Adam et Eve - La Genèse
Que la lumière soit.
Auteurs italiens La BD au féminin
Au commencement, il y avait les ténèbres, puis Dieu créa en six jours un univers resplendissant de beauté où toute chose avait sa place : les animaux, les végétaux, le ciel, les étoiles et… Adam, le premier homme qu’il conçut à son image. Bientôt, Dieu donna à Adam une compagne, Ève, et tous deux goûtèrent aux joies de l’Éden. Mais Ève succombe à la tentation du serpent. En voulant avoir accès au Savoir, elle mange le fruit défendu. Par ce geste, elle enfreint les règles édictées par Dieu et provoque son courroux vengeur. L'homme se retrouve alors à devoir gagner son pain à la sueur de son front et la femme à enfanter dans la douleur. Chassés du paradis par l'archange Michel, Adam et Ève seront les premiers hommes à peupler la Terre en portant le fardeau du péché originel… « La Sagesse des mythes, contes et légendes » se penche sur le mythe fondateur d’entre tous, celui de la Genèse et des premiers hommes selon la Bible.
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| Date de parution | 20 Septembre 2023 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
Cet album ne se contente pas de raconter le seul récit d'Adam et Ève comme son titre pourrait le laisser penser. Il va plus loin en intégrant aussi l'histoire d'Abel et Caïn, puis en développant l'errance de Caïn, la naissance d'Hénoch et le devenir de la ville qui porte son nom. Cette dernière partie m'a d'ailleurs surpris, car elle n'est pas détaillée de cette manière dans la Genèse (en tout cas pas à ma connaissance), contrairement à ce que pourrait laisser entendre le sous-titre de l'album. Et à l'inverse, le récit ne dit absolument rien de Seth, pourtant troisième fils d'Adam et Ève et ancêtre supposé de l'humanité dans la tradition biblique, ce qui est assez étonnant. Pour le reste, on est face à une adaptation globalement fidèle au texte. Il n'y a donc pas de grandes surprises pour qui connaît déjà la Genèse, mais l'ensemble est raconté de manière fluide, bien rythmée, et plutôt agréable à lire. Le dessin est classique mais solide, et accompagne efficacement le récit sans vraiment marquer durablement. Cette fidélité a aussi pour effet de laisser apparaître assez clairement les incohérences du texte biblique. La malédiction qui frappe Caïn est présentée comme terrible, mais ne l'empêche visiblement ni de survivre ni de fonder une famille, voire une civilisation. Et surtout, rien n'explique l'origine de sa femme, qui apparaît au détour d'une case alors qu'Adam et Ève sont censés être les seuls humains sur Terre. Le dossier documentaire en fin d'album n'apporte, lui non plus, aucun éclairage sur ces zones d'ombre : il préfère s'orienter vers une réflexion plus philosophique sur le Bien, le Mal et la figure du Diable, ce qui peut être intéressant en soi, mais laisse de côté certaines questions concrètes que le récit soulève pourtant assez naturellement. C'est une adaptation sérieuse et plutôt bien menée dans sa forme, mais qui reste très sage, sans prise de risque, et qui n'exploite pas forcément tout le potentiel de questionnement que ce texte fondateur pourrait offrir.
La collection « La Sagesse des mythes » se développait essentiellement autour des mythes de l’Antiquité – principalement grecque. Voilà que Glénat semble vouloir la prolonger d’une collection « proche » (par le nom, la direction de Luc Ferry – qui signe encore « l’analyse » dans le dossier en fin d’album). Mais cette collection « La sagesse des mythes, contes et légendes » me semble carrément fourre-tout : en effet, le mythe biblique d’Adam et Eve ici traité voisinera avec des choses plus « littéraires » comme Lancelot, Don Juan, Carmen, Tristan et Iseult (pour ceux qui sont d’ores et déjà publiés ou annoncés). Je ne suis pas convaincu par cette extension, qui fait un peu « ratissage » pour pouvoir prendre tout et n’importe quoi. Bon, je ne sais pas si cet apriori négatif a joué, mais toujours est-il que je n’ai pas aimé cet « Adam et Eve ». il peut se laisser lire, mais je l’ai trouvé creux, mièvre, manquant singulièrement d’allant, de force épique. On y trouve une version classique de la Genèse, autour d’Adam et d’Eve donc, puis de Caïn et Abel et de leur descendance, qui peuple la Terre en travaillant, subissant générations après générations les conséquences de la prétendue faute d’Eve. On reste dans une vision très sexiste, mais aussi manichéenne, autour de la notion de « mal ». Mais l’athée que je suis s’est ennuyé durant cette lecture (courte au demeurant), il n’y a pas là de merveilleux (comme dans le tableau de Bosch « Le jardin des délices – reproduit pour illustrer le texte de Ferry) pour contrebalancer un discours très normé et castrateur. Le texte de Ferry se concentre uniquement sur la notion de Mal/Satan, mais la partie BD semble exempte d’allégorie et, prise comme un récit lambda, elle est très quelconque. J’ajoute que je ne suis pas fan du rendu du dessin – et surtout de la colorisation (affaire de goût peut-être, c’est quand même très lisible).
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