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Labyrinthus

Note: 2/5
(2/5 pour 1 avis)

Et si nous n’étions que des cobayes ?


Christophe Bec École européenne supérieure de l'image

2057. La Terre est sous la menace d’un phénomène sans précédent. Depuis quelque temps, de mystérieuses cendres tombées du ciel recouvrent les paysages et villes d’une couche uniforme. Et partout dans le monde, de nombreux cas de maladies respiratoires sont recensés. Très vite, les autorités scientifiques et politiques sont unanimes : la « cendre » est en réalité une arme de destruction massive envoyée pour décimer l’humanité ! Pour comprendre les origines de ce fléau et tenter d’y mettre fin, une équipe est alors envoyée vers Phobos, satellite de Mars duquel proviendrait l’épidémie... Christophe Bec, scénariste de Carthago et de Siberia 56, revient à son genre de prédilection dans un captivant thriller de SF aux accents lovecraftien, mené par une équipe de héros aussi bigarrée que charismatique. Mystères, aventure et angoisse sont au menu de ce diptyque duquel émergent de véritables questions sur notre rapport à l’écologie.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 26 Août 2020
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus
Couverture de la série Labyrinthus

07/04/2021 | Noirdésir
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L'avatar du posteur Noirdésir

Je ne sais pas pourquoi Bec prend la peine de mettre son nom sur la couverture d’une nouvelle série, tant un simple coup d’œil sur les couvertures et un rapide feuilletage permet de reconnaitre sa production. En tout cas, cette série est clairement à réserver à ses fans, et particulièrement à ceux qui ne souhaitent pas sortir de schémas déjà vus et revus chez lui. Dès le début en effet on sent le Bec, avec cette série d’événements se déroulant sur des lieux différents, à des époques différentes, qui entretiennent un certain mystère, et qui semblent liés à une activité extra-terrestre (sauf qu’ici ce n’est pas sur Mars, comme Olympus Mons, mais sur un de ses satellites, Phobos, que l’intrigue va se focaliser). Quant au deuxième album, il se déroule dans un huis-clos souterrain et oppressant, qui rappelle souvent Sanctuaire ou Carthago par exemple. Bref du déjà-vu assaisonné d’une nouvelle sauce. Bec mène ensuite sa barque de façon classique, la narration est globalement fluide. Mais, outre que je me lasse facilement des redites de Bec, plusieurs choses m’ont franchement gêné. D’abord c’est très verbeux, avec une police de caractère souvent trop petite, la lecture est à certains endroits laborieuse (et le dessin de Neaud, globalement bon – avec même de très belles planches, joue sur les ombres, l’obscurité des décors, ce qui accentue donc les difficultés de lecture). Mais c’est l’histoire elle-même qui pose problème. Au milieu des militaires envoyés sur Phobos, un autiste, recruté pour certaines de ses facultés : cette équipe doit détruire l’entité extra-terrestre, qu’on soupçonne installée ici (depuis des semaines, des créatures/vaisseaux diffusent sur Terre des cendres mortelles, un virus faisant périr les ¾ de l’humanité !). Si l’action sur Phobos dans le deuxième tome singe Sanctuaire ou d’autres récits du même type (avec divers artifices fantastiques), la deuxième moitié de ce deuxième tome prend un tour délirant et tout à fait improbable : l’autiste saisit brusquement les vues extra-terrestres (extrapolant une théorie incroyable à partir de rien), arrive à convaincre les dirigeants du monde entier réunis en conseil (avec une présidente des USA aux airs d’Angela Merkel) que finalement ces extra-terrestres sont plutôt cools de nous avoir ouvert les yeux sur les catastrophes engendrées par l’expansion humaine, et que donc leur virus malthusien permet de repartir sur de bonnes bases… Improbable, et en plus un prêchi-précha dans lequel Bec essaye de glisser à peu près tout et n’importe quoi dans une grande naïveté. Bref, si j’étais prêt à mettre trois étoiles pour ne pas décourager les complétistes de Bec, cette dernière partie m’a définitivement rebuté.

07/04/2021 (modifier)