Les Petites Cartes Secrètes

Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)

Deux jeunes enfants dont les parents se sont séparés vont tout mettre en oeuvre pour voir leur famille se réunir.


Ecole Emile Cohl Enfance(s) La BD au féminin

Le monde de Tom et Lili s’écroule le jour où leurs parents divorcent. Et il y a pire que ça : ils vont eux aussi être séparés. Lili va vivre chez sa mère et Tom chez son père. Ne supportant pas cette séparation, les deux enfants vont entamer une correspondance par cartes postales et échafauder des plans naïfs, improbables et parfois cruels pour qu’à nouveau ils soient tous réunis.

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 05 Septembre 2018
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Les Petites Cartes Secrètes © Delcourt 2018
Les notes
Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)
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11/12/2018 | Mac Arthur
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Par Ro
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ro

Deux enfants séparés par le divorce de leurs parents entretiennent une correspondance secrète et imaginent les plans les plus improbables pour les remettre ensemble, sans mesurer jusqu'où leurs initiatives vont les conduire. Pour une fois, mon ressenti est éloigné de celui de Mac Arthur, et je constate que nous avons appréhendé cette lecture de manière très différente. Là où il voit surtout des parents démissionnaires et des enfants presque monstrueux, j'y ai vu une histoire certes un peu artificielle dans sa mise en place, mais finalement assez crédible dans ce qu'elle raconte des réactions humaines. Les enfants sont forcément égoïstes, comme peuvent l'être tous les enfants lorsqu'ils souffrent : ils feraient tout pour que leurs parents s'aiment à nouveau et ne mesurent pas les conséquences de leurs actes. En face, les parents sont absorbés par leurs propres difficultés, communiquent mal avec leurs enfants et ne réalisent pas que leurs décisions les entraînent progressivement dans une spirale de plus en plus douloureuse. Le début des échanges épistolaires est un peu convenu. Il m'a par exemple rappelé ce film de Disney : La Fiancée de Papa. Ce plan imaginé à distance pour rabibocher les parents prête parfois à un sourire attendri, et j'avoue avoir été moi aussi un peu agacé de voir un enfant de neuf ans accumuler autant de fautes d'orthographe. Malgré tout, je l'ai accueilli avec bienveillance, parce que cela participe aussi à la spontanéité et à la naïveté du récit. Plus les cartes s'échangent, plus la relation avec la nouvelle compagne du père se dégrade, plus les conséquences pour les enfants sont graves, et plus les stratagèmes qu'ils imaginent deviennent dangereux. C'est à ce moment-là que la bande dessinée prend, à mes yeux, toute son ampleur. Derrière son apparente simplicité, elle montre avec pas mal de justesse les ravages du manque de communication au sein d'une famille et la façon dont des enfants peuvent glisser vers des comportements inquiétants ou néfastes pour eux-mêmes sans que les adultes ne s'en aperçoivent. Cela m'a fait penser à ces jeunes dont les résultats scolaires ou le comportement se dégradent parce que leur vie familiale s'effondre autour d'eux. Contrairement à ce que son principe pourrait laisser croire, ce n'est d'ailleurs pas un récit léger ou purement humoristique. Les maladresses et les incompréhensions naïves des cartes postales font parfois sourire, mais plusieurs passages sont réellement durs et le récit n'hésite pas à s'approcher du tragique. Et d'ailleurs, sur la fin, j'ai été proche de verser ma petite larme lorsque les parents découvrent enfin la correspondance de leurs enfants et comprennent ce qu'ils ont vécu. En tant que parent, j'aurais été effondré de réaliser si, faute d'avoir su écouter et parler avec mes enfants, je les avais conduits à une telle détresse et à commettre des actes aussi graves. J'ai également beaucoup aimé le dessin de Cyrielle. Son trait net, à l'encre de Chine, rehaussé de couleurs très intenses qui évoquent des feutres, renforce cette atmosphère enfantine. Les personnages sont expressifs et attachants, et l'ensemble possède une vraie douceur visuelle qui contraste avec la dureté de certains événements. Enfin, j'ai sans doute été encore plus touché parce que cette histoire se déroule au début des années 90, quasiment à l'époque de mon enfance, celle du Club Dorothée. Les cartes postales échangées par Tom et Lili ont réveillé un souvenir assez personnel : moi aussi, enfant, j'écrivais de longues lettres à mes cousines et à mes amies. Cela a ajouté une dimension nostalgique qui a rendu cette lecture plus émouvante. Oui, certains ressorts sont un peu cousus de fil blanc et quelques situations paraissent légèrement forcées. Mais je les ai acceptés sans difficulté, notamment parce que l'album s'adresse aussi à un jeune public. Derrière cette simplicité se cache une histoire sensible, touchante et pleine d'humanité, qui rappelle combien le dialogue au sein d'une famille est essentiel et combien les enfants peuvent souffrir en silence lorsque les adultes oublient de les écouter.

20/07/2026 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Deux gosses odieux vont fomenter le meurtre de la nouvelle fiancée de leur papa. Fiancée enceinte, ceci dit en passant. La mère se drogue, démissionne de son rôle pour se réfugier tantôt dans les médicaments, tantôt dans des mondes virtuels. Le père se refuse à communiquer avec son fils, le laissant s’enfoncer dans un comportement de petit caractériel égocentré. Les parents s’engueulent, les enfants complotent… Voilà de quoi nourrir un roman noir caustique et ravageur ! Oui, mais en fait non ! Tous ces faits, que l'on peut lire dans ce récits, nous sont racontés comme s'il s'agissait de gentilles anecdotes, avec deux enfants naïfs et deux parents attentionnés mais juste un peu maladroits... Les intentions des deux autrices étaient de nous livrer un récit tendre et juste sur l’amour fraternel, une gentille chronique familiale pleine de bons sentiments sur la complicité qui peut unir un frère et une sœur, sur le besoin de communiquer dans une famille… Et je ne doute pas une seconde de leur profonde sincérité et de leur motivation. Le dessin est mignon, l’idée des cartes postales est gentille (pas du tout crédible mais gentille). - Ceci dit, lire des textes truffés de fautes d’orthographe, certes logiques puisque ces cartes sont écrites par deux jeunes enfants, est vite fatiguant (et en deux ans, on ne peut pas vraiment dire que ces deux djônes aient fait le moindre progrès. C’est à désespérer de l’enseignement !) - Je pensais, j’espérais être séduit. J’ai été ébahi. Est-ce là le reflet de l’éducation actuelle ? Avec des parents démissionnaires qui laissent leurs enfants se débrouiller et agir à leur guise, ou qui les punissent sans autres explications ? Avec des enfants dénués de tout repère moral au point d’imaginer faire « disparaître » un fœtus en l’écrasant dans le ventre de sa mère ? Pute borgne ! C’est terrifiant !!! J’espère qu’il s’agit d’un abus de naïveté de la part des autrices, qu’elles ont voulu forcer le trait pour toucher leur lectorat, sans se rendre compte qu’en forçant de la sorte, elles nous décrivaient ce que j’assimile à des monstres (parents comme enfants). Vous l’aurez compris : à titre personnel, je suis passé à côté (mais alors là, loin, loin, loin à l’ouest) de cet album. S’il s’était agi d’une farce macabre, si les autrices avaient usé d’un style caustique et second degré, j’aurais sans doute apprécié. Mais là, j’ai pas capté.

11/12/2018 (modifier)