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Trahison

Note: 3/5
(3/5 pour 3 avis)

Algérie, été 1962. Plus d’un siècle de colonisation, sept années de lutte armée s’achèvent par l’affranchissement de neuf millions de musulmans qui réclamaient plus de justice sociale et de liberté.


1961 - 1989 : Jusqu'à la fin de la Guerre Froide La Boite à Bulles Maghreb Politique

Algérie, été 1962. Plus d’un siècle de colonisation, sept années de lutte armée s’achèvent par l’affranchissement de neuf millions de musulmans qui réclamaient plus de justice sociale et de liberté. Pourtant, cette population va rapidement déchanter. Les séquelles des conflits antérieurs sont importantes : 40 % des Algériens vivent dans une misère totale, le chômage est galopant, l’exode massif, 90% de la population illettrée. Et si les institutions politiques se mettent en place, elles sont minées par les luttes de clans et les manigances pour s’approprier le pouvoir. La guerre civile menace… Le 5 Juillet 1962 à Oran, au lendemain de la déclaration d’Indépendance, un défilé festif dégénère en un massacre d’Européens. Terrorisée, 85% de la population va s’enfuir, abandonnant biens et espoirs. L’auteur a 13 ans en 1962. Il vit à Oran dans une famille aisée, intégrée à la culture française, mais attachée à sa culture nationale et à ses traditions musulmanes. Témoin des événements qui se sont passés à l’Indépendance, il retrace avec fidélité les faits politiques, économiques et sociaux, les ambitions de pouvoir qui ont relégué au second plan la construction de la nation et l’intérêt de ses citoyens. Mais aussi la vie quotidienne des Oranais… Texte : Editeur.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 05 Septembre 2013
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Trahison
Les notes (3)
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05/09/2013 | Alix
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Par Erik
Note: 3/5
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Au vu du titre et sachant que le sujet traitait de la guerre d’Algérie, je supposais que la trahison venait du côté des Français après le célèbre « je vous ai compris » du Président de Gaulle. En effet, en accordant l’indépendance à l’Algérie, on a laissé se faire massacrer des milliers d’européens et provoquer le retour d’au moins un million de personnes (pied-noir, harkis…). Cela sera d’ailleurs évoqué dans cette bd : je n’invente rien. L’auteur Fawzi Brachemi avait 13 ans au moment des faits mais est doté d’une extraordinaire maturité politique. Mais non, je me trompais car la trahison concerne en fait le côté algérien et ceux qui ont mené cette guerre et qui se sont détruits dans une lutte fratricide pour le pouvoir. Souvent, avec les révolutions ou les guerres qui entrainent un changement de régime, cela se termine par un homme fort qui finit par prendre le pouvoir de force par un coup d’état. On se souvient de Napoléon après la révolution française. Plus récemment, le printemps arabe a abouti à ce résultat dans certains pays touchés. C’est ce qui va arriver à l’Algérie en 1965 où le colonel Boumédiène, ministre de la défense, renverse le gouvernement de son allié Ben Bella pour devenir président de la république jusqu’en 1978. Le mot république est souvent galvaudé car c’est tout sauf une république ! Ben Bella n’a pas vu monter le danger. La bd se penche surtout sur la crise de l’été 1962 qui nous est racontée dans les moindres détails. Il aurait été intéressant de poursuivre jusqu’en 1965 au moment de l’arrestation de Ben Bella où l’on découvre dans sa chambre la rondelette somme de deux milliards d'anciens francs en pièces d'or et devises étrangères. A noter également que Boumédienne est connu pour avoir nationalisé les entreprises d’hydrocarbures. L'Algérie de Boumediène influence le jeune colonel libyen Mouammar Kadhafi et le vice-président irakien Saddam Hussein, qui nationalisent à leur tour le secteur des hydrocarbures, provoquant à l'occasion le premier choc pétrolier survenu en 1973. De nos jours, c’est un proche de Boumediène qui dirige l’Algérie et qui détient le record de longévité à la tête du pays. Son dernier score électoral lors du 4ème mandat est de 81.53% alors que le précédent était de 90%. Oui, c’est bien un régime républicain me dit-on. Les républicains, c’est à la mode ! J’ai véritablement de la peine pour ce peuple qui a dû lutter farouchement pour obtenir son indépendance après 132 années d’occupation française. Une fois acquise, c’est la descente aux enfers avec par la suite une terrible guerre civile. Cette bd nous permet de suivre également une famille restée sur place. Devant ce déchainement de violence, le père dira : ils sont devenus fous. Il a tout résumé et on comprend mieux l’amertume de ce peuple avide de liberté et de prospérité. Je pense comme l’auteur que ce peuple méritait d’avoir des dirigeants à la hauteur. C’est malheureusement le cas dans d’autres pays. Bref, une bd qui apporte un certain regard sur l'histoire de l'Algérie.

