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Cyparis, le Prisonnier de Saint-Pierre

Note: 4/5
(4/5 pour 3 avis)

Un pan marquant de l’histoire de la Martinique magnifiquement mis en images et en couleur… Un premier album absolument superbe et maîtrisé !


1900 - 1913 : Du début du XXe siècle aux prémices de la première guerre mondiale Caraïbes Catastrophes naturelles Documentaires La Boite à Bulles La France d'Outre-Mer Les petits éditeurs indépendants

Ah, la Martinique ! Saint Pierre, son jardin botanique, son port, son marché et ses rues pittoresques, sa végétation luxuriante, sa montagne Pelée... À l’aube du XXe siècle, les Occidentaux de tous horizons se pressent sur les côtes de cette colonie française pleine de charmes et d’avenir. Mais au printemps 1902, ce n’est pas l’exquis parfum du rhum et des plantes exotiques qu’exhale l’île au fleurs mais celui, nauséabond, du soufre. Et que dire des inquiétantes fumerolles qui s’échappent du sommet de la montagne Pelée ? Mais le maire et le gouverneur ont plus important à faire : préparer les élections législatives ! Et peu importe les signes envoyés par la montagne… Tandis que toute la ville est en émoi, Louis-Auguste Cyparis, condamné au cachot, attend impatiemment que l’on veuille bien le libérer. Il ne sait pas encore que cette cellule étriquée lui sauvera la vie et fera de sa destinée une légende… Texte : Editeur.

Scénariste
Dessinateur
Coloristes
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 13 Septembre 2017
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Cyparis, le Prisonnier de Saint-Pierre
Les notes (3)
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21/11/2017 | Alix
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L'avatar du posteur Noirdésir

Une bonne partie de l’album est un long et lent compte à rebours qui égrène les derniers semaines, jours et heures, enfin les ultimes minutes avant que la Montagne Pelée n’entre en éruption, au printemps 1802. Le mélange entre la présentation de la Martinique et de ses particularités, et la tension qui monte avec ce décompte est très bien réussi. Lucas Vallerie profite en effet de la « mise en place » du décor du drame pour présenter la société martiniquaise, sa faune et sa flore, les différentes strates de la population, et les criantes inégalités qui la traversent. Des élections étant prévues à ce moment, c’est l’occasion d’exposer ces inégalités, les débats qui agitaient la société coloniale, etc. C’est aussi l’occasion de montrer l’impéritie de l’administration, des autorités (la façon dont le maire de St Pierre ne voit pas pourquoi décaler les élections alors qu’un scientifique lui annonce l’imminence d’une éruption n’est pas sans rappeler les élections municipales maintenues récemment en France alors que le Covid-19 frappait et que le confinement avait déjà été annoncé…). Il est vrai que les connaissances en vulcanologie étaient à l’époque quelque peu balbutiantes. Les quelques 50 000 morts accélérèrent les études et les connaissances concernant les nuées ardentes ont été ensuite meilleures… Enfin, le temps pris à nous montrer une foultitude de personnages permet de mieux ressentir la brutalité, l’horreur de la catastrophe, que nous observons au final comme Pline sur son navire, devant cette Pompéi antillaise. Le dessin est simple, mais efficace et dynamique. Quant à la colorisation, elle rend très bien à la fois les couleurs chatoyantes de l’île, dans le premier tiers de l’histoire, et les tons marron et grisâtres de plus en plus sombres de la suite, lorsque le cycle éruptif a réellement commencé. Quant au personnage qui donne son nom à l’album, il ne joue qu’un rôle annexe, presque ironique, puisque détenu dans la prison de Saint Pierre – et par conséquent protégé de la catastrophe dans son cachot presque hermétique. Il prend de l’importance vers la fin, pour ensuite incarner une destinée misérable. Pour finir, un petit dossier final, qui est simple mais très bien fichu, avec une abondante biblio et filmographie. Nous avons là un album vraiment bien fait, dont je recommande la lecture. Note réelle 3,5/5.

