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Toi au moins, tu es mort avant

Note: 2.6/5
(2.6/5 pour 5 avis)

1947. La Grèce sort de la Seconde Guerre Mondiale pour tomber dans le chaos de la guerre civile. Chrònis Mìssios, 17 ans, résistant communiste, est arrêté puis condamné à mort. Gracié, torturé, ballotté de prison en déportation, il va devenir, selon ses termes, durant 21 ans, un «prisonnier professionnel». Basé sur son autobiographie, Sylvain Ricard, Myrto Reiss et Daniel Casanave signent un récit terrible sur ces années noires…


1946 - 1960 : L'Après-Guerre et le début de la Guerre Froide Adaptations de romans en BD Documentaires Grèce moderne

1947. La guerre civile fait rage en Grèce. La droite, installée au pouvoir par les Anglais, et la gauche s’entre-tuent dans un pays ravagé. Chrònis Mìssios un jeune adolescent communiste est arrêté et condamné à mort. Il sera gracié de justesse mais restera 21 ans enfermé, balloté de prisons en prisons, torturé. Son histoire, Chrònis Mìssios l’a racontée dans une étonnante biographie parue en 1985 en Grèce, et devenue rapidement un best-seller. Subjugué par cette histoire Sylvain Ricard, Myrto Reiss et Daniel Casanave ont eu envie à leur tour de la faire connaître par le biais de la bande dessinée. Car Chrònis Mìssios ne raconte pas que sa vie, il raconte aussi la guerre civile, la fin du rêve communiste : ses martyrs, d’un dévouement admirable, mais aussi ses dirigeants, rendus aveugles et sourds par l’égoïsme et la bêtise, plus dangereux pour leur cause que leur propre ennemi.

Scénaristes
Dessinateurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 05 Avril 2013
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Toi au moins, tu es mort avant

25/03/2013 | Alix
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Par Ro
Note: 3/5
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Je ne connaissais quasiment rien de l'histoire de la Grèce au XXe siècle et si cet album m'a permis d'en découvrir un pan assez édifiant, ce ne fut pas de manière aisée et claire. Car le récit s'entame sans explication ni présentation du contexte. Il lui manque fortement ne serait-ce que la chronologie des faits historiques qu'on ne trouve malheureusement qu'en fin d'album. Ce n'est qu'au moment où j'ai découvert celle-ci que j'ai pu à peu près confirmer les quelques suppositions que je m'étais difficilement faites au fil de ma lecture concernant la situation politique et militaire du pays. Sans ces explications, on ne peut que deviner vaguement les choses. Et sans cette compréhension préalable, on s'étonne rapidement de la situation ubuesque dans laquelle le narrateur se retrouve. Il est en prison avec des geôliers qui alternent des tendances de fascistes brutaux et quelques rares comportements plus paternalistes et presque désolés de leurs propres actes. Et de son côté, on le découvre complètement impliqué, presque fanatisé, dans son rôle de membre militant du Parti Communiste prêt à subir les pires outrages pendant des dizaines d'années pour s'en tenir à ses principes politiques et aux consignes du Parti, au point par exemple d'accepter fièrement de subir l'isolement, les travaux forcés et la torture par la soif et la faim juste pour refuser de signer un papier qui n'a qu'une valeur de symbole. Et paradoxalement, là où on aurait pu imaginer des prisons inhumaines et écrasant leurs jeunes prisonniers, c'est au contraire parfois le narrateur qui terrorise ses geôliers lors de ses crises de folie violente qui les font fuir et ne lui attirent bizarrement pas de représailles. Drôle de situation, difficilement compréhensible quand on ne connait pas le contexte et qu'il n'est qu'à peine expliqué comme c'est le cas ici. Et c'est d'autant plus compliqué à suivre que la narration n'est pas toujours chronologique et qu'on saute parfois de plusieurs années en avant ou en arrière sans réussir à bien suivre l’enchaînement des événements. Ça ajoute à la confusion. Pourtant, malgré ce côté confus et ce regrettable manque d'explication, on découvre quand même la vie édifiante et incroyablement pénible et forte qu'a vécue l'auteur de ce roman. C'est instructif de voir ce côté noir et presque kafkaïen de la Grèce des années 40 à la fin des années 60. Et c'est étonnant de voir comment des hommes aux opinions politiques fortes ont pu endurer avec fierté et sans être brisé une maltraitance intense pendant de si longues années. Et comment la situation politique du pays a évolué aux cours des ans. En cela, cet album est intéressant. Mais il n'est pas très agréable à lire pour autant à cause des défauts cités plus haut. Un simple texte introduisant le contexte en début d'album ou au moins d'y avoir mis la chronologie des faits aurait pu rendre les choses déjà nettement plus digestes et compréhensibles.

