L'Île des riches

Note: 2.5/5
(2.5/5 pour 2 avis)

Quand le paradis des milliardaires se transforme en piège, la satire sociale de Christin et Titwane frappe là où ça fait mal.


Nouveautés BD, comics et manga Pierre Christin

Une île paradisiaque au milieu du Pacifique, plantée de rares et somptueuses villas d'architectes... C'est là que Sinclair est envoyé par son richissime patron pour négocier un achat. La mission devait donc se résumer à une visite des lieux, et quelques conversations avec les (plus ou moins sympathiques) îliens. Sauf que même les ultra-riches ne sont pas à l'abri des convulsions de mère Nature, et un ouragan est annoncé !

Scénario
Dessin
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 12 Juin 2026
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série L'Île des riches © Dargaud 2026
Les notes
Note: 2.5/5
(2.5/5 pour 2 avis)
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21/06/2026 | Blue boy
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Par Lodi
Note: 2/5

La belle couverture et l'idée d'une île de riches m'a incité à lire, parce que vive les îles et leur différence d'avec le reste du monde, les vagues en prime. Le nom des auteurs aussi, mais bof ! Seul le propriétaire de l'île est intéressant et sous-exploité : pourquoi loue-t-il des palais à ses hôtes, pour l'argent, les étudier, ne pas être seul ? On n'en saura rien, et la bd ne se relève pas de ça : vu que seul ce personnage est intéressant, il aurait fallu l'exploiter à fond. Je trouve l'idée en quelque sorte de châtiment des riches par une grande vague bien primitive : depuis au moins Noé, on juge les assaillis par les flots bien coupables et on présume que le lecteur se ralliera à ça j'imagine, car les riches sont souvent considérés comme coupables en France mais ici de quoi ? De chercher un abri ? Mais si nous le pouvions, nous le ferions sans doute. D'être pollueurs ? Le plus coupable est devenu un pauvre, non pour le crime d'être pollueur, d'ailleurs, mais parce que la manière dont il opère est bien primitive. Et si on veut démontrer quelque chose, on ne le fait même pas bien : il y a un riche cherchant des solutions pour la planète. Je comprends qu'il le fasse à l'abri, on se concentre mieux non harcelé par la peur, le temps, la foule.. Le scénario ne fait que présenter des personnages pour qu'ils soient finalement mis à l'épreuve par la vague, mais montrés très superficiellement, je me moque en vérité de tout ce qui peut leur arriver parce qu'ils ne sont pas réels. L'île est censée être belle mais on ne la contemple pas, des gens vont être traités comme dans un film catastrophe mais on ne les présente pas comme dans les films de ce genre, on ne moque donc de l'ile, des habitants et de la vague, car à part le maitre de l'île, tout est néant.

07/07/2026 (modifier)
Par Blue boy
Note: 3/5
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Dargaud publie un album à titre posthume scénarisé par un grand monsieur de la BD, Pierre Christin, décédé il y a deux ans, et dessiné par Titwane. Le récit était resté dans les tiroirs, Christin ayant plus ou moins renoncé à la publier en raison de ses problèmes de santé. Mais c’était sans compter sur l'amitié et la détermination de François Le Bescond, directeur éditorial chez Dargaud, qui a alors fait appel à l'auteur parisien, celui-ci ayant bénéficié des conseils de Christin jusqu'au bout. « L’Île des riches » évoque un sujet qui reste plus que jamais d’actualité, à l’heure où le capitalisme continue à maintenir ses serres sur le monde entier, indifférent aux ravages environnementaux et sociétaux qu’il contribue à produire et desquels nous sommes désormais témoins, entre les canicules à répétition, la montée des eaux, la pollution des sols et des océans, la liste est longue… Ces ultra-riches, dont Elon Musk peut se revendiquer chef de bande, ne représentent que 1% de la population planétaire et consomment à eux seuls 50 % des ressources. Leur dernière lubie ? Acheter des îles « paradisiaques » à des Etats en manque de fonds pour une bouchée de pain. Ces initiatives ont de moins en moins bonne presse, ne serait-ce qu’avec l’affaire Epstein, ce milliardaire décédé en prison (dans des circonstances troubles) et qui avait fait de son île un lupanar géant pour VIP pédophiles, où il conviait tout le Who’s Who mondial. Rappelons qu’à ce jour, l’affaire est toujours en cours mais qu’en France, où Epstein possédait un hôtel particulier dans la capitale, la justice n’a toujours pas été saisie… Avec cette « Île des riches », les auteurs dressent un portrait au vitriol de cette caste de nouveaux milliardaires de la tech. Totalement indifférents au sort du monde, ils se la coulent douce dans leurs villas luxueuses et se baffrent au bord des piscines, grâce aux cargos venus du monde entier pour ravitailler l’île des meilleures viandes et poissons, des meilleurs vins… Comme le constate Sinclair, mandaté par son patron pour une visite de reconnaissance, les invités ne risquent pas de mourir de faim, ni de soif… Mais dans leur bulle idyllique, sont-ils pour autant à l’abri des réalités imposées par Dame Nature, comme ce tremblement de terre qui vient de se produire au fond de l’océan et risque de déclencher un tsunami ? Tic-tac, tic-tac, le compte à rebours vient de commencer... Le scénario est bien mené, jusqu’à la scène de panique finale, où l’on éprouve une certaine jubilation à voir ces personnages se croyant au-dessus de la mêlée se retrouver entassés et prêts à s’écharper, dans des bateaux de fortune dépourvus du confort auquel ils sont habitués. Soudainement, ces « demi-dieux » privilégiés se retrouvent figurants médiocres d’une mauvaise télé-réalité… Titwane livre un dessin semi-réaliste plutôt classique, avec une bonne maîtrise du mouvement et du cadrage. Les visages sont expressifs, au bord de la caricature, ce qui convient bien pour ce type d’engeance dont la fortune n’a pas suffi pour acquérir la noblesse d’âme… Pour les pleines pages montrant la toute-puissance de l’océan, l’auteur a recouru à une aquarelle vivifiante, contrastant avec les bouffonneries grotesques des humains à l’esprit étriqué… Sans atteindre le niveau de ses premières œuvres, dont les plus connues restent Valérian et "Les Phalanges de l’ordre noir", le scénario, bien que prévisible, reste de bonne tenue. De plus, à la lumière du contexte politico-économique actuel, ce récit prend une dimension tout à fait pertinente. Et même si un tsunami reste un phénomène tout à fait naturel, la montée des eaux provoquée par la fonte des glaciers porte indéniablement la marque de l’Homme et du système capitaliste mortifère qui n’en finit pas de ravager notre environnement et nos consciences.

21/06/2026 (modifier)