Avec Édouard Luntz - Le Cinéaste des âmes inquiètes

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 2 avis)

Julien Frey raconte son périple pour retrouver les films d'Édouard Luntz, un réalisateur tombé dans l'oubli.


1961 - 1989 : Jusqu'à la fin de la Guerre Froide Auteurs espagnols Cinéma

Alors qu’il fait des études de cinéma, Julien Frey rencontre Édouard Luntz. Le cinéaste prétend que sa carrière a été brisée par Darryl F. Zanuck, le dernier nabab d’Hollywood. Après un tournage épique au Brésil, en mai 1968, et un budget multiplié par vingt, le producteur aurait fait disparaître son film, Le Grabuge. Des années plus tard, Julien découvre que c’est l’œuvre tout entière d’Édouard Luntz qui n’est plus visible. Des films fantômes ? Julien décide de les retrouver. Rencontrant de nombreux protagonistes – proches, techniciens et acteurs, dont Michel Bouquet – Julien Frey a mené une enquête minutieuse, souvent drôle, toujours marquée du sceau d’une profonde humanité et magnifiquement mise en images par Nadar. Texte: L'éditeur

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 03 Mai 2018
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Avec Édouard Luntz - Le Cinéaste des âmes inquiètes
Les notes (2)
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16/11/2018 | Gaston
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Par Blue Boy
Note: 3/5
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Qui se souvient d’Edouard Luntz, cinéaste de la Nouvelle vague, mort dans l’anonymat en 2009 ? Plus grand monde sans doute, et pourtant l’homme tourna dans les années soixante « Le Grabuge » avec pour producteur le célèbre et richissime Darryl Zanuck. Le projet avait atteint un budget faramineux, et Zanuck, furieux, se réserva le droit d’en concevoir le montage. Luntz, trop indépendant, trop bohème aussi, n’était sans doute pas fait pour obéir aux diktats hollywoodiens. La brouille qui surgit entre les deux hommes compromit la carrière du cinéaste français et précipita ses films dans l’oubli. Dans cette BD au thème original, Julien Frey, diplômé de cinéma et scénariste de séries d’animation, raconte sa quête insensée pour retrouver les œuvres de l’artiste, désormais remisées dans les oubliettes du 7e art. C’est peu dire que le pitch d’ « Avec Edouard Luntz » suscite la curiosité. Comment un cinéaste ayant eu la chance d’être repéré et produit par un nabad d’Hollywood, par ailleurs mis en avant par les plus grands festivals européens, ait pu à ce point disparaître sous l’implacable poussière du temps ? Comment est-il possible que ses œuvres soient si difficiles à visionner aujourd’hui, quelques cinquante années après la carrière courte mais prometteuse de ce rebelle du cinéma ? En menant ses recherches à la manière d’un détective, Julien Frey parvient ainsi à captiver le lecteur, qui sans rien connaître du personnage, aura envie d’en savoir plus sur cette mystérieuse déchéance annoncée. Une enquête qui le mènera outre-Atlantique et lui donnera l’occasion d’un échange (assez émouvant) avec l’acteur Michel Bouquet, grand admirateur de ce « cinéaste des âmes inquiètes », qui lui avait offert ses « plus beaux rôles au cinéma ». Pour ce qui est du dessin, Pep Domingo alias Nadar, auteur espagnol dont c’est ici le quatrième album, accompagne humblement de sa ligne claire, et non sans humour, les pérégrinations de son partenaire. En somme, une réhabilitation empreinte de respect, qui pourrait déboucher - en accord avec les ayants droit ? On peut rêver… - sur une redécouverte de l’œuvre de cet artiste « trop frontal pour le monde du cinéma », selon les termes utilisés par Michel Bouquet en préface.

18/11/2018 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
L'avatar du posteur Gaston

Un album dont le sujet est la quête du scénariste pour retrouver et pouvoir regarder les films d'Édouard Luntz, un cinéaste qui a eu un certain succès critique dans les années 60-70 avant de tomber dans l'oubli. Julien Frey l'a rencontré lorsqu'il était étudiant en cinéma et avait envoyé son scénario de film à plusieurs producteurs. Comme Luntz ne semblait pas avoir un sou, il ne l'a pas pris au sérieux et il n'a pas continué de collaboration avec lui. Puis, quelques années plus tard, il apprend par la bouche d'un professeur que ce que lui a dit Luntz était vrai. Et, une dizaine plus tard, il tombe sur le vinyle de la musique d'un film de Luntz et il décide de sérieusement rechercher les films de Luntz. Je préviens tout de suite que ce livre ne raconte pas la biographie de Luntz. On a droit à des anecdotes, notamment autour du film Le Grabuge pour la Fox où le réalisateur a eu un gros conflit avec le producteur qui avait remonté le film à sa manière et coupé plusieurs scènes et Frey rencontre des connaissances du réalisateur (notamment l'acteur Michel Bouquet qui signe la préface de l'album), mais la vie de Luntz reste un sujet peu approfondi dans l'album et ainsi je n'ai qu'une vague idée de la raison pour laquelle la carrière de Luntz a complètement arrêté au milieu des années 1970 (apparemment il avait, entre autres, des problèmes de drogues) et je n'ai aucune idée de ce qu'il a bien pu faire durant les dernières décennies de sa vie. Il y a d'ailleurs une scène avec le fils de Luntz qui dit qu'il voudrait lui-même faire un livre sur son père et j'espère qu'il va le faire un jour ! Le sujet principal est la quête du scénariste pour retrouver les films de Luntz et l'impact qu'ils ont sur lui car il va trouver l'oeuvre de Luntz très touchante. On parle aussi de sujets divers liés aux films comme leur préservation et les problèmes de droits. Frey raconte très bien et j'ai trouvé son parcours passionnant. Je ne savais pas qu'un jour j'aurais pris plaisir à voir un type se promener d'une institution cinématique à une autre pour pouvoir des films que tout le monde semble avoir oublié ! Je pense que si j'ai aimé ce one-shot, c'est en partie parce que même si je ne suis pas un grand cinéphile, je comprends que Frey ait mis tant d'effort pour retrouver des oeuvres qu'il tenait à voir absolument. Personnellement, si j'avais le temps et l'argent, je me verrais bien me promener aux quatre coins de la planète pour retrouver des bds oubliées que j'aimerais lire. J'aime bien le trait de Nadar aussi. Un bon livre qui nous fait découvrir l'oeuvre d'un réalisateur injustement méconnu.

16/11/2018 (modifier)