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La Déconfiture

Note: 3.11/5
(3.11/5 pour 9 avis)

Juin 1940. La débâcle de l’armée française et l’exode pour des millions de civils. Les repères quotidiens ont éclaté. C’est le grand chaos. À travers le destin d’un simple bidasse, Pascal Rabaté raconte cet été de désordres et de bouleversements extraordinaires.


1939 - 1945 : La Seconde Guerre Mondiale [Seconde Guerre mondiale] Europe de l'Ouest

D’une écriture sobre et parfois crue, Pascal Rabaté ravive notre mémoire sur cette période noire et porte un regard sensible sur la débâcle de 1940, conjuguant dialogues à tableaux muets où le dessin révèle tout, même l’indicible. Il rend un bel hommage à ceux qui ont continué à vivre en ces temps de guerre, prenant le parti de rire des pires situations, l’option sans doute la plus salvatrice et celle qui fédère encore au mieux les hommes entre eux. Et nous, qu’aurions-nous fait alors ? Soldat du 11e régiment, Videgrain est à moto, sur les routes… les Allemands ont enfoncé tous les fronts. C’est la débâcle. Les Stukas bombardent en piqué les populations civiles et militaires qui fuient l’avancée allemande. La route est jonchée de cadavres. Videgrain est chargé de veiller les corps sans vie de ses camarades massacrés par les avions ennemis. Mais alors qu’il peut enfin rejoindre son régiment, il s’aperçoit qu’une balle a percé le réservoir de sa bécane. Commence alors un voyage bien étrange où le burlesque côtoie le drame d’un pays en guerre, une France meurtrie, à l’heure de la défaite éclair de son armée. À l’heure où les hommes devraient moissonner les blés, ils creusent des trous pour y déposer les dépouilles des infortunés, et, sous le soleil de juin, cassent la graine entre deux cercueils qui font office de table de jardin. Une partie de campagne bien étrange où les hommes sont devenus croque-morts bien malgré eux, et continuent de croquer la vie, coûte que coûte. Texte: L'éditeur

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 25 Août 2016
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus
Couverture de la série La Déconfiture
Les notes (9)
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31/10/2016 | Gaston
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Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

La Déconfiture est un récit réaliste et instructive sur la manière dont la Déconfiture, la défaite expresse de l'armée française face au Blitzkrieg nazi, s'est passée vue de l'intérieur, par les yeux d'un soldat français pas plus lâche ni plus courageux qu'un autre. J'ai apprécié son côté édifiant, la manière presque absurde et dérisoire dont les choses se sont déroulées, comme un mauvais rêve. J'ai apprécié la confrontation entre la grande humanité voire une certaine bonhommie des soldats et la déroute impitoyable que la France subissait à l'époque. J'ai apprécié la somme de petites anecdotes visiblement tirées de témoignages réels t d'expériences similaires. La lecture coule de manière très fluide, avec un rythme doux mais jamais ennuyeux. C'est donc bien. Mais pour autant, pour un récit en deux tomes, il ne se passe rien de vraiment notable. En réalité, il se passe plein de petites choses mais il n'y a pas une vraie intrigue qui se met en place, pas quelque chose d'accrocheur qui donne l'impression d'avoir un vrai début et une vraie fin. D'ailleurs, comme vous pouvez le lire dans les avis ci-dessous, rien n'indiquait vraiment que l'histoire s'arrête au second tome, avant la publication d'une intégrale précisant qu'il s'agissait d'un récit complet. Du coup, c'est bien, on apprend pas mal de choses, on peut en ressentir l'ambiance surprenante des événements de cette époque, mais cela laisse le lecteur sur une impression de manque, d'un peu d'inachevé.

