Rails

Note: 3.29/5
(3.29/5 pour 21 avis)

Une bd qui revisite à sa manière la vieille utopie afro-américaine de l'état black indépendant.


Anticipation Autour du Rail David Chauvel Encrages Racisme, fascisme Utopies, Dystopies

Dans une Amérique déchirée par la violence, le flic métis Wolfe Pearse est chargé d'infiltrer un des gangs qui écument le pays à bord de trains blindés. Mais il trahit son camp pour intégrer un des ces gangs de noirs, dont l'extermination est l'enjeu d'une lutte pour le pouvoir... Ce récit marquait le début de la collaboration entre David Chauvel et Fred Simon.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Septembre 1992
Statut histoire Série terminée 4 tomes parus
Couverture de la série Rails
Les notes (21)
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01/06/2002 | ArzaK
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L'avatar du posteur Noirdésir

J’avais découvert – avec plaisir – la collaboration de ces deux auteurs sur Le Poisson-clown, dans un univers policier. Ici, dans leur précédente série en commun, on est davantage dans une ambiance s’inspirant de Le Transperceneige (le train y est pour beaucoup), de « Mad Max » ou d’autres univers mêlant ambiance d’anticipation, presque post-apocalypse, de la SF, et une guerre des gangs (ici Blancs contre Noirs). Si les passages se déroulant dans « l’univers blanc » peuvent être tout à fait contemporains (décors et comportements), avec une critique des moyens employés par certains groupes politiques – réacs et racistes (avec quelques résonnances actuelles !) – pour arriver au pouvoir, ceux mettant en scène les groupes de pirates noirs sont eux par contre moins « situables ». Voilà pour le décor. Quant à l’intrigue concoctée par Chauvel, elle est relativement basique, pas forcément très originale, et joue surtout sur le rythme donné par les combats très violents et les allers-retours entre villes blanches et gangs noirs. Mais il y a tout de même certains passages durs à suivre, autour de ce flic métis, infiltré chez les pirates, et dont la trajectoire est parfois surprenante. Quant à la fin, je l’ai trouvée un chouia bâclée (je trouvais de toute façon que l’action se délitait de plus en plus – un resserrage avec un tome en moins aurait sans doute été nécessaire). Le dessin de Simon est intéressant (il ne s’embarrasse pas des détails, c’est souvent basique – comme souvent pour certaines collection Delcourt, comme Neopolis ou Série B)). Je regrette juste que les visages de certains protagonistes soient difficiles à différencier. Mais son trait semi-réaliste – qui vire peu à peu à la caricature, est pas mal fichu. De la série B efficace mais pas trop originale, un emprunt permettant une petite lecture détente (les 4 tomes se lisent très rapidement).

30/01/2019 (modifier)
Par fab11
Note: 3/5

J'avais vaguement entendu parler de cette série d'anticipation et c'est le récent avis de jul qui m'a incité à emprunter l'intégrale noir et blanc en petit format à ma médiathèque( je n'ai trouvé que cette version ). Je vais être franc , je m'attendais à beaucoup mieux de la part des auteurs de la sympathique série Le Poisson-clown. Pourtant cette histoire d'anticipation commençait plutôt bien avec cette ambiance à la Mad Max ferroviaire .Par contre cette oeuvre me fait plutôt penser à une histoire de pirates qui ont troqué leurs bateaux contre des trains(dont certains sont armés de canons) qui ne ressemblent pas du tout à ceux que l'on peut croiser tous les jours. Dans cette Amérique futuriste les Blancs , qui détiennent le pouvoir , veulent exterminer les Noirs qui sillonent le pays à bord de ces fameux trains et qui s'attaquent à des convois ferroviaires tels des pirates du XVII ème siècle( d'ailleurs le chef d'un gang de pirates blacks possède un sabre qui aurait rendu jaloux Rackham le rouge). Afin d'arriver à leur fin des proches du gouvernement infiltrent un flic métis dans l'un de ces gangs. On ne s'ennuie quasiment jamais durant ce récit , car l'action y est omniprésente mais j'ai quand même réussi à m'impatienter avant la fin. Je pense que le fait d'avoir choisi la version noir et blanc y est pour beaucoup car je l'ai trouvé que cela rendait le récit trop monotone. L'histoire, au fur à mesure de ma lecture, me paraissait de moins en moins crédible. De plus je n'ai pas trop accroché avec le dessin de Fred Simon car j'ai eu du mal à reconnaître la plupart des personnages. Je suis certain que je n'aurais pas eu la même impression avec l'intégrale couleur de cette série. Bon tout ça pour dire que vous pouvez tout de même vous lançer dans cette aventure qui a parfois réussi à me plaire malgré son scénario assez classique finalement , mais par contre évitez la version noir et blanc.

