Ar-Men - L'Enfer des enfers

Note: 4.06/5
(4.06/5 pour 17 avis)

Une plongée fantastique dans le plus mythique des phares, Ar-Men !


BD à offrir Best-of des 20 ans du site Bretagne Documentaires Les phares Les prix lecteurs BDTheque 2017 Nouveau Futuropolis One-shots, le best-of

Ar-Men est le phare le plus exposé et le plus difficile d’accès de Bretagne, c’est-à-dire du monde. On le surnomme " l’Enfer des enfers" Mêlant fiction, documentaire et légendes, épopée autant que récit intimiste, Emmanuel Lepage livre un récit de forte intensité.

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 16 Novembre 2017
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Ar-Men - L'Enfer des enfers © Futuropolis 2017
Les notes
Note: 4.06/5
(4.06/5 pour 17 avis)
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19/11/2017 | herve
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Par Emka
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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Décidément, il est fort ce Emmanuel Lepage. Il nous livre ici bien plus qu’une simple BD sur un phare. C’est une incursion, presque mystique, dans l’univers brut et impitoyable de la mer d’Iroise, où le phare d’Ar-Men (l’enfer des enfers) se dresse comme une sentinelle à l’écart de tout. Les premières pages font immédiatement sentir le sel, l’humidité et la solitude de ce lieu où Germain, un gardien solitaire, assure la veille. Et le talent artistique de Lepage y jour pour beaucoup avec cette intensité du bleu profond de la mer et la texture presque palpable des vagues, tantôt sereines, tantôt déchaînées. L’histoire jongle assez habilement entre plusieurs récits : Germain, dans sa solitude, se remémore les mythes et légendes bretonnes, comme celui de la ville d’Ys, engloutie par les flots, tout en explorant la construction chaotique du phare à travers les souvenirs de Moïzez, un bâtisseur aussi tenace que les éléments qu’il affrontait. Les récits s’imbriquent, mêlant réalité historique et folklore breton, avec l’Ankou et les marins de l’île de Sein qui y font leur apparition, évoquant un passé où mythe et quotidien se confondaient. Lepage jongle avec des styles visuels différents pour rendre ces périodes et ces histoires distinctes. Ca fonctionne très bien même si les différents niveaux de récits, entre mythologie et histoire personnelle, peuvent sembler presque dispersés par moments. On passe de la solitude de Germain aux légendes de Ker-Is, avant de revenir au quotidien rude des bâtisseurs du phare. Cette superposition renforce aussi l’aspect mystique du lieu et du récit, comme si Ar-Men était le point de convergence de toutes ces histoires. Visuellement, c’est un pur régal. Lepage capture la violence de la mer, la force brute des vagues s’écrasant sur le phare, et la lumière du fanal qui transperce la nuit noire. Chaque case est un hommage à l’immensité de la mer et à la petitesse de l’homme face à elle. Les scènes de tempête, en particulier, sont magnifiques. Une BD qui sent la mer, au récit riche et équilibré et avec les superbes illustrations d'Emmanuel Lepage pour relever le tout. Que demander de plus ?

