Dora

Note: 4/5
(4/5 pour 2 avis)

Dora est à la recherche de son identité, autant que de certains nazis...


1946 - 1960 : L'Après-Guerre et le début de la Guerre Froide 1961 - 1989 : Jusqu'à la fin de la Guerre Froide Auteurs argentins Gays et lesbiennes Les petits éditeurs indépendants Nazisme et Shoah Séries peut-être abandonnées

Berlin, 1960. Dora, jeune juive dont le père est mort en camp de concentration (d'où son prénom, qui est le nom d'un de ces camps), travaille au Berlin Document Center. Sous ses yeux passent de nombreux documents nazis, qu'elle photographie ou fait photocopier. Plus tard elle fait la connaissance d'un homme étrange, qui lui propose de participer à la traque du Dr Mengele, le généticien eugéniste du IIIeme Reich. Intriguée mais motivée, Dora accepte.

Scénario
Dessin
Traduction
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Septembre 2012
Statut histoire Série en cours 4 tomes parus
Dernière parution : Plus de 3 ans

Couverture de la série Dora © L'Agrume 2012
Les notes
Note: 4/5
(4/5 pour 2 avis)
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26/09/2013 | Spooky
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L'avatar du posteur Noirdésir

Voilà une série qui mérite largement de sortir du relatif anonymat où elle semble confinée, si j’en crois le peu d’avis la concernant. En effet, Minaverry (auteur argentin que je découvre avec cette série) parvient très bien à mêler grande et petite histoire. Il réussit à nous intéresser aux atrocités nazies, à ceux qui les ont commises, à ceux qui les traquent après-guerre (avec des procès ne touchant qu’une partie des anciens coupables, et alors il y a beaucoup d’acquittements faute de preuves !), mais aussi aux soubresauts de l’Histoire française autour de la guerre d’Algérie, aux inégalités et difficultés sociales dans la France du début des années 1960 (logements des pauvres et immigrés, hypocrisie de l’avortement interdit, etc.). C’est vraiment étonnant de voir un auteur argentin aussi bien documenté sur l’histoire européenne, et française en particulier ! Mais il parvient aussi à nous présenter une très belle héroïne (aux sens physique et intellectuel). Et des personnages secondaires (surtout féminins) riches et intéressants en eux-mêmes et pour l’intrigue. C’est ainsi que nous suivons Dora, jeune femme qui va se trouver au cœur de la traque des criminels nazis en fuite – au côté d’agents du Mossad, puis avec une association et des avocats français. Nous la suivons aussi dans plusieurs endroits du monde. L’Allemagne, une grosse partie en France, mais aussi en Argentine, en Pologne (pour des retrouvailles émouvantes entre sa meilleure amie Nina/Lotte et sa mère, juive polonaise dont les enfants avaient été enlevés et confiés au Lebensborn), en Finlande. En parallèle Minaverra met en avant une Dora qui se cherche, une personnalité qui se construit, au gré de ses rencontres. Une personnalité qui s’affirme, s’assume (son homosexualité, ses choix politiques). La narration est fluide, plaisante. Mis à part le début du deuxième tome, où il faut quand même s’accrocher, tant ça part dans tous les sens, vers pas mal de personnages. J’ai mis une vingtaine de pages à situer tout le monde, mais au bout d’un moment tout devient plus limpide et fluide. Le dessin est lui aussi sympa. Assez simple, usant d’un Noir et Blanc gras et tranché, il est plaisant. Le quatrième tome est un peu plus épais, mais il ne conclut pas vraiment la série (même s’il n’y a pas d’intrigue devant forcément se finir sur un point précis). Mais cet album date de près de 7 ans, et je suis déçu de ne pas avoir la suite, que j’aurais lu avec un très grand plaisir.

24/05/2026 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
L'avatar du posteur Spooky

Remarquable. C'est en m'appretant à poster cette série que je me suis rendu compte qu'elle était en fait une prequelle d'Aleph-Alif. Dora y joue déjà les chasseuses de criminels de guerre nazis, et on y retrouve ce mélange subtil d'Histoire secrète et de construction de soi. Ainsi tout en compilant des dossiers confidentiels la jeune femme va-t-elle faire des rencontres essentielles. Mina verra prend son temps pour construire son histoire, forger la personnalité de son héroïne, puis de ses héroïnes, le récit s'élargissant autour de deux autres jeunes femmes au tome 2. La subtilité est donc de mise, tandis que Dora se balade en Allemagne, en France, puis en Argentine. Mina verra semble à l'aise avec les différents décors, en ce début des années 1960. Son trait élégant, une ligne claire en noir et blanc très bien dose, est à même d'accompagner le récit de manière efficace. J'aime beaucoup et j'en redemande.

26/09/2013 (modifier)