27/03/2013 (modifier)
Par jul
Note: 3/5

J'ai lu cette série il y a longtemps. J'avais emprunté les 4 tomes à la bibliothèque et c'est longtemps après que j'ai acheté l’intégrale en noir et blanc (et en petit format). Je ne regrette pas cet achat, loin de là, mais la lisibilité est plus difficile en raison de la ligne claire (et du petit format) sans nuances de gris ou trames pour distinguer quelque chose. De plus, les personnages sont tous dessinés de la même manière ce qui, en l'absence de couleur, nuit à la compréhension de l'histoire et fatigue les yeux. L'histoire, parlons-en ! Le pitch est dément : dans une Amérique à l'époque indéfinie (une espèce de réalité parallèle où la ségrégation fait rage (un petit côté steampunk, sans le coté SF), certains noirs se sont transformés en pirates du rail et font régner la terreur à travers l'Amérique, en conduisant des trains customisés. L'état (ouvertement raciste) décide alors de contrer l'offensive en construisant des trains lui aussi mais aux couleurs du White Power, du Ku Klux Klan. Idée mortelle, du moins dans le 1er album car après c'est très routinier. De plus (je me répète) bien qu'étant assez soignés et expressifs, les personnages finissent par tous se ressembler et l'absence de couleurs enlève quelque chose. Donc à acheter pourquoi pas car c'est de la bonne série B, mais privilégiez les albums en couleur et grand format (d'occasion) (en plus les couvertures sont magnifiques).

13/02/2013 (modifier)
Par Gevaudan
Note: 3/5

Longtemps intrigué par cette série, j'ai fini par en lire l'intégrale, et cela m'a laissé un sentiment assez mitigé. J'ai beaucoup aimé le style graphique, net, très précis, avec un traitement des personnages parfois à la limite de la caricature, mais indéniablement original. Les paysages (sauvages ou urbains) comme les machines (mention spéciale pour les effrayantes locomotives de la Garde Blanche) m'ont particulièrement impressionné. L'univers de la série est riche et novateur. Cette Amérique ségrégationniste à l'extrême, où le transport aérien est aboli, laissant la place au rail, et à ses pirates, est une belle trouvaille. Les clins d'oeil à la célèbre Compagnie des Glaces sont présents, mais sans excès, et on sent que les auteurs ont construit un monde complexe et cohérent, dont ils ne nous dévoilent certains détails que lorsque l'intrigue le justifie. Et c'est quelque chose qui laisse la part belle à l'imagination du lecteur, ce que j'apprécie énormément. Malheureusement, l'intrigue en elle même est décevante. Partant sur des bases solides et pleines de promesses, elle s'enferme au fil des tomes dans une séquence de scènes d'action assez linéaire, qui ne profite que faiblement du potentiel de l'univers mentionné ci-dessus. La fin, sans être bâclée, laisse une impression frustrante d'inachèvement, avec énormément de questions non résolues et d'intrigues secondaires abandonnées. C'est dommage, j'aurais vraiment aimé aller plus loin.

05/06/2009 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Un futur hypothétique, qui mêle agréablement diverses époques. Des convois ferroviaires comme seuls moyens de transport sur longue distance. Des représentants de l’ordre détestables. Des gangs rebelles cruels mais finalement humains et accueillants. Un flic métis, partagé entre ces deux clans, qui optera bien vite pour le plus séduisant. Du rythme, … beaucoup de rythme. De l’emphase, … beaucoup d’emphase. Un dessin en noir et blanc (j’ai lu la version intégrale de la collection Encrages) très lisible mais impersonnel. Au total, cela donne une série d’anticipation classique, sans beaucoup d’originalité mais d’une grande efficacité. Un très agréable moment de lecture sans prise de tête, et certainement une série à emprunter à l’occasion (et plus si affinité).

04/05/2009 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Il est question de lutte entre blancs et noirs dans un futur proche aux Etats-Unis. Il s'agit également d'un Mad Max ferroviaire. J'ai beaucoup aimé cette histoire de pirates du rail qui sillonne le pays avec leurs trains équipés tel des navires de guerre. Il y a beaucoup d'originalité dans l'air. Un flic métis rejeté par les noirs et méprisé par les blancs essaye de s'infiltrer afin de démanteler le réseau. Il faudra choisir son camp dans une Amérique où le parti patriotique chrétien, ultraréactionnaire, domine et où une guerre raciale conduit implicitement à l'extermination des populations noires. Là également, il y a un réel manque de clairvoyance quant à la société du futur. Cependant, les situations ne sont guère manichéennes au travers des réflexions plus poussives. Cette saga reste très inégale dans son ensemble mais assez originale pour pouvoir l'apprécier.

