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Le juge, la République assassinée

Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)

L'assassinat du juge Renaud toujours impuni depuis 1975.


1961 - 1989 : Jusqu'à la fin de la Guerre Froide Ecole Emile Cohl Lyon Politique

Le juge Renaud , surnommé le "Shérif" pour ses méthodes atypiques, a gardé de son engagement actif dans la Résistance une certaine idée des valeurs à défendre, et aussi un courage à toute épreuve. Lorsqu'il se trouve à la tête de toutes les enquêtes traitant de braquages dans la région lyonnaise, et celles-ci le menant vers quelque chose de plus gros, des complicités au sommet de l’État pour financer des partis politiques, il ne va pas céder aux pressions, et va vouloir aller jusqu'au bout. S'approchant trop près de la vérité, il sera assassiné en 1975. Depuis, bizarrement, l'enquête est au point mort...

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 22 Mai 2015
Statut histoire Série terminée 3 tomes parus
Couverture de la série Le juge, la République assassinée
Les notes (1)
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10/05/2020 | Noirdésir
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Dans ce triptyque, au travers de cette affaire célèbre, Berlion reconstitue très bien le décor de l’époque. La ville de Lyon aussi – qu’il aime particulièrement je crois (il en est originaire). Mais surtout une époque, les « années de Gaulle/Pompidou », ces débuts de la Vème République marqués par une atmosphère assez lourde, dès lors qu’on s’approchait de trop près du pouvoir. Le SAC en particulier, ce « service d’ordre » gaulliste, qui a recyclé des barbouzes, des anciens de la guerre d’Algérie et de la collaboration, et à qui l’on doit probablement quelques « affaires » non élucidées, comme la mort du ministre Robert Boulin, ou donc celle du Juges Renaud, liée aux braquages du "gang des Lyonnais", et au probable financement des partis gaullistes (jusqu'au RPR) donc, l’objet de cette série. J’avais connu cette affaire avec le film d’Yves Boisset « Le juge Fayard, dit le shérif », dans lequel le personnage était interprété – habité devrais-je dire – par l’excellent et regretté Patrick Dewaere. Berlion s’est bien documenté – si j’en crois l’importante bibliographie en fin de premier tome, et il prend le temps de poser le contexte, de bien situer les personnages les uns par rapport aux autres, dans une narration classique et lente – c’est le principal reproche à faire à cette série, mais c’est du solide. Ayant bénéficié de l’aide du fils du « juge », des docs personnels (photos, anecdotes) enrichissent les albums, et donnent à cette série un petit air de « contre-enquête », un travail de mémoire et surtout un appel du pied pour que la lumière – et la justice – soient enfin faites. C'est que nous avons aussi là, en plus de l'aspect polar ou enquête journalistique, le portrait attachant d'un "personnage", fort malgré ses faiblesses, mais droit dans ses bottes - de cow-boy forcément ! Entre polar pur et documentaire sur les liens entre le « milieu » et certains politiques (liés aux partis gaullistes successifs), cette série se lit agréablement. C’est carré et prenant. Et le dossier en fin du dernier album complète parfaitement cette présentation à charge d’un des grands scandales de la Vème République - tout en ne nous laissant pas beaucoup d'espoir de connaitre officiellement la vérité. En effet, les responsables sont à l'abri, et seront morts depuis longtemps (Pasqua l'est déjà) si un jour des noms "sortent". Les amateurs de thrillers classiques, et de documentaires sur les scandales politico-financiers trouveront leur bonheur dans ces trois albums. Note réelle 3,5/5.

10/05/2020 (modifier)