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Hysteria

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Scènes de la vie quotidienne.


BD muette Les coups de coeur des internautes

Claudius Gentinetta observe le fourmillement de la vie d'une grande ville polonaise. Son imagination l'aide à compléter ce que ses yeux ne voient pas. Il en ressort une vision noire et poétique de la vie.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Février 2000
Statut histoire Histoires courtes 1 tome paru
Couverture de la série Hysteria

02/05/2021 | Noirdésir
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L'avatar du posteur Noirdésir

Edition Moderne est une maison d’éditions helvétique germanophone. Mais ici cela ne pose pas de problème, puisque l’album est entièrement muet, et que les explications données sur son travail par Claudius Gentinetta (auteur que je découvre avec cet album) sont en Allemand et en Français. Les trois histoires qui composent ce recueil ont été écrites lorsque l’auteur – bénéficiant d’une bourse (sorte de résidence d’auteur) – a passé un an à Cracovie en Pologne. Ne parlant pas la langue, ne connaissant pas grand monde, Gentinetta dit avoir passé beaucoup de temps à regarder par la fenêtre, à suivre du regard les gens dans la rue, à imaginer leurs pensées, leur vie, etc. C’est ainsi que ces trois histoires semblent a priori imprégnées d’un morne quotidien, nous suivons quelques personnes dans leurs déambulations citadines. Mais c’est le traitement de ces histoires qui fait tout le prix du travail de Gentinetta. En effet, j’ai vraiment beaucoup aimé son dessin (sans doute à la carte à gratter ?), au rendu très sombre – dans tous les sens du terme. Les cases sont très chargées, de personnages, de décors aux multiples détails, et tout ceci est traité de façon baroque, avec un trait nerveux, mais surtout un refus de se soumettre aux règles de la proportion, de la perspective : tout est brinquebalant, difforme, déformé : un travail qui possède certaines accointances avec celui de Vanoli ou d’Andersson. On le voit on est dans une sorte d’underground, mais à l’esthétique forte, originale, qui poétise la noirceur de l’existence, sans en occulter la violence (voir en particulier la deuxième histoire). A feuilleter avant d’aller plus loin, car il faut être réceptif à ce genre de production. Mais c’est en tout cas un univers qui me parle, et que j’ai apprécié de découvrir. Note réelle 3,5/5.

02/05/2021 (modifier)