05/02/2009 (modifier)
Par Tetsuo
Note: 4/5

Nostalgie de lecture adolescente… Rails m’a profondément marqué vers mes 16 ans, je lisais tout ce qui me tombait sous la main, sans réel esprit critique. Et sur beaucoup de titres de cette période, je n’ai que peu de souvenirs, pas assez pertinent pour imprégner ma mémoire. Mais Rails fait partie de ces bandes dessinée ayant changé mon rapport à ce média, lui conférant une place importante dans mon parcours de lecteur. Je n’ai d’ailleurs jamais abandonné la BD, certains titres renforçant et amplifiant mon amour pour cette lecture au fur et à mesure du temps. Rails donc préfigure un avenir pas très lointain, où l’évolution du monde tel que nous le connaissons n’est pas des plus amusant. Les Hommes blancs et les Hommes noirs, répartis en deux factions, s’opposent au travers notamment du chemin de fer, dernier refuge pour les peaux noires. Dans ce contexte particulièrement charmant, Pearse, un policier, se retrouve en plein cœur du conflit. Mais sa position est difficile : il est métis. Wolfe Pearse se révèle un personnage ambigu, cherchant continuellement sa place dans une société qui le rejette. Lui-même à des difficultés à appartenir à une communauté, souvent en décalage avec les idées de chaque camp. Sa nature de métis invoque peut-être sa contradiction, en recherche d’identité, il semble complètement perdu. On peut reprocher à Chauvel quelques simplicités scénaristiques, mais dans l’ensemble c’est un récit fluide, facile à suivre et entrainant. On a envie de savoir ce qu’il va arriver au héros et constater la mise en place des éléments du récit. Néanmoins, il privilégie l’action à l’aspect politique et social, c’est un peu dommage d’enlever cet aspect géopolitique. Il manque de profondeur dans le récit, l’analyse globale du conflit aurait pu apporter une valeur ajoutée. On se contente donc de rester en surface de ce problème interracial. Le dessin de Simon est vraiment de qualité, j’aime son trait fourmillant de détails, ses gueules expressives. Il a le don de créer des ambiances, de donner des impressions. Son dessin fait d’ailleurs pencher la balance pour une note très positive.

26/11/2008 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 2/5

C'est l'histoire d'un flic métis -aux USA- que ses supérieurs chargent d'infiltrer le gang des Jaguars, une terrible bande de Noirs. C'est tout ?... ben, en quelque sorte... Je reconnais quand même que les histoires -réalisées d'après un postulat et des développements quand même assez simples- sont violentes et efficaces. Le dessin ?... un bon graphisme servi par un trait semi-réaliste précis. Et tout ça pour ?... une série que j'ai pris un léger plaisir à lire (vite), bien construite, mais où j'ai senti la suite de chaque page tournée. Une bonne série, qui m'a permis de découvrir deux auteurs que je ne connais pour ainsi dire pas. Une bonne série à la fin de laquelle je me suis posé la question "...et tout ça pour quoi ?.." Je n'ai pas su y répondre. Et je ne me suis plus posé la question par la suite...

23/09/2007 (modifier)
Par Kalish
Note: 3/5

J’étais très enthousiaste à l’idée de lire cette série. La première d’un scénariste reconnu avec un dessinateur dont j’avais déjà pu apprécier le talent dans Le poisson-clown du même scénariste. L’ambiance, la toile de fond, tout y était pour que ça me plaise. Bah finalement je suis déçu, ça se lit beaucoup trop rapidement et on n’en ressort pas grand chose ; les gentils noirs veulent être reconnus, les méchants blancs veulent tous les buter. Aucun mystère, ni rebondissement, à aucun moment on n'est surpris par le déroulement de l’histoire. En plus de ça la voix off du héros devient gonflante et finalement ne sert pas à grand chose. Sinon, le trait de Simon est très bon, même si moins abouti que dans leur série suivante, et c’est ce qui rend la lecture vraiment agréable. Une bd qui présente des trouvailles intéressantes qui malheureusement sont sous-exploitées.

06/09/2007 (modifier)
Par pol
Note: 3/5
L'avatar du posteur pol

J’aime beaucoup le trait de Fred Simon. Je n’ai pas été déçu ici, tant par les dessins que par les couleurs, c’est de toute beauté. J’aime particulièrement bien les séries signées Chauvel. Rails est un de ses premiers scénarios (le premier ?) et j’ai trouvé ça pas mal, il était déjà bon, mais il a fait bien mieux depuis. C’est incontestablement une bonne BD d’action située dans monde bien pensé : Plus d’avion, mais d’immenses lignes de chemin de fer et des trains énormes. C’est original et le tout est placé dans un contexte ultra raciste ou les noirs sont obligés de vivre dans des gangs de pirate du rail. On ne s’ennuie pas mais ça manque un peu de subtilité pour en faire une BD passionnante. Ca manque un peu de finesse aussi toutes ces scènes de guerres. Il n’y a pas beaucoup de suspens, mais juste une suite d’évènements qui se lisent quand même bien. Si vous aimez Chauvel vous ne serez pas déçu, même si ça ne vaut pas Le poisson-clown par exemple.

07/01/2007 (modifier)