Algériennes 1954-1962

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 2 avis)

Beatrice se rend en Algérie pour comprendre la guerre qu'a vécue son père. Un récit qui emboîte habilement les témoignages pour décrire une période sombre vue du côté des femmes.


La BD au féminin La Guerre d'Algérie Maghreb

Béatrice lit les journaux dans le métro et tombe sur un article terrible sur la guerre d'Algérie. On y raconte comment les femmes ont été voilées et toutes les horreurs qui pouvaient s'y dérouler. Quand elle rentre chez elle, elle aborde le sujet avec ses parents. Elle aimerait connaître ce qu'a vécu son père, lui qui a fait cette guerre. Il répond vaguement que les journalistes racontent n'importe quoi sur ce sujet. Et quand Béatrice lui pose d'autres questions, il finit par s'emporter et refuse d'en dire plus. La mère parle à Béatrice et lui explique qu'elle non plus ne sait pas grand-choses sur cette période difficile. Elle n'est allée en Algérie qu'une seule fois pendant la guerre. Elle a même vu un attentat en direct et n'a pu traverser les barrages que parce qu'elle était française. Quand elle est partie, elle a vu son mari pleurer pour la première fois de sa vie. Elle encourage Béatrice à se renseigner plus sur ce sujet. Pour ce faire, elle lui conseille d'aller voir une amie à elle : Saida, une algérienne. Béatrice espère que les femmes seront plus bavardes que les hommes...

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 31 Janvier 2018
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Algériennes 1954-1962
Les notes (2)
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25/07/2018 | Erik
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L'avatar du posteur Mac Arthur

Cet album est bien fait. La narration est fluide, le dessin n’est pas un exemple de précision mais il est très lisible et laisse passer l’émotion. Le scénario est bien construit même si je regrette cet usage d’heureux hasards pour relier les différents récits entre eux. L’intention des auteurs est claire : mettre en lumière la grandeur d’âme des femmes durant un conflit (ici des femmes de nationalité française ou algérienne durant la guerre d’Algérie). Intention louable mais le parti-pris est tellement insistant qu’il a tendance à réveiller en moi l’avocat du Diable. Du coup, l’émotion a un peu de mal à passer chez moi. Par contre, d’un point de vue historique, les auteurs ont réalisé du très bon travail ! Les différents profils permettent de donner le point de vue de différentes actrices du conflit, de sorte que l’on se dit qu’au final il n’y a pas de bon ou de mauvais camps, juste des hasard qui font que l’on se retrouve chez les uns plutôt que chez les autres. Je n’ai pas été ému comme je l’espérais mais ça reste un bel album, agréable à lire. Il n’est pas politique, ne prend pas parti pour l’un ou pour l’autre mais montre les femmes comme les premières victimes de ce conflit… victimes qui feront pourtant toujours preuve de compassion pour l’autre, d’abnégation, de respect (et c’est sans doute cette vision très Marie, mère de Dieu de la femme qui m’aura dérangé sur les bords).

27/11/2018 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

C’est vrai que lorsqu’on parle de l’Algérie, on préfère changer de sujet. Il y a eu une colonisation de la France dès 1830 avant même que la Savoie ne rejoigne la France. Les français qui y ont habité depuis plusieurs générations et qui ont été contraint de partir en 1962 ont beaucoup souffert car ils avaient perdu leur pays sans véritablement se sentir chez eux dans la Métropole. Une fille d’un soldat ayant fait la guerre d’Algérie se rend compte de l’opacité qui règne sur ce sujet. Aussi, elle décide de mener sa propre enquête qui l’a conduit naturellement dans l’Algérie actuelle du président à vie Bouteflika. La vision sera centrée sur celle des femmes ayant participées car elles sont souvent omises au profit d’une société très masculine. J’ai bien aimé ce qui ressort de ce roman graphique qui fait un peu documentaire grâce aux témoignages recueillis. On se rend compte que les livres d’histoire ne sont pas vraiment dans la réalité même si certains essayent de tendre vers une opinion neutre et nuancée. Au final, je retiens qu’il y a du bon et du mauvais dans chaque camp mais surtout que cela a entrainé des souffrances de part et d’autre. La relation de la France avec ce pays ayant acquis chèrement son indépendance sera toujours particulière.

25/07/2018 (MAJ le 03/08/2018) (modifier)