De la nécessité d'avoir un ours chez soi
La cohabitation étrange et sympathique d’un trentenaire et d’un ours. Prix Diagonale/Raymond Leblanc de la jeune création 2016.
Ours et nounours
La vie moderne, avec sa frénésie et sa course à la performance, n’est pas particulièrement facile lorsqu’on héberge, en plus, un ours dans son petit appartement. Jules, jeune trentenaire un peu rêveur, peut en témoigner. Il doit en effet cohabiter avec un immense plantigrade du nom d’Ernest, qui vit sans broncher à ses côtés. Jules ignore comment il est arrivé là, mais toujours est-il qu’il est là. Il observe la vie morne du jeune homme. À cause de lui (ou peut-être grâce à lui), Jules va perdre son travail inintéressant d’employé de bureau, s’essayer à l’engagement politique au bras d’une jeune et jolie révolutionnaire prénommée Alice, et découvrir l’art de prendre son temps et de se laisser aller. Mais attention, avoir un ours dans sa vie ne résout pas tous les problèmes…
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Editeur
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Genre
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Public
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Type
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| Date de parution | 31 Août 2018 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
Un récit original, qui se laisse lire agréablement, mais qui m’a quand même un peu laissé sur ma faim. Nous suivons la vie quotidienne d’un trentenaire urbain, Jules, pas très sociable (en tout cas avec les humains), qui a la particularité de partager sa vie avec Ernest, un ours ! un ours mutique, mais un ours, au comportement humain. Ces deux solitaires /solidaires voient brusquement débarquer dans leur vie (surtout Jules) une jeune femme en lutte contre les inégalités et injustices de la société (mais aussi contre son héritage familial), qui est amoureuse de Jules et essaye de le faire sortir de sa relative léthargie. Le récit est classé en humour, mais il ne faut pas s’attendre à rigoler souvent. Ça n’est même jamais le cas. Seules quelques scènes (en particulier les dessins faisant office de réflexion à voix basse du psy que consulte Jules) peuvent faire sourire. Sinon, le récit est frais, un peu décalé, mais finalement pas autant que je l’aurais espéré au départ. Ça se déroule gentiment, sans les petits à-côtés, dans les dialogues ou les situations, qui auraient pu faire basculer l’intrigue vers le burlesque, la satire, en tout cas qui auraient pu la dynamiser davantage. Si l’évolution de Jules tout au long de l’histoire laisse deviner bien en amont « sa » conclusion, celle de son compagnon Ernest m’est restée énigmatique (pas compris cette nana qui voulait se suicider ?). Le dessin n’est pas très fouillé, mais il est agréable. A emprunter à l’occasion.
Un récit que je n’ai pas trouvé totalement maîtrisé mais qui dégage tout de même une amusante poésie. Cette histoire a en tous les cas le mérite d’être originale et de nous sortir de notre ordinaire. Imaginez un peu un quidam, pas trop bien dans sa peau, et qui du jour au lendemain et sans qu’on en comprenne la raison profonde cohabite avec un… ours, peu loquace, il est vrai mais tout de même bien encombrant. Son entourage ne le croit pas, son psy essaie d’interpréter ce qu’il considère être une transposition hallucinatoire d’un mal-être, mais en attendant, il faut bien vivre avec ! Ce petit délire trouvera une explication à la fin de l’album… et malheureusement, j’ai trouvé cette explication mal amenée alors qu’elle aurait pu éclairer tout le récit d’une manière étincelante. Là, pouf ! Ca tombe un peu à plat car mal préparé. Le dessin, très expressif avec encore un côté brut que j’apprécie particulièrement, convient parfaitement au sujet. Il apporte la légèreté nécessaire à l’ensemble et la luminosité de la colorisation ne fait que renforcer ce sentiment. Pour une première œuvre, c’est plus que pas mal… mais face à la concurrence c’est encore un peu juste pour que j’aille jusqu’au franchement bien. En tous les cas, une fois de plus le prix Raymond Leblanc aura permis l’édition d’un album de qualité.
C'est vrai que c'est parfois nécessaire d'avoir un ours chez soi mais il vaut mieux qu'il soit en peluche. Cette bd nous montre qu'un homme à qui rien ne réussi va surmonter toutes les difficultés pour retrouver une sérénité de vie. C'est le genre d'oeuvre qui fait du bien à la lecture quand on a un coup de blues. Je trouve que cette bd est traitée d'un point de vie original par son auteur et d'une manière assez humoristique pour nous faire comprendre certaines choses de la vie. C'est une sorte de morale et de conte urbain. On passe un moment de lecture assez réconfortant.
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