La Chambre de Lautréamont

Note: 2.75/5
(2.75/5 pour 8 avis)

« Un poète maudit, une plante hallucinogène, un piano qui parle, une écriture révélée par le feu, des relations sulfureuses entre deux poètes… » Attention, vous entrez dans un livre terriblement… réjouissant !


1872 - 1899 : de la IIIe république à la fin du XIXe siècle Milieux artistiques Paris Poètes et poésie

Préférant par paresse et facilité, être un pisse-copie plutôt qu’un poète sans le sou, Auguste Bretagne est feuilletoniste à la « Gazette de Paris ». Ce manque d’ambition littéraire provoque la risée des membres du Cercle des poètes zutiste (Rimbaud, Verlaine, les frères Cros…), qui ne manquent pas de multiplier à son insu des blagues d’un goût douteux. C’est d’ailleurs à l’une des réunions du cercle, qu’Auguste a rencontré d’Émily, une jeune et très jolie poétesse, dont il est follement amoureux. Autant Émily adore les soirées déjantées et excentriques des zutistes, qui souvent tourne en une déclaration de guerre envinée à l’encontre des Zaka-zaka, cette espèce nuisible d’artistes académiques à éradiquer, autant elle ne supporte pas en revanche le capharnaüm morbide (hibou empaillé, squelettes divers, corps non identifiés dans du formol…) qui règne dans la chambre en location où Auguste vit. Et pourtant, c’est un endroit d’exception, un lieu extraordinaire : Isidore Ducasse, comte de Lautréamont y vécut et y mourut à l’âge de 24 ans. « Chaque atome de cette pièce est imprégné de sa présence ». Une nuit, après avoir pris du peyotl, Bretagne et Rimbaud finissent au petit matin dans cette chambre, s’effondrant sur le lit. Est-ce dû à une hallucination ? Toujours est-il que Rimbaud entend jouer du piano et la voix de Lautréamont déclamer des vers à propos de sa verge. Ce serait donc le fantôme du comte de Lautréamont ? Auguste Bretagne n'est pas au bout de ses découvertes... Texte : Editeur.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 05 Janvier 2012
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série La Chambre de Lautréamont
Les notes (8)
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11/01/2012 | Alix
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Par sloane
Note: 1/5
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Dans le genre je veux faire de l'esbroufe, c'est totalement gagné! Allons donc, avec un auteur que l'on aime ou pas, il faut créer un buz comme disent les jeunes! Une intro qu'ici d'autres ont qualifié de comique,(si je résume bien), qui en tout cas n'apporte finalement pas grand chose. Car de quoi s'agit il? Lautréamont, un poète dans la veine des Baudelaire, Rimbault et consorts; les affres de la création pour un poète que l'on qualifiait de maudit. A chacun son goût, on aime ou pas. L'utilisation d'un background sensé être ancré dans une réalité supposée ne m'a absolument pas touché, alors oui ces cercles de poètes et d'écrivains en attente de publication ou de reconnaissance avaient du potentiel mais ici je trouve que tout cela est très basique. Le dessin n'est pas moche mais n'insuffle pas ce qu'il faut pour transcender l'oeuvre. Une seule idée me vient après cette lecture, un peu pénible, relire "Les chants de Maldoror", et aussi Baudelaire. Au final beaucoup d'esbroufe.

06/01/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Contrairement à Alix, je suis très gros lecteur de poésie, surréaliste essentiellement. Et j’ai donc été attiré par cet album faisant référence à Lautréamont – dont « Les chants de Maldoror » sont une œuvre majeure et bouleversante (autant que ses « Poésies » sont intrigantes d’ailleurs). Je laisse de côté le texte de présentation, qui est pour moi une vaste farce, de même que ce soi-disant professeur d’université semblant valider le tout. C’est peut-être une erreur, mais je n’y crois pas du tout ! Pour ce qui est de l’album proprement dit, je n’ai pas été enthousiasmé. Par le dessin d’abord, que je n’ai franchement pas aimé. Par l’histoire ensuite, dans laquelle je n’ai pas réussi à entrer vraiment. Original peut-être, mais pas réussi je trouve.

23/01/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
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Cet album est censé être une restauration du premier roman graphique, mais je pense que c'est un gros gag (et puis ce n'est pas de la fausse représentation et donc illégale ?). J'aime bien le dessin d'Édith et elle sait comment créer des atmosphères. En revanche, je trouve que le scénario est moyen. J'aime bien lorsqu'il se passe des trucs étranges comme par exemple au début lorsque Auguste reçoit une tête de mort, mais le reste comme la relation entre Auguste et Émily ou encore avec d'autres artistes m'a laissé indifférent. Je crois d'ailleurs que le seul personnage que j'aime est le policier. Le récit a de bonnes idées, mais il manque quelque chose pour que je le trouve passionnant.

16/10/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
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C'est certainement une bonne idée de ressusciter le premier roman graphique publié en 1874. Cela se présente comme une enquête d'un certain Auguste Bretagne qui semble en perte de vitesse dans un milieu artistique toujours plus avide de nouveautés. La figuration poético-narrative ne parlera pas aux communs des mortels. Cet ouvrage est par conséquent intéressant pour s'ouvrir l'esprit. Des soirées déjantés du cercle des poètes zutistes à l'extravagance d'un certain jeune Arthur Rimbaud, on sombrera vite dans un rêve éveillé peuplé de fantômes à l'aide de substances hallucinogènes. Au final, il n'y aura pas de révélations aussi fracassantes que promis mais une belle vision d'un monde artistique bouillonnant à la fin du XIXème siècle. Reste une grande question en suspend : est-ce bien une oeuvre fondatrice de la bd comme l'affirme l'auteur dans la préface ? Si tel était le cas, elle serait manifestement en avance sur son temps. On a envie d'y croire.

