Rust River City
Une histoire intrigante dans une ville imaginaire et obscure des Etats-Unis
Auteurs africains Ciboulette Les petits éditeurs indépendants
Dean, veuf et vétéran de la guerre du Vietnam, se fait licencier du jour au lendemain. Un pack de bières bon marché en guise de cadeau d’adieux, il rentre chez lui et annonce la terrible nouvelle à ses deux fils. Nous sommes à Rust River City et le travail est une denrée rare, d’autant plus que désormais une partie de la production de Mericor, l’usine de la ville, est délocalisée en Chine. Dean enchaîne les boulots ingrats tout en travaillant chez Planet Chicken, un fast-food où les employés sont contraints de porter un stupide bonnet de poulet. C’est alors qu’une opportunité peu banale de gagner de l’argent s’offre à lui…
| Scénario | |
| Dessin | |
| Traduction | |
|
Editeur
/
Collection
|
|
|
Genre
/
Public
/
Type
|
|
| Date de parution | 18 Avril 2025 |
| Statut histoire |
Série en cours
(Un second tome est prévu)
1 tome paru
Dernière parution :
Moins d'un an
|
Les avis
Il y a des choses originales et/ou intéressantes dans cette histoire. Mais ce premier album m’a quand même laissé de côté, au point que je ne suis pas sûr d’aller lire la suite et fin dans le prochain tome. Le dessin est original – la colorisation aussi d’ailleurs. Foin de réalisme. Mais j’ai vraiment eu du mal avec. L’histoire se développe dans une ambiance un peu glauque, en tout cas crépusculaire. Un brave type – qui élève seul ses deux mômes – se retrouve au chômage, multiplie les petits boulots, accusant les Niaks, les Juifs, d’être responsables de sa mouise, tout en ressassant ses souvenirs du Vietnam. Jusqu’à se voir proposer de devenir acteur porno… Il y a dans ce récit une vision noire – et finalement pas si éloignée que ça de la réalité – d’une certaine société déclassée et reléguée de l’Amérique profonde. Et, si certaines couleurs flashy s’invitent, c’est plutôt le sombre qui domine. Mais voilà, j’ai eu du mal à m’intéresser à cette histoire, et les dialogues, souvent – trop – abondants, rendent certains passages un peu indigestes. Je pense en fait que ça n’est pas ma came. Note réelle 2,5/5.
S’il y a bien une chose que j’aime par-dessus tout, c’est de me laisser embarquer dans une histoire que mes a priori, parfois pour d’obscures raisons, m’empêchaient d’empoigner. C’est le cas avec ce premier tome signé Joe Daly dont j’appréciais pourtant le travail jusqu’ici. Quand mon fournisseur de BD m’a fait l’article de Rust River City, il y avait une petite partie de mon cerveau qui se méfiait, sans réel motif. Il se trouve que l’occasion m’a été donnée de la lire dans le cadre de mon boulot, et je suis emballé, au point que j’envisage d’en faire l’acquisition. D’abord, il y a le dessin, ici indissociable des couleurs, audacieuses, crépusculaires. Il se dégage une ambiance forte qui confère à cette histoire finalement très terre à terre un petit quelque chose d’irréel, voire carrément hypnotique. Cette impression se confirme lorsque l’on referme ce premier volume. En effet, la fin laisse entendre que la suite ouvrira sur quelque chose d’autre, quelque chose de tout à fait différent. En tout cas, cela augure d’une suite truculente, et ma curiosité a été on-ne-peut-plus aiguisée. Pourtant, ce n’était pas gagné. Après quelques pages un peu plan-plan, je me suis laissé cuire à petit feu. Sans doute fallait-il ce temps d’adaptation car le ton est particulier. Et l’histoire l'est tout autant. Tout est baigné d’un esprit typiquement « indé ». Des références filmographiques n’ont cessé de me chatouiller, et non des moindres. On songe en effet au cinéma de Sean Baker (le film Tangerine notamment pour son atmosphère et ses dialogues), à des films tels que War Pony de Gina Gammell et Riley Keough, 90’ de Jonah Hill, ou bien encore au cultissime Big Lebowski qu’on ne présente plus. Les dialogues, dont les pavés de textes peuvent rebuter (ce qui a sans doute joué dans mon cas), sont bons, néanmoins très crus, voire vulgaires, mais souvent drôles. Le scénar prend son temps pour se déployer, mais c’est aussi ce qui permet de se sentir en intimité avec les personnages qui, pour certains, en deviennent même sympathiques. C’est le cas notamment du héros, Dean, un ouvrier vétéran du Viêt-Nam, que sa détestation pour les asiatiques rend pourtant très antipathique. Mais on finit par entrevoir son côté humain, touchant, mal assuré et même sensible… Même les ados, dont les aventures occupent de nombreuses scènes parallèles à celle de Dean, deviennent proches du lecteur alors que certains d’entre eux sont franchement cons. Le plus étonnant dans cette BD, c’est que l’histoire se déroule dans un contexte d’une affligeante banalité : ville sordide, contexte très actualisé (même si se déroulant à l’époque de la cassette vidéo) sur fond de marasme économique et de chômage, de racisme, de masculinisme en fin de règne, mais également de ce sentiment de perdition de la jeune génération… Bref ! C’est une lecture tout à fait singulière qui me fait patauger dans l’impatience. Vivement le tome 2 qui sera aussi la conclusion et promet de basculer vers un truc qui pourrait bien prendre un détour complètement fantastique. Un coup de cœur tout à fait inattendu !
Site réalisé avec CodeIgniter, jQuery, Bootstrap, fancyBox, Open Iconic, typeahead.js, Google Charts, Google Maps, echo
Copyright © 2001 - 2026 BDTheque | Contact | Les cookies sur le site | Les stats du site
© L'Association 2025