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Journal inquiet d'Istanbul

Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)

L'histoire vraie d'Ersin Karabulut, célèbre artiste de bande dessinée turc ; son parcours des banlieues déshéritées d'Istanbul aux sommets de l'édition et de la presse satirique ; comment il vécut, parfois en première ligne, les bouleversements et l'agitation politique de son pays, une Turquie transitant lentement d'une démocratie à un régime autoritaire.


Autobiographie La Turquie Les coups de coeur des internautes Profession : bédéiste

En même temps qu'il raconte son parcours d'artiste et de citoyen lambda, Ersin Karabulut dresse le portrait d'un pays tiraillé par des antagonismes politiques et sociétaux profonds, dont l'histoire récente est faite de coup d'états, d'espoir, de désillusion et de drames.

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 19 Août 2022
Statut histoire Série en cours 1 tome paru
Dernière parution : Moins d'un an

Couverture de la série Journal inquiet d'Istanbul © Dargaud 2022
Les notes
Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)
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17/08/2022 | Mac Arthur
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Par Canarde
Note: 3/5 Coups de coeur du moment
L'avatar du posteur Canarde

Les débuts d'un jeune auteur de BD en Turquie. Un dessin et un regard agréable, sur un sujet nouveau pour moi, mais qui rappelle le Persepolis de Marjane Satrapi en Iran, ou L'Arabe du futur de Riad Satouf dans les périodes syriennes, c'est-à-dire le regard d'un enfant sur une dictature en formation. Des points communs donc entre ces trois récits : la distorsion entre le regard d'un enfant qui fait part de ses observations judicieuses sur un environnement que les adultes ne peuvent percevoir de la même façon, grippés qu'ils sont par la peur, l'inquiétude, la résignation ou l'indignation. Une part d'humour donc provoqué par ce décalage enfants/adultes et observation factuelles/motivations politiques. Les trois livres ne vont pas cependant aussi loin que le Guide Sublime de Fabrice Erre qui s'affranchit complètement de la réalité pour mettre son dictateur imaginaire aux prises avec le ridicule de ses décisions, un ridicule qui arrive presque à désarçonner ses bras droits. Ici nous sommes les deux pieds dans la réalité historique Turque, plus récente toutefois que celle retranscrite en Iran par Marjane Satrapi qui remonte au shah et même rêve à la naissance de la Perse. L'environnement social d'Ersin Karabulut (quel nom dépaysant) est constitué de personnes éduquées et plutôt modérées, mais pas très riches et qui ne souhaitent pas faire de vague. Ici peu de référence à une famille élargie comme dans les deux autres albums, c'est le milieu des revues de BD qui l'intéresse, et la montée des barbus qui est le principal ressort dramatique, c'est peut-être pour ça que je suis moins emballée. On sait peu de chose de l'histoire de sa famille, que fait sa sœur, etc... et finalement, cela manque d'épaisseur psychologique Le coup de cœur porte surtout sur le dessin : un caractère des visages qui me rappelle un peu Derf Backderf (Mon ami Dahmer) , du comics underground, mais adouci par la colorisation aquarellée. A mesure que l'enfant grandit, sa vision du monde semble devenir plus proche de la réalité et le dessin devient, lui aussi, plus réaliste. Des photos en fin d'album permettent d'en juger. Ce passage de la caricature comique vers le dessin sensible et précis laisse imaginer un avenir différent pour cet auteur. En tout cas retenez ce nom : Ersin Karabulut, prononcez-le à haute voix, pour le plaisir : je pense qu'on entendra parler de lui...

23/11/2022 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Je ne trouve pas cette autobiographie exceptionnelle, d’un point de vue narratif… mais je la trouve extrêmement intéressante du fait même que son auteur est originaire de Turquie. Et de ce simple fait découlent deux centres d’intérêt pour moi : découvrir le milieu de la bande dessinée en Turquie et voir la situation politique de la Turquie au travers du regard d’un de ses habitants. Ce premier volume me comble de ces deux points de vue. J’en ai, de fait, beaucoup appris sur le milieu de la bande dessinée en Turquie, avec des passages réellement étonnants comme le redécoupage et remplissage des blancs dans les albums de Tintin. Et d’un point de vue politique, les réflexions de l’auteur, ses craintes et ses doutes donnent une vision très nuancée de ce que sont la gauche et la droite en Turquie, avec une gauche qui laisse la porte ouverte à un intégrisme religieux et une droite militaire qui semble être garante de liberté d’expression… ou pas. C’est en tous les cas très éloigné de la vision que j’aurais pu avoir de prime abord, l’image donnée est plus complexe et parfois carrément effrayante. La manière dont Ersin Karabulut se met en scène est également notable. Son récit transpire de sincérité et il n’hésite pas à s’attribuer un rôle de salaud à l’occasion (sa relation avec sa première vraie petite amie en est un bon exemple). Reconnu pour ses talents de caricaturiste, il reste dans cette voie même lorsqu’il s’agit de faire son autocritique. Son trait est ici moins travaillé que dans d’autres travaux que j’ai pu lire de lui mais il garde ce style caricatural à la limite du grotesque. Les planches sont très expressives et, visuellement, c’est dynamique et agréable à lire. Plus intéressant du fait des origines de son auteur que grâce à une quelconque innovation au niveau narratif, cette autobiographie nous permet de découvrir un pays pas spécialement reconnu pour sa bande dessinée et plutôt critiqué pour sa politique tant intérieure qu’extérieure au travers du regard d’un auteur concerné au premier degré par ces deux aspects.

17/08/2022 (modifier)