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Nick Carter et André Breton - Une enquête surréaliste

Note: 3.33/5
(3.33/5 pour 3 avis)

Enquête policière prétexte à un hommage aux "serials" et au mouvement surréaliste.


David B. Format à l’italienne Romanciers et Monde littéraire

Sous couvert d’une enquête pleine de références et de folie imaginative, David B. aborde avec magnificence, intelligence et humour le surréalisme, mouvement artistique du XXe siècle. André Breton, le fondateur du mouvement, est bien démuni : il n’a plus de femme dans sa vie, ses compagnons surréalistes sont partis ou ont été exclus et surtout, il lui semble qu’il a perdu ce qui faisait l’âme du surréalisme. Il engage donc son ami, le détective Nick Carter, pour enquêter et retrouver cette chose indicible qui lui aurait été volée. Nick Carter va parcourir le temps et l’espace dans un entrelacement de décors fantastiques, de personnages tortueux, de femmes fatales, de situations périlleuses, de crimes et de machines extraordinaires pour remettre la main sur ce qu’André Breton appelait « l’or du temps ». (site éditeur)

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 20 Novembre 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Nick Carter et André Breton - Une enquête surréaliste
Les notes (3)
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25/01/2020 | Noirdésir
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Par PAco
Note: 3/5
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Encore une magnifique production de chez Soleil dans la collection Noctambule, qui décidément avec son autre collection Métamorphose, fait la part belle au bel ouvrage. Là, petit format à l'italienne que j'affectionne, couverture toilée pour mettre en valeur une superbe couverture de David B. : on est gâté ! Ajoutez à cela une histoire qui fait la part belle au surréalisme, mouvement artistique qui m'a toujours intrigué, voilà de quoi me réjouir pleinement avant même de commencer ma lecture. David B. s'amuse à nous concocter un album très graphique où sa maîtrise du noir & blanc fait merveille en nous proposant une succession de planches qui nous propose de suivre le détective Nick Carter, personnage emblématique des romans feuilletons américains de la première moitié du XXe siècle. La littérature feuilletonesque de cette période s'inspira donc beaucoup de ce personnage, et les surréalistes s'en donnèrent d'ailleurs à coeur joie lâchant la bride à leur imagination débridée et à leur goût pour l'improvisation. Si j'ai grandement apprécier le travail graphique de David B. dans cet hommage rendu, l'histoire surréaliste qu'il nous propose de suivre ne m'a pas pour autant passionnée. Alors oui, on se plaît à retrouver les personnages marquants qui ont fait la renommée de ce mouvement artistique, mais sorti de là ce fût plus pour moi un régal des yeux qu'une histoire transcendante. Je me suis donc laissé plonger dans ces planches remarquables, hypnotisantes où surgissent petit à petit une foultitudes de détails qu'on se surprend de n'avoir vus avant. Au final, un très bel album, un régal pour les yeux, mais n'attendez pas forcément une histoire classique ; un bel hommage au surréalisme.

