Les Sanson et l'Amateur de souffrances
Les Sanson sont une famille de bourreaux qui a officié entre le XVIIe et le XIXe siècle. Ils exécutèrent notamment Cartouche, Robert-François Damiens, Louis XVI et Marie-Antoinette, Robespierre, Lavoisier, Charlotte Corday, Danton ou encore Lacenaire. S’inspirant de cette funeste dynastie, Patrick Mallet livre un récit haletant comme une série TV, mêlant habilement la Grande Histoire au fantastique pour manipuler le lecteur tel l’Amateur de Souffrance avec ses bourreaux.
Auteurs suisses
Fin du XVIIe siècle, dans la campagne rouennaise. Suite à une chute de cheval, Charles-Louis Sanson est recueilli par un fermier taciturne et sa fille, Marguerite. Alors qu’il tombe amoureux de la belle, le jeune homme ne s’imaginait pas épouser la fille de Pierre Jouenne, bourreau de la région ! En bon gendre, Charles hérite donc de la funeste tâche et devient exécuteur à son tour. Mais en plus de la mort qui jalonnera son parcours, il hérite d’un autre compagnon d’infortune : L’Amateur de Souffrance. Un monstre à apparence humaine et auteur d’un sombre pacte avec tous les bourreaux du pays, s’abreuvant de la souffrance des autres au moment du supplice final pour conserver une jeunesse éternelle. Car quoi de mieux qu’assister à une exécution publique pour assouvir cela ? Incapable de se résoudre à pactiser avec le diable en personne, Charles Sanson mettra tout en œuvre, jusqu’à former son fils et tous ses descendants, pour lutter contre ce personnage terrifiant qui traverse les âges. Une lutte sur six générations s’engage…
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Genre
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| Date de parution | 20 Février 2019 |
| Statut histoire | Série terminée (d'autres cycles sont toutefois possibles) 3 tomes parus |
Les avis
Je m’attendais à lire une biographie d’une « dynastie » de bourreaux, célèbre pour avoir officié dans la capitale aux XVIIème et XVIIIème siècles (voire un peu au-delà). C’est un peu ça bien sûr. Mais, rapidement, l’intrigue bifurque vers autre chose. L’amateur de souffrances n’est pas le bourreau, comme je l’avais au départ imaginé, mais un personnage – puis d’autres, qui puisent dans la vision des souffrances infligées une sorte de remède miracle contre le vieillissement, une jouissance pas seulement sadique, mais aussi quasi orgasmique. Cet aspect de l’histoire rapproche cette série de certains romans gothiques, avec un fantastique noir et inquiétant, vaguement horrifique. Toutefois, une fois la situation mise en place, j’ai trouvé que le scénario en rajoutait un peu trop au niveau des pouvoirs de nuisance de cet « amateur ». Qu’il soit une sorte de Gilles de Rais moderne passe encore, mais qu’il soit l’instigateur de plusieurs régicides, voire de la Révolution française, en influençant à ce point certains personnages – et à travers eux la marche de l’Histoire – ça fait un peu trop. Ce travers s’accentue dans le deuxième, encore plus dans le dernier album – ce que je regrette un peu (j'aurais sans doute arrondis au supérieur sans ça). Au final, ça reste quand même une série plaisante, qui exploite bien l’Histoire, nous présente le « métier » de bourreau (et ici on est même surpris de découvrir des bourreaux presque humanistes, cherchant à limiter les souffrances de leurs « clients »), avec un dessin au trait gras mais lisible et pas désagréable. Note réelle 3,5/5.
Plaisante série que voici. Elle nous propose un récit teinté de fantastique reposant sur un très solide socle historique. Et les deux volets m’ont franchement plu même si le dernier tome offre des rebondissements un peu trop improbables à mon goût. Au niveau historique, le parcours de cette famille de bourreaux permet de revenir sur cette profession et sur son évolution au fil du temps. Les informations sont nombreuses et intéressantes pour qui ce type de sujet parle. Elles sont toutefois distillées avec parcimonie, n’étouffant jamais l’aspect fictionnel du récit. Le résultat est que l’on apprend pas mal de choses sans jamais s’ennuyer. En ce qui concerne l’aspect fictionnel, cette lutte entre les Sanson, bourreaux de père en fils, et l’Amateur de souffrances, qui rajeunit grâce au plaisir qu’il prend à voir souffrir d’autres, est bien menée. L’Amateur est intriguant et détestable, les bourreaux touchent par leur envie de bien faire leur travail sans éprouver de plaisir à faire souffrir (bien au contraire). Le récit tient en haleine et si je n’ai pas été pleinement convaincu par certains revirements et certaines surenchères dans le troisième tome (ce qui coûte d’ailleurs la quatrième étoile à la série), je n’ai pas boudé mon plaisir et ai terminé ce triptyque en me réjouissant du fait que de nouveaux récits dans ce même univers demeuraient possibles. Côté dessins, le trait de Boris Beuzelin, assez épuré et disposant d’un encrage épais, n’est pas de ceux que je préfère d’habitude. Il convient cependant bien au récit proposé et dispose d’évidentes qualités, à commencer par sa facilité de lecture. Les décors demeurant souvent très secondaires, l’œil se focalise sur les personnages qui y gagnent en magnétisme. Pas mal du tout, en somme. Une série qui parvient à divertir dans le genre « horreur » tout en éclairant une profession fascinante.
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