Le Sens de la vie et ses frères

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Anecdotes poétiques et absurdes tirées d'une observation de la banalité du quotidien.


Le 25 juin 2005, lassé d’attendre que son pantalon se défroisse, Éric Veillé décide de partir à la recherche du sens de la vie. Equipé d’un carnet à dessin et d’une paire de lunettes, il mène sa quête entre Pornic et Le Pouliguen. Se faufilant entre boulimiques en anorak et Nadine habituelles, il recueille chuchotis, grommelots et ronchonnages dans de petits sachets. Sous ses yeux, une humanité doucement abrutie profite de l’absence du chef pour siffler au bureau, grignote de petits apéritifs en papotant et attend la mort pour pouvoir dire : « Ah, la voilà ». Les hommes ressemblent parfois à Gérard Jugnot. Ils portent souvent une moustache à la place d’un prénom et regardent leurs semblables mâcher de la nourriture. Ce n’est pas passionnant mais ça change. L’ennui se glisse dans les plis de la peau et pour se distraire d’un quotidien au goût de francfort industrielle, on évoque les mauvais moments ou les meilleurs, qui sont d’ailleurs les mêmes. On parle, on parle et un jour ça s’arrête. On se rend compte, alors, que pour le sens de la vie, il fallait prendre la sortie d’avant. De toute façon, à cause des bouchons, on ne serait pas revenu à temps pour le dîner. (Site éditeur)

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Mai 2008
Statut histoire Histoires courtes 1 tome paru
Couverture de la série Le Sens de la vie et ses frères
Les notes (1)
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18/11/2019 | Noirdésir
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Le titre, la couverture, la présentation de l’éditeur, ainsi qu’un rapide feuilletage, tous les indices concordent, et ne laissent planer aucun doute quant au contenu de cet album au tout petit format – mais à la présentation soigné par Cornélius (comme toujours !) : nous sommes là en présence d’une sorte d’ovni, qui doit autant sinon plus à la poésie qu’à la bande dessinée « pure ». Il faut donc être réceptif à ce genre d’œuvre pour envisager l'achat. D’autant plus que le dessin, simple, très simple, sans fioritures, peut lui aussi rebuter. Je le trouve moi tout à fait complémentaire de ces petites histoires d’une page, de ces petites anecdotes glanées dans la rue, dans la vie, dans l’imagination d’Eric Veillé (auteur que j’ai découvert avec cet album). Que dire de ces « histoires », si ce n’est qu’elles ne se résument pas, qu’elles ne se prêtent pas à l’interprétation ni à la classification : on entre ou pas dans cet univers, comme on traverse une nappe de brouillard. De la poésie ai-je dit. Mais aussi une pincée d’humour noir (au sens où l’entendait Breton), une bonne dose d’absurde aussi. Des ingrédients qui donnent à ce plat un exotisme d’autant plus surprenant qu’Eric Veillé ne fait qu’utiliser des mots, des images simples. Mais j’ai bien aimé – sans tout comprendre – ces petits poèmes à peine habillés d’images, ces vignettes à peine habillées de mots. Inclassable, oui, résolument. Une petite curiosité à réserver aux curieux. Rationnels et raisonnables s’abstenir.

18/11/2019 (modifier)