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Cruelle

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Les apprentissages de l'enfance version un peu trash.


Autobiographie

Avec Cruelle, Florence Dupré Latour commence une réflexion singulière sur l'identité. Florence Dupré Latour raconte comment, de son enfance jusqu'à la fin de son adolescence, elle a torturé, mutilé, tué les petits animaux de compagnie qui lui passaient entre les mains. Version trash des Malheurs de Sophie, ce récit est stupéfiant, singulier et plein d'humour. L'auteure est cruelle mais nous renvoie à une vérité universelle : un bambin qui joue, c'est aussi un redoutable prédateur, un Attila ivre de conquêtes et de pouvoir, un savant fou prêt à toutes les expériences... Un album singulier et atypique. (site éditeur)

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 22 Janvier 2016
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Cruelle
Les notes (1)
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02/10/2020 | Noirdésir
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J’ai lu il y a peu de temps le début d’une autre série autobiographique de Florence Dupré la Tour, Pucelle, qui tourne entièrement autour du tabou entretenu autour du sexe par ses parents, et des conséquences que cela a produit sur l’enfance et la personnalité de l’auteure (cette question n’est évoquée que furtivement ici, vers la fin de l'album). Ici, avec « Cruelle », le point de départ et le même, la prime enfance de l’auteure en Argentine (puis l’installation dans une propriété en Champagne – Nagot, que Dupré la Tour dépeint toujours comme un royaume de bonheur, et enfin l’adolescence à la Guadeloupe), mais c’est ici axé – comme l’indique le titre – sur certains souvenirs marquants par leur violence. Nous la voyons donc martyriser lapins, cochons d’Inde (certains épisodes seront d'ailleurs réutilisés dans Pucelle, sous un autre éclairage), avec toute la naïveté, les fausses certitudes, la maladresse et la cruauté d’une gamine en manque de repères, mais qui fait l’apprentissage de la vie. S’ajoute à cela d’autres moments douloureux (les animaux de la ferme tués pour être mangés, le visionnage du documentaire « de Nuremberg à Nuremberg » à 7 ans !, la rupture avec son chien Chica, etc.). On a là tout un tas de raisons pour prendre un abonnement chez un psy, l’auteure nous faisant presque visiter ses névroses en train de naitre. La narration est fluide, la lecture rapide (peu de textes finalement), et le dessin, simple, passe très bien. Une lecture sympathique. Dargaud annonçait lors de la sortie de cet album la publication de deux autres tomes pour ce qui était à l’époque prévu pour être une trilogie (« Branleuse » en 2017 et « Jumelle « en 2018), mais il semblerait que cela n’ait pas paru, et que l’auteure ait changé de fusil d’épaule, pour présenter ensuite un autre versant de son autobiographie avec une autre série déjà évoquée, Pucelle, chez le même éditeur.

02/10/2020 (modifier)