14/11/2024 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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Ahhh Emmanuel Lepage, il ne faut décidément pas louper ses créations. Même si le sujet principal reste Ar-Men, phare érigé à l'extrémité Ouest de l'île de Sein en Bretagne, n'allez pas penser qu'il n'y ait que ça à retenir, oh que non! En réalité, l'auteur nous fait voyager à travers les âges pour mettre en lumière toute une histoire régionale. La prise de recul offerte par la narration nous permet d'apprendre plein de choses. Mais ne pensez toujours pas que c'est juste une BD-docu! Toutes ces histoires sont des aventures, inspirantes et extraordinaires, dont il faut en extraire l'essence et les faire confronter entre elles pour saisir tout l'intérêt du bouquin. Après, c'est du Lepage tout craché (tout bisou plutôt, parce-que je l'adore) : pour une 4ème découverte de cet auteur, il est encore et toujours question du rapport entre l'Homme, son histoire, son orgueil face à la nature, la nature elle-même et ce que l'individu pourrait tirer de tout cela, à commencer par le lecteur. On retrouve aussi ce travail de mémoire, cette volonté de partager des connaissances et de nous faire grandir. Bref, ce sont des thèmes ancestraux et éternels qui permettent à Lepage, je trouve, d'avoir des BD intemporelles et à portée universelle. La petite chose en deçà que j'ai en tête, c'est mon intérêt porté sur le personnage principal. J'ai l'habitude de lire Lepage se mettre en scène et structurer ses pensées. Ici, nous suivons Germain, personnage fictif. Le ton est donc forcément plus impersonnel, ce qui m'a fait prendre quelques distances. Et même si j'ai beaucoup d'intérêt pour les solitaires, je n'ai pas été convaincu dans l'absolu, trouvant cette partie d'histoire trop accessoire ou sous-exploitée. On commence à connaître le gaillard: si Lepage avait eu l'opportunité de vivre 30 jours dans le phare par exemple, il se serait mit en scène j'en suis sûr, et le récit aurait été autrement grandiose! Et par-dessus tout, je suis toujours ébahi par la magnificence du dessin, qui nous fait rendre compte de la fragile ou dévastatrice beauté de ce qui nous entoure. Lepage m'émerveille par ses planches absolument somptueuses. Comment ne pas voir, même ressentir, le fracas des vagues contre le phare, ces tempêtes sur le récif, ces oiseaux virevoltant au-dessus des rochers indissolubles, ces plans larges avec l'océan pour seul horizon... La notion d'émerveillement est toujours là graphiquement, moins scénaristiquement (aussi parce-que nous ne retrouvons pas l'œil de l'auteur, cf. paragraphe précédent). C'est intelligent, sensible, immersif et contemplatif. Du Lepage comme on aime. Ca s'achète les yeux fermés.

24/07/2022 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5
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Mais mais mais, c'est quoi tous ces 3/5 ? Sans doute que Lepage met la barre graphique à chaque fois plus haute et les attentes des lecteurs n'en sont que plus aiguisés, l'erreur épiée. Cette vision de la mer, ces rendus de rochers balayés par la houle, à se damner de beauté. Un sujet qui a sans doute toujours traîné dans un coin du cerveau de l'auteur, une passion qui tourne presque au culte. La mer, l’océan, les éléments naturels bigger than life, encore et toujours. Belle idée d'alterner une histoire à vue d'homme et un documentaire sur la construction de ce phare (j'ai encore du mal à m'imaginer ces travailleurs en sabot tapant la roche à coup de barre à mine). Et maintenant j'attends de voir la prochaine claque visuelle que m'infligera Monsieur.

04/03/2022 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Yann135

Avec cet album, vous plongez dans l’histoire du phare d’Ar-Men, ce phare majestueux construit entre 1867 et 1881 à l’extrémité de la chaussée de l’Ile de Sein, en mer d’Iroise, à la pointe ouest de la Bretagne. Il est surnommé par les gardiens de phare, l’enfer des enfers. Les coups de boutoir portés par la grande houle pendant les tempêtes pouvaient faire trembler tout l’édifice, rendant ces périodes particulièrement difficiles pour les gardiens. C’est dans cet endroit particulier, un phare accroché à un minuscule rocher au milieu des eaux qu’Emmanuel Lepage nous emmène. Dans son récit il entremêle, la vie des gardiens qui doivent contre vent et marée maintenir la lanterne allumée, la construction titanesque de cet édifice pendant presque quinze années et les légendes bretonnes. On vogue donc allégrement entre hier et aujourd’hui. L’histoire est envoûtante et attrayante. La mer est omniprésente. Les vagues sombres et violentes fracassent ce bout de terre perdu dans la mer d’Iroise. Chaque planche est magnifique. La colère de l’océan est magnifiée par le trait d’Emmanuel Lepage. Mais que c’est beau. Quel talent. Le rendu est magnifique. Cet album, hommage à l’océan en furie, à la Bretagne et aux gardiens de phare, est admirable. Pour le plaisir des yeux je vous recommande cet album sans équivoque. Vous serez assurément fascinés par cette histoire du phare d’Ar-Men. Si vous passez par Sein un de ces quatre, pour le reconnaitre dans la nuit … trois éclats toutes les vingt secondes.

13/12/2020 (modifier)