20/01/2013 (modifier)
Par Erwelyn
Note: 3/5

D'abord je n'ai pas du tout compris le message de l'intro et ce qui était finalement vrai ou faux. Le dossier de fin est très intéressant mais du coup je n'arrive plus à savoir si tout est dessiné par Edith ou si il y a vraiment eu des dessins retrouvés... Si l'on met ça de côté, j'ai bien aimé mais sans plus. Le dessin est particulier. Je trouve la vie de bohème bien décrite. Bien sûr il y a d'autres choses : un semblant de fantastique, d'enquête policière, un soupçon de décadence. On y retrouve aussi Rimbaud et d'autres... Normalement c'est une BD qui aurait dû me plaire mais je sens que déjà elle disparaît de mon souvenir. Mauvais signe ;-). Je mets 3 pour le complet de fin.

03/02/2012 (modifier)

Une semaine après la lecture qu’en reste-t-il ? Tout d’abord de très beaux passages narratifs où les traits même laids transmettent une forte émotion. Ensuite un récit qui suite les plantes psychotropes, le poète maudit et l’idéalisme. Le récit nous présente un ensemble de poètes avec le perpétuel conflit entre l’underground et l’officiel. Tout cela se mêle avec les policiers puisque dans ces milieux très surveillés il ne fait pas bon agiter les masses populaires par des idées trop révolutionnaires. Le récit se lit avec sympathie jusqu’à ce que les auteurs glissent un clin d’œil appuyé à la bande dessinée. Là vraiment c’est trop ; même si les passages sont courts et secondaires j’ai vraiment décroché de la narration devant cette volonté trop présente de défendre le 9eme art. Dommage car les personnages se laissent apprivoiser car ils sortent de leur archétype. (par exemple beaucoup aimé le policier) Des personnages écorchés vifs dessinés à la machette dans des décors parisiens glauques du 19eme siècle, cela peut paraitre excessif, et pourtant au-delà d’un premier aspect peu agréable, la qualité narrative de découpage et de mise en situation permet au lecteur d’enter complètement dans le sujet. De ce côté-là chapeau. La colorisation permet de magnifier un trait grossier pour faire ressortir l’ambiance du récit. Au final après une semaine, il ne me reste qu’une impression d’ambiance, j’ai aimé suivre le récit sans qu’il me passionne plus que çà. Le passage forcé sur le 9eme art m’a franchement fait sortir du contexte tant cela paraissait arriver comme un cheveu sur la soupe en l’introduisant au marteau piqueur. Bien aimé les poètes et leurs névroses, pas plus.

26/01/2012 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
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Les Chants de Maldoror est une oeuvre majeure de la poésie française, qui a apporté une gloire posthume à son auteur, de par la richesse de son verbe, l'ampleur de sa vision ou encore sa structure si particulière. Lautréamont, dont la vie reste entachée d'ombres, a amené autour de sa personne pas mal de fantasmes. Edith et Corcal nous proposent une nouvelle variation sur ces fantasmes, en produisant une sorte de biographie partielle fictive, autour de l'écriture d'un septième Chant de Maldoror, écrit dans des circonstances particulières, non par Lautréamont lui-même, mais par une autre personne... Celui qui découvrira ce dernier Chant est lui-même une sorte de poète obscur et maudit, comme paris en a connu des centaines, au XIXème siècle. Leur récit nous permet de côtoyer plusieurs génies de la littérature de l'époque, par le petit bout de la lorgnette, dans un récit plein de sensibilité et de respect. Cependant je n'ai pas été touché plus que ça. Le dessin d'Edith me laisse assez froid, je trouve qu'il manque d'expression, même si les ambiances sont assez réussies. Ensuite le récit partait assez bien avec cette histoire de voix de Lautréamont qui résonne dans son ancienne chambre, une option fantastique qui m'a plu mais qui a vite été éventée pour aller vers autre chose. Une orientation à laquelle j'ai été moins sensible. Ceci dit, l'ensemble est vraiment très agréable, plutôt intéressant, notamment concernant l'ambiance autour des auteurs parisiens de l'époque.

14/01/2012 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
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Cette histoire, largement inspirée par la vie du poète Isidore Lucien Ducasse et par ses « Chants de Maldoror » nous emmène dans un Paris de fin de 19eme siècle, sur fond de poésie et de luttes artistiques entre poètes et académiques. Malgré des thèmes a priori peu engageants (je ne suis guère réceptif à la poésie !) le récit est rythmé et passionnant, et le format « intrigue policière » et le ton sombre raviront les amateurs d'Edgar Alan Poe et de littérature fantastique et policière de manière générale. Les différentes révélations répondent à toutes les questions posées, et le récit se conclut de manière satisfaisante… la maitrise narrative est parfaite ! Le dessin est lui aussi parfaitement maitrisé, et retranscrit élégamment le Paris de l’époque et les délires intoxiqués de nos amis poètes. Le récit contient par ailleurs un clin d’œil rigolo à la bande dessinée… mais je vous laisse découvrir ça !

11/01/2012 (modifier)