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Trois heures

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Mana Neyestani est réfugié en France depuis 2011 après avoir dû s'enfuir d'Iran à cause d'un dessin, des événements qu'il a décrits dans son premier livre, Une Métamorphose Iranienne (çà et là/arte éditions, 2012). Dans Trois Heures, il raconte comment sa condition de réfugié lui pèse, condamné à ne pas pouvoir revenir dans son pays où il risque la prison à vie, tout en ne sentant pas encore chez lui en France. Cette condition lui a été cruellement rappelée en 2017, au moment où il s'apprêtait à s'envoler pour le Canada pour rendre visite à son frère.


Cà et Là Les petits éditeurs pendant la pandémie

Bloqué à l'aéroport par la compagnie aérienne qui ne savait pas comment traiter son titre de voyage de réfugié, Mana Neyestani s'est heurté à un mur d'incompréhension. Trois Heures détaille cette longue attente durant laquelle il ne peut que constater son impuissance et le peu d'attention accordée aux personnes dans sa position. C'est aussi l'occasion pour cet homme timide qui n'ose jamais élever la voix ou défendre ses intérêts de se livrer à un exercice d'introspection. Un récit poignant, parfois drôle et tout le temps honnête, sur un homme forcé à l'exil mais dont le pays d'accueil le traite encore trop souvent comme un intrus.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 08 Octobre 2020
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Trois heures

09/07/2021 | cac
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Par cac
Note: 3/5

J'ai déjà lu plusieurs, si ce n'est tous, des précédents ouvrages de Mana Neyestani parus en France. Ici il se saisit d'une anecdote qui lui est arrivée quand il a voulu prendre un vol depuis Orly vers le Canada pour la promotion de ses livres où il est resté 3 heures à poireauter car il y avait un problème avec son passeport. Il faut dire qu'il est réfugié, donc il a du fuir sa patrie et vit en France mais ne se sent pas complètement accepté comme un citoyen à part entière. Et son passeport de réfugié, je ne savais pas qu'un tel type de passeport existait, ainsi que le visa qu'il a du obtenir pour pouvoir voyager ont été un parcours du combattant avec l'administration, chose qu'il a déjà pu expérimenter et dénoncer dans ses précédents livres. Et pendant ces 3 heures on peut dire qu'il gamberge beaucoup, s'imaginant comment il est perçu des autres voyageurs qui défilent et obtiennent sans difficulté leur carte d'embarquement, mais aussi se jugeant depuis son enfance et son éducation convoquant son taiseux de père comme témoin et source de sa passivité, avec un contexte national particulier où il ne fallait pas faire de vague, et qui fait qu'aujourd'hui encore il a du mal à s'insurger de son traitement peu attentionné. On a presque l'impression que sa vie défile, un homme qui encore reste humble et non revendicatif s'estimant déjà chanceux de l'asile qui lui a été donné.

09/07/2021 (modifier)