Erreur ! Marc-Antoine Mathieu signe une nouvelle folie : la BD la plus petite du monde. Un album de moins de 2 cm par 2 cm. Je ne sais pas si le plus fou c'est qu'il ait dessiné cet album dans ce format ou si c'est que Delcourt le suive dans son délire en éditant cet album. En tout cas, les choses sont faites en grand pour un si petit album : Un coffret cartonné sert d'écrin au livre.... et à la loupe qui est fournie avec ! De la folie jusqu'au bout. Malheureusement une fois qu'on a dit tout ça, et qu'on a salué l'idée et sa réalisation, ça se complique quand on ouvre l'album. Celui ci contient un essai philosophique sur l'infini, l'immensément grand, le fini. En quelque sorte une disserte de philo sur cette thématique en jouant sur les mots et leur sens, en passant en revue tout le champ lexical de l'infini. C'est pas le récit le plus inspiré de l'auteur, et ça ne se révèle pas passionnant. Coté dessin, on ressent la contrainte que s'est imposé l'auteur avec un trait qui balbutie un peu et un dessin souvent minimaliste. Même si il faut avouer que l'album contient quand même quelques belles surprises. Mais surtout le plus gros hic avec cet album tient dans sa douloureuse expérience de lecture : lire ce livre minuscule à la loupe. Poser celle-ci pour tourner la page, reprendre la loupe, galérer à faire le focus pour avoir un texte net et lisible, essayer de pousser ses doigts pour ne pas cacher la moitié de la page. Recommencer. 80 fois. Abandonner. Aussi folle que soit l'idée de cette BD réduite, il en ressort malheureusement une lecture pénible et beaucoup trop fastidieuse. Les presbytes n'ont aucune chance d'arriver à dépasser la page 10.

27/09/2025 (modifier)