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Vieille, moche et méchante

Note: 2/5
(2/5 pour 1 avis)

Farce politique.


Auteurs argentins Echo des Savanes Trash

A peine débarqué de Buenos Aires, et de la presse enfantine, Cuneo frappe fort. Cruel, drôle, impitoyable, il a gardé, de son Argentine natale, une violence congénitale, et le goût des grands mythes. Toutes les tribus de notre époque en prennent pour leur grade dans cette vaste comédie qui tourne au jeu de massacre. Avec, par ordre d'entrée en scène: une mémé de choc: Apollonia, un dictateur cacochyme et son épouse Evita (ça ne vous rappelle rien ?). Si vous les croisez, mieux vaut vous armer d'un bazooka. Leur humour est plutôt du genre corrosif !

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 1990
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Vieille, moche et méchante

15/07/2021 | Noirdésir
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L'avatar du posteur Noirdésir

Si tout le monde n’est pas vieux dans cette histoire, tous les personnages sont moches (physiquement et dans leur attitude) et férocement méchants ! Cuneo, auteur argentin que je découvre avec cet album (je ne sais pas s’il a publié autre chose) a ici fait un mixe entre sa culture d’origine (un caudillo sénile avec une femme prénommée Evita…) et la France où il s’était installé (l’action se passe dans un Paris revisité). Résumer l’histoire serait difficile et inutile. C’est un gros défouloir, un jeu de massacre mêlant le loufoque, une dose de trash et de provocation, un érotisme moche, et une furieuse critique de certains travers de nos sociétés (inégalités sociales, peoplisation de l'actualité, intolérances contre les minorités et prétendues déviances sexuelles, etc.). Cuneo ne s’embarrasse pas avec de la finesse ou une quelconque vision cartésienne des choses. Bien au contraire, ça part dans tous les sens, les dialogues fusent, les attentats et fusillades dézinguent à tout-va. Le casting (que la couverture met en avant, à défaut de le mettre en valeur) est déjà des plus improbables. Dans un pays imaginaire (une Argentine parisienne donc), théoriquement dirigé par un dictateur grabataire et mourant, nous suivons une vieille rombière, Apollonia, grande bourgeoise remplie de prévention de classe, qui est là pour bien vivre, s’en mettre plein les poches, et dézinguer du pauvre (à coup d’insultes et de balles). Elle est accompagnée d’un petit fils, nabot nazillon capricieux et infecte répondant au nom de Jean-Marie…, est copine de la femme du dictateur, Evita (qui montre en permanence un sourire ravageur et une poitrine et des fesses débordant de ses courts vêtements). Régulièrement, des pauvres viennent quémander une petite part du gâteau, et des terroristes dynamitent et échangent quelques tirs avec Apollonia. Tout est outrancier, du dessin hautement caricatural (même la colorisation est criarde) au scénario, un brin déjanté (du Vuillemin, du Reiser, un chouia d’Edika dans certaines caractéristiques du dessin et du scénario). Pourquoi pas ? Mais ce défouloir un peu gratuit m’a un peu lassé au bout d’un moment. C’est finalement trop linéaire, monocorde, et l’humour s’émousse rapidement. A noter que Cuneo, qui a pas mal publié dans les magazines liés à la communauté homosexuelle, cherche parfois à illustrer la liberté sexuelle (et fait plusieurs allusions aux remarques haineuses contre les malades du sida qui pouvaient être faites à l’époque). C’est un album pas courant, mais qui m’a un peu laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.

15/07/2021 (modifier)