17/02/2020 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
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Depuis le temps que David B. faisait la part belle à l’onirisme à travers son œuvre, il paraissait logique qu’il finisse par produire un ouvrage sur le surréalisme. Et pour parler du surréalisme, quoi de plus normal que de convoquer André Breton, l’un des illustres théoriciens de ce mouvement artistique né au début du XXe siècle. Pour évoquer l’homme, David B. s’est centré sur la seconde partie de sa vie, à partir de 1930. Il a eu en outre cette idée originale de la raconter sous l’angle de la fiction, en faisant référence à une personnage de roman-feuilleton américain de l’époque, le détective Nick Carter, qui vivait toutes sortes d’aventures échevelées, ce qui plaisait beaucoup aux surréalistes. C’est donc dans une aventure pareillement échevelée, entre réalité et fiction, que l’on va suivre le détective, engagé par Breton pour retrouver quelque chose qu’on lui a dérobé, sans qu’il puisse le nommer… L’action débute à la période où le groupe surréaliste vient d’exploser, entraînant son lot de querelles et de haines entre les acteurs du mouvement. Carter va ainsi rencontrer entre autres Robert Desnos, Nadja, l’ancienne maîtresse de l’écrivain, Salvador Dali, Gala, Louis Aragon, ainsi qu’un autre personnage fictif issu de la littérature feuilletonnesque comme le diabolique docteur Quartz. Bien évidemment, on pourra difficilement trouver une quelconque rationalité dans cette histoire à l’imagination débridée, avec la présence récurrente de symboles plus ou moins ésotériques. On tentera au mieux de démêler le vrai du faux, la plupart des faits concernant les artistes étant avérés, telle la rencontre entre Trotsky et Breton au Mexique ou la rupture avec Paul Eluard. Si le parti pris narratif est original, le point fort de l’ouvrage, qui est une succession de planches pleine page et donc pas vraiment une bande dessinée, demeure sans conteste le dessin de David B., qui rend ainsi un magnifique hommage à ce mouvement artistique, en y injectant sa propre noirceur. Dans un tourbillon incessant, fantômes, squelettes, créatures fantasmagoriques et masques inquiétants viendront peupler cette parabole surréalistico-paranoïaque. Comme d’habitude, le noir et blanc va comme un gant au trait si particulier de l’auteur de L'Ascension du Haut Mal, à la fois rigide, minutieux et foisonnant, venant nous rappeler que le merveilleux peut être aussi fait d’angoisses insondables. L’ouvrage bénéficie en outre d’un tirage splendide au format italien, avec une couverture entièrement toilée, ce qui en fait littéralement un objet d’art, un plaisir de collectionneur.

16/02/2020 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Je suis passionné de poésie, et particulièrement par le mouvement surréaliste (que ce soit au niveau politique, poétique et pictural – ces trois aspects formant un tout indissociable). C’est donc avec grand intérêt (mais aussi avec quelques craintes) que j’attendais cet album, après en avoir entendu parler (d’autant plus que David B. est un auteur que j’apprécie plutôt). Ma première surprise est de retrouver cet album chez Soleil, alors qu’il aurait très bien pu être édité par L’Association, berceau habituel de l’auteur, et chez qui il vient de publier un album au format à l’italienne similaire, « Le Mort détective ». Mais bon, c’est dans la collection Noctambule de Soleil, et donc l’habillage est de qualité (c’est clairement l’une des meilleures, sinon la meilleure collection de cet éditeur pas toujours « haut de gamme »). David B. a choisi pour cette « histoire », de mêler le feuilleton tel qu’il se pratiquait au début du XXème siècle dans la littérature populaire (et qu’adoraient les surréalistes, Breton, Desnos et Prévert en tête) à la vie du mouvement surréaliste et principalement de celui qui de l’extérieur apparaissait comme son « leader », André Breton. La narration est fluide. Chaque page est occupée par un dessin (le plus souvent chargé, dans le style classique de l’auteur, un peu stylisé), avec en dessous un texte développant, sinon une intrigue, du moins une « histoire », une sorte d’enquête, mais aussi, plus qu’en filigrane, l’évolution du mouvement surréaliste. C’est là que le bât blesse d’après moi. En effet, sans vouloir passer pour un gardien du temple, je trouve que David B. n’a qu’une connaissance superficielle du mouvement, et qu’il a trop facilement repris quelques clichés (sur l’autoritarisme de Breton – ne parle-t-on pas de « pape » à son propos, contre toute évidence pour qui connait ses idées, et le mode de fonctionnement réel de sa pensée et du mouvement, ce que la lecture de ses correspondances, qui commencent à être publiées depuis 2016 permet de préciser). Ceci s’accompagne donc d’imprécisions, voire d’erreur (sur les motifs de la rupture entre Breton et Aragon – qui ne se sont sûrement pas rencontrés aux Etats-Unis ! – entre Breton et Dali, etc.). Breton a déjà été utilisé de très nombreuses fois dans des romans, et c'est généralement peu concluant - les polars de Pécherot étant sans doute une exception. Après, libre à chacun de créer sa propre histoire, et cet album n’a rien d’historique. Mais l’hommage qu’il voulait ou prétend rendre à Breton, détourne trop la réalité pour que je m’y retrouve vraiment - d'où ma relative déception. Reste le dessin de David B., que j’aime bien, et un hommage aux « feuilletons », aux serials, lui plutôt sympathique. D’où ma note « moyenne », du fait des partis pris que je conteste. Note réelle 2,5/5.

25/01/2020 (modifier)