01/07/2015 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
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Malgré une couverture que je trouve laide et un graphisme intérieur peu engageant, j'avais envie de lire cet album car il décrit de l'intérieur un sujet historique que je connais très mal : l'indépendance algérienne et la situation politique qui s'en est suivi à partir de l'été 1962, le tout raconté par les yeux d'un adolescent et comment il l'a vécue à l'époque. J'étais curieux de voir cela mis en image. Pourtant l'image en question ne m'a pas enthousiasmé. Le style fait très amateur, peu abouti techniquement. Difficile par exemple de deviner l'âge du jeune héros par le seul biais du dessin. Mais j'ai pu passer outre car il s'en dégage une sincérité et l'on sent que l'auteur a quelque chose à raconter. Le récit mêle deux niveaux de narration. D'une part, il y a la vie privée du héros, ce que lui, vivant avec sa famille à Oran, a vu des événements et compris de tout ce qu'il entendait et observait autour de lui. Et d'autre part, il y a le récit plus documentaire des faits historiques et politiques, au jour le jour. La partie vie privée m'a intéressé. J'y ai appris des choses parfois édifiantes sur la situation en Algérie à l'époque et sur les réactions de la population. Il ne s'y passe cependant pas tellement de choses et on n'a pas trop le temps de s'attacher aux personnages. Par contre, la partie documentaire m'a complètement perdu. La scène politique et militaire était tellement complexe que j'ai eu beaucoup de mal à la comprendre et la façon de présenter les choses ne m'y a pas aidé. Alors certes il y a une chronologie des événements en avant-propos, puis quelques pages documentaires en fin d'album, mais leur transcription en bande-dessinée elle-même est assez indigeste et peu agréable. Bref, malgré un sujet intéressant et un témoignage instructif, cette BD n'est pas très plaisante à lire et sa partie documentaire historique est trop difficile à suivre. Dommage. Mais elle est à lire quand même pour ceux qui sont curieux de savoir ce qu'il se passait en Algérie entre 1962 et 1965.

11/09/2013 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5
L'avatar du posteur Alix

Cet album autobiographique (l’auteur avait 13 ans lors des faits) s’intéresse à une période trouble de l’histoire algérienne : la transition difficile entre la déclaration de l’indépendance et la mise en place d’un gouvernement relativement stable. L’exode soudain des ressortissants français provoqua plusieurs mois de flottements : massacres de français restés sur place, guerre entre différentes factions politiques, mise à sac de quartiers entiers vides suites au départ des européens… Un bien triste spectacle. La narration alterne explications historiques et témoignages de l’auteur. Les explications historiques sont très factuelles, et bombardent le lecteur de termes, acronymes et noms en tout genre : parties politiques, leaders politiques ou militaires, organisations armées, etc. Je dois avouer que j’ai trouvé leur lecture fastidieuse. J’ai eu beaucoup de mal à suivre les évènements malgré les nombreuses notes qui accompagnes le récit. Les témoignages de l’auteur viennent s’intercaler dans le récit, et présentent des faits édifiants mais aussi le quotidien vu par un enfant qui tentait tant bien que mal de donner un sens à tout ce qui se passait autour de lui. J’ai trouvé ces passages intéressants et plus digestes. La mise en image est réussie et représente parfaitement les villes algériennes de l’époque (Oran, Alger). Un album instructif mais assez dense, à réserver selon moi aux amateurs d’Histoire.

05/09/2013 (modifier)