03/01/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

J'ai beaucoup hésité avant de me décider pour mettre ma note à ce pavé. 178 pages tout de même et d'une grande densité. Le sujet : un militant communiste emprisonné du milieu des années 40 aux années 60 dans divers camps, prisons dans son pays. Indéniablement, le sujet est fort. A mon sens, il nous montre deux types d'absurdité. D'une part un système politique, démocratique puis de dictature, (le régime des colonels), qui emprisonne des gens pour des idées qui au bout du compte ne le gênent pas tant que cela et d'autre part les convictions d'un homme qui alors que son monde idéalisé s'écroule autours de lui continue de lutter. Je ne sais pas s'il faut dire bravo ou pleurer devant cette attitude, quoi qu'il en soit bravo pour le courage (?) ou la folie (?) de cet homme. Après justement c'est là que pour moi le bât blesse, toutes ces pages nous racontent à peu près la même chose : tortures, privations, humiliations, passages a tabac, désespoir, etc... A force, le propos, à mon avis, perd de son sens, ce qui est tout de même grandement dommage pour ce type de récit. Mais bon il est intéressant de découvrir le travail des auteurs sur une période somme toute assez proche de la nôtre et fortement méconnue, cela apporte un éclairage sur la période actuelle, les évènements d'hier influençant ceux d'aujourd'hui, notamment au niveau politique.

10/11/2014 (modifier)
Par Erik
Note: 2/5
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C'est une très longue lecture où il faut s'accrocher. Il est vrai que l'ennui guette. Et pourtant, cela partait d'une bonne idée avec de bonnes intentions. C'est le parcours d'un homme au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale qui nous est conté dans une Grèce en proie au chaos de la guerre civile. Il s'agit pourtant d'une lutte pour ses idées. Cet homme sera emprisonné tout le long de sa vie pour être un combattant communiste. Il va endurer les pires exactions et les pires tortures sans jamais se renier. Et pourtant, lorsqu'on sait que l'idéologie qu'il a défendu a conduit à la mort de millions de personnes, on se dit que c'était un combat pour pas grand chose. Que de vies gâchées au nom de la politique! Cet ouvrage est un parcours de souffrance... Maintenant, je respecte le combat courageux de cet homme ayant réellement existé et qui est mort juste avant la parution de cette bd à l'âge de 82 ans. On parle beaucoup de la Grèce ces derniers temps avec cette terrible crise économique. On connaît moins son passé au cours des 60 dernières années. Ce titre peut permettre de combler ces lacunes.

23/02/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
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Un peu comme Alix, cette lecture ne m'a pas enthousiasmé plus que ça. La faute en premier lieu au rythme, très lent, où 150 pages retracent 5 ans de la vie du narrateur, avant que celui-ci fasse des bonds dans les années 1960, 70 et 80. C'est bizarre d'ailleurs, on ne sait pas trop ce qu'il a fait après ses différents séjours en prison et sa période militaire. On se doute qu'il a continué à militer au sein de son parti, avec des convictions d'un autre âge... A côté de cela son histoire est symbolique de la Grèce d'après-guerre, avec des sympathisants communistes mis au pilori, au propre comme au figuré, qui essaient d'instaurer un peu d'humanisme au sein des prisons, tout en subissant les pires humiliations, avant de rentrer dans le rang et de devenir presque à la mode. Pas inintéressant donc, mais peut-être qu'une adaptation un peu plus compacte aurait permis de mieux saisir tous ces éléments, sans renier bien sûr l'esprit du roman original. Le dessin de Daniel Casanave est un peu inattendu dans ce genre d'exercice, mais il a une énergie et un dynamisme assez étonnants pour être signalés.

19/04/2013 (modifier)
Par Alix
Note: 2/5
L'avatar du posteur Alix

Le contexte historique et politique m’avait pourtant l’air intéressant, mais je dois avouer que je me suis un peu ennuyé à la lecture de cet album. La faute à la nature même de l’histoire : Chrònis Mìssios se fait trimballer de prison en prison, et son histoire, aussi poignante soit-elle, est répétitive au possible, avare en action et rebondissements, et tire en longueur (192 pages quand même). Il faut aussi accrocher à ce genre de personnage. Moi, foutre sa vie en l’air et briser le cœur de sa mère pour défendre symboliquement une position politique, ça me dépasse un peu je dois avouer. Dire qu’il aurait pu mettre fin à son calvaire à tout moment en signant un bout de papier… Du coup j’ai eu du mal à m’attacher à Chrònis, ce qui n’aide pas la lecture. A part ça la BD est bien réalisée. L’adaptation semble habile (je n’ai pas lu le roman), et certains passages sont quand même bien vus. Mais globalement je suis passé à côté de cet album… à réserver aux révolutionnaires dans l’âme ?

25/03/2013 (modifier)