20/05/2020 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

A chaque fois qu’une catastrophe naturelle touche un grand nombre de population et fait d’innombrables victimes, il se pose une question essentielle. Pouvez t’on éviter cela ? On ne parle pas des prédicateurs religieux qui nous assènent de moralité concernant notre débauche qui entraine automatiquement la fin du monde. On parle surtout des scientifiques, des vulcanologues qui étudient les éléments de la nature et qui sont le plus à même de donner leur avis. La ville de Saint-Pierre était la perle des Antilles françaises. C’était la capitale culturelle et économique de la Martinique. Le 8 mai 1902 à savoir le jour de l’Ascension, une nuée ardente d’origine volcanique a tout balayé sur son passage en exterminant tous des habitants soit près de 30.000 personnes. Si une telle chose arrivait actuellement en France, on pleurerait à chaude larme et commémorerait pendant des années car cela serait la catastrophe du siècle. On parle ici de milliers de victimes et non d’une dizaine. Là encore, les politiciens étaient plus soucieux de l’organisation d’une élection législative que de sauver des milliers de vies alors que cela paraissait évident tant les signes avant-coureurs étaient nombreux. A noter le refus du gouverneur de la Martinique soutenu par son ministère de faire évacuer la ville en assignant des messages rassurants « tout va bien, circulez, il n’y a rien à voir ! ». Cette bd va se concentrer sur un survivant peu ordinaire à savoir Cyparis (un ouvrier de 27 ans) qui a survécu douloureusement grâce à sa prison cachot. J’avais entendu parler de cette célèbre histoire mais le temps a fait que les souvenirs se sont peu à peu effacés. Cette bd est là pour rappeler les faits. Il y aura également d’autres personnages avec des destins qui ne seront pas les mêmes. Je pense notamment à la narratrice de ce récit fort bien détaillé mais qui reste très agréable à la lecture. On plonge très facilement dans la Martinique de la belle époque. A noter que cela a servi de leçons puisque dans les éruptions ultérieures, il y a eu très peu de victimes car on avait pris soin d’évacuer les populations concernées. Il aura fallu payer chèrement le prix. Fort-de-France a également renforcé son statut suite à la disparition de sa rivale. Saint-Pierre est devenu un gros village agricole. Encore un mot pour féliciter l’auteur dont c’est la première bande dessinée. Réaliser une bd longue aussi bien faite, c’est assez rare de nos jours surtout pour une première. C’est réellement du bon travail avec de très beaux dessins. Il faut encourager ceux qui font de bonnes choses car c’est la promesse de lendemain encore meilleur.

15/02/2018 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
L'avatar du posteur Alix

« Cyparis, le Prisonnier de Saint-Pierre » est un premier album pour Lucas Vallerie, jeune auteur martiniquais. Lucas raconte tout un pan d’Histoire de la Martinique du début du 20ème siècle, avec la présence administrative des colons français, mais aussi et surtout cette éruption volcanique catastrophique de 1902, la plus meurtrière du siècle. Il y a tellement à en dire, notamment sur le rôle et la passivité de l’administration française. Notons aussi que cette catastrophe marqua un tournant décisif pour la vulcanologie, qui devint une science à part entière suite aux nombreux relevés effectués sur place et aux conséquences catastrophiques sur la population, mais aussi la faune, la flore, le commerce etc. Et Cyparis, alors que vient-il faire dans cette galère ? Il est l’un des deux rescapés de la catastrophe, car il était protégé par… les murs de sa prison ! On découvre son destin cocasse, notamment après les faits. L’auteur en profite pour « croquer » sa Martinique, et qu’elle est belle… Le trait est maitrisé, et les couleurs vives et lumineuses. Dépaysement garanti ! Un premier album, vraiment ? Un succès ! et un auteur à suivre…

21/11/2017 (modifier)