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La Trahison du Réel

Note: 4/5
(4/5 pour 2 avis)

Dans La Trahison du Réel, Céline Wagner retrace le destin d'Unica Zürn, l'une des icônes du surréalisme, restée longtemps dans l'ombre de son compagnon, l'artiste Hans Bellmer, qui n'a pourtant eu de cesse de faire (re)connaître son génie.


1946 - 1960 : L'Après-Guerre et le début de la Guerre Froide Biographies Folie La BD au féminin La Boite à Bulles Milieux artistiques Paris Peinture et tableaux en bande dessinée

Dans La Trahison du Réel, Céline Wagner retrace le destin d'Unica Zürn, l'une des icônes du surréalisme, restée longtemps dans l'ombre de son compagnon, l'artiste Hans Bellmer, qui n'a pourtant eu de cesse de faire (re)connaître son génie. Après une enfance détruite par un viol et l'absence d'un père adoré, sa passion pour les artistes peuple ses livres. Installée à Paris, elle côtoie les créateurs les plus talentueux de l'après-guerre, notamment les surréalistes, et nourrit sa fascination pour les visages. Unica peint, écrit mais vend peu de dessins, gère mal sa carrière, et enchaîne les crises délirantes dans lesquelles Hans revêt bien souvent le visage de ses tourments.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 03 Avril 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série La Trahison du Réel
Les notes (2)
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13/08/2019 | Ro
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L'avatar du posteur Noirdésir

C’est complètement par hasard que je suis tombé sur cet album, dont le sujet m’intéresse pourtant au plus haut point. En effet, je suis passionné par le surréalisme, Hans Bellmer est un artiste qui m’attire/m’intrigue, et je connais bien et apprécie énormément les dessins d’Unica Zürn (j’ai hélas raté une récente petite exposition à Paris de ces mêmes dessins…). L’album retrace donc les névroses d’Unica, ses relations avec Bellmer (dont le travail sur les « poupées » apparait dès les premières pages). Centré essentiellement sur l’année 1957, il rend bien compte de la personnalité de cette femme « hors norme ». L’auteure s’explique longuement en fin de volume sur ses choix, sur les libertés prises avec la réalité. Cet important dossier final est d’ailleurs très intéressant, et à lire pour mieux comprendre et le travail de Céline Wagner et surtout la personne d’Unica Zürn, souvent « oubliée » des anthologies ou études sur le mouvement, parfois simplement incluse dans l’ombre de Bellmer (ce qu’elle n’était pas). Je trouve que le travail de Céline Wagner est intéressant, son approche respecte et éclaire Unica. Mon seul bémol concerne le dessin : original, pas inintéressant, je ne l’ai pas forcément trouvé à mon goût – mais là n’est pas le plus important. En tout cas, c’est un album à recommander pour qui voudrait en savoir un peu plus sur cette créatrice, et sur certaines formes de création, « l’art des fous », la poésie surréaliste. je suis content de cette découverte. Note réelle 3,5/5.

04/04/2020 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ro

Unica Zürn est une poétesse et dessinatrice surréaliste d'origine allemande ayant côtoyé André Breton, Dubuffet et autres artistes célèbres du Paris des années 1950. Au-delà de ses compétences artistiques, elle est également connue pour souffrir de schizophrénie et de bouffées délirantes. C'est d'ailleurs en grande partie sa psychose qui forge la structure de son art. Cette BD nous invite à la suivre en 1957, époque où elle vit avec le plasticien Hans Bellmer mais où sa folie va atteindre un point culminant qui la mènera à séjourner en hôpital psychiatrique. Je ne connaissais rien de cette artiste. Et à vrai dire, en entamant cet album, les premières pages ont failli me rebuter au point de me donner envie de le refermer. Car l'auteure nous plonge directement en pleine crise délirante d'Unica, un univers surréaliste et paranoïaque où le lecteur est perdu d'emblée. Ce n'est que quelques pages plus tard que la réalité reprend sa place et que le puzzle se recompose pour permettre au lecteur de mieux appréhender ce dont il est le témoin. Céline Wagner a su retranscrire la psychose et la schizophrénie avec brio. Tout son travail graphique tend vers cette retranscription. En couleurs directes et intenses par leur contraste, il plonge le lecteur dans un univers où s'opposent le bleu froid, le jaune sinistre et le rouge violent tandis qu'alternent moments de folie, de réalisme et de crainte paranoïaque. La couleur n'est pas tout car la dessinatrice joue aussi sur le réalité de ce qu'elle expose, représentant ça et là vues et décors dissolus comme pour mieux faire ressentir aux lecteurs la vision du monde de l'artiste malade et sujettes à différentes hallucinations légères. Le résultat est percutant et a réussi à me toucher et à me faire ressentir les bouffées délirantes autant que les angoisses de l'artiste dont la raison perd pied. Plusieurs planches nous offrent en outre des images des œuvres de l'artiste elle-même que je trouve très belles. J'ai notamment beaucoup apprécié ces planches où Céline Wagner nous montre la réalisation d'un dessin de ses premières courbes vides jusqu'à son résultat final : instructif et beau. Si la vie elle-même de l'artiste qui nous est racontée ici ne m'enthousiasme pas plus que ça, je suis heureux d'avoir pu découvrir son art par le biais de cet album et d'avoir pu aussi ressentir à quel point il a été forgé par une folie et une maladie qui ont fini par emporter la vie d'Unica Zürn et de son amant.

13/08/2019 (modifier)