Rivages lointains

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Amour et trahisons au cœur de la mafia.


1939 - 1945 : La Seconde Guerre Mondiale 1946 - 1960 : L'Après-Guerre et le début de la Guerre Froide Gangsters New York Nouveautés BD, comics et manga

1938, Chicago. Jules, un jeune immigré italien de 17 ans, vit de petits boulots jusqu'au jour où Adam Czar, un ponte de la mafia locale, séduit par son culot, lui propose de travailler pour le milieu en récupérant le pizzo payé par les commerçants en échange de leur protection. Attiré par l'argent facile et les beaux costumes, Jules accepte et s'intègre vite grâce à son bagout. Parallèlement, les deux hommes entretiennent dans le plus grand secret une relation amoureuse, situation particulièrement mal vue dans le milieu.

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 19 Janvier 2024
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Rivages lointains © Dargaud 2024
Les notes
Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)
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02/02/2024 | Mac Arthur
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L'avatar du posteur Mac Arthur

Objet plutôt imposant (240 pages), ce livre semble être la première œuvre de son autrice, Anaïs Flogny. Et le moins que je puisse dire est que, pour une jeune autrice, franchement, c’est impressionnant de maitrise narrative ! Pourtant, j’ai craint dans un premier temps de tomber dans un récit très convenu puisque Rivages lointains a pour personnage central un jeune émigré italien qui va, au fil des années, gravir les échelons dans la mafia new-yorkaise. Le récit démarre en 1938, lorsqu’il n’a que 17 ans, pour se terminer 22 ans plus tard. Or, des récits sur ce sujet, j’en ai déjà lus un fameux paquet ! Mais là où l’autrice se démarque, c’est dans le fait de coupler ce background à une histoire d’amour homosexuelle. Amour qui va lier Jules à son mentor, un caïd polonais de la pègre. Et plutôt que sur l’action, l’autrice se focalise sur les relations entre les personnages, sur les liens (amour, amitié, jalousie) qui seront à l’origine des drames auxquels nous allons assister. L’action est donc bien présente mais elle résulte des sentiments des personnages plutôt que d’une quelconque logique financière ou de luttes de pouvoir. Et en cela, je trouve que l’approche du récit de genre polar mafieux est originale. Mais si je parlais de maitrise narrative, c’est surtout du fait que l’autrice parvient par sa mise en page et sa colorisation à centrer l’attention du lecteur sur ses personnages. Les décors s’effacent à un point tel que certaines planches pourraient paraître extraite d’un shojo. La colorisation aux teintes uniformes estompe les arrière-plans et, par contraste, fait ressortir les personnages centraux. 240 pages de ce procédé pourraient endormir… et pourtant j’ai dévoré cet album. Alors non, tout n’est pas parfait. L’intrigue est cousue de fil blanc, les rebondissements ne surprennent pas vraiment, mais Anaïs Flogny semble disposer d’un talent précieux : celui de décrire avec sensibilité des personnages mélancoliques et torturés. Une première œuvre d’une grande maîtrise et une autrice très certainement à suivre.

02/02/2024 (modifier)