16/10/2020 (modifier)
Par allrom
Note: 3/5

Ma note englobe les tomes 1 et 2 . Après lecture, il ne me reste qu' un sentiment mitigé . J' ai adhéré par séquences au dessin et au scénario cependant le développement narratif ou le dessin m' ont semblé limite bâclés par moments. En fait, tout est pas mal mais problème, seulement pas mal . Impression désagréable que l' auteur n' a pas été au bout de sa démarche qui reste inachevée pour moi . Dommage car on était très proche d' un indispensable !!!!

07/07/2018 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Les deux albums se laissent lire, plutôt agréablement, et même très rapidement, malgré l’importante pagination de chaque tome. Peu de réel défaut à vrai dire. Mais voilà, il n’y a pas non plus assez de qualités, plutôt d’originalité, pour que je vous en conseille l’achat. Rabaté nous donne ici sa vision – au demeurant très classique et sans trop de surprises (toutes les images attachées à cette période sombre de l’histoire de France y passent) de la débâcle de l’armée française devant la Blitzkrieg allemande, au printemps 1940. Débâcle, exode des populations civiles, bombardées par les Stukas, que Rabaté nomme donc déconfiture. Je ne sais pas si Rabaté va poursuivre plus loin (il parle de second tome et non de deuxième, ce qui augure d’une fin), car il aurait alors pu aller plus loin dans cette débâcle, en traitant de la débâcle des idées, de l’honneur, qui va caractériser Vichy et une partie des Français – on voit poindre certaines de ces renonciations dans ces deux tomes, en particulier dans le traitement des soldats coloniaux. A lire à l’occasion, sans en faire une priorité.

11/05/2018 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Avec ce diptyque Rabaté est bien loin de "La septième compagnie", pochade lourdingue à l'humour gras qui réunissait quelques seconds couteaux du cinéma français de l'époque. Ce qui m’intéresse ici c'est le ton décalé employé par l'auteur, un humour subtil, léger très absent chez Tardi. Histoire de contexte sans doute. Il faut dire aussi que l'absurdité de cette drôle de guerre mérite cette mise à distance. Alors oui le dessin est simpliste, sans afféteries à mon sens il n'en donne que plus de force au propos. Au final une lecture sympathique mais qui n'apporte rien de bien neuf à ce que nous savions déjà. Peut être pas d'achat conseillé mais un emprunt ne peut faire de mal.

03/03/2018 (modifier)
Par herve
Note: 3/5
L'avatar du posteur herve

Dans un style très épuré, Pascal Rabaté nous offre sa vision de la débâcle de 40 à travers le regard d'Amedée Videgrain, simple soldat désabusé. Ce premier volume se lit bien mais cela sent le déjà vu. Ce thème a maintes fois été traité au cinéma ( on pense évidement aux films de Robert Lamoureux -"la 7ème compagnie" ou encore à "jeux interdits" avec ce flot de réfugiés mitraillé par l"aviation allemande). Reste des dialogues bien troussés et percutants sur cet épisode qui traumatisa l'armée française.

03/03/2018 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Ce n'est guère un épisode glorieux de l'Histoire de notre pays. Après avoir envoyé des millions d'hommes à la boucherie lors de la Première Guerre Mondiale, voilà encore l'incompétence de l'état major durant ce qu'on a appelé la drôle de guerre. Neuf mois sans tirer un coup de feu puis la blitzkrieg qui fut rapide et efficace mettant à genoux un pays tout entier qui n'était manifestement pas préparé. La déconfiture nous donne plein de détails assez intéressants pour peu qu'on soit un peu masochiste. Pour autant, le ton sonne juste. L'auteur choisit l'angle de deux militaires totalement impuissants dans ce chaos sans nom et qui tentent de survivre. Il y a certes l'absurdité de la guerre mais on l'a fait au nom des idéaux, pour ne pas laisser par exemple s'installer la tyrannie ou l'extermination au nom de la discrimination assumée. La sobriété du trait sera de mise. En ce qui me concerne, l'envie ne suit pas malgré l'honnêteté de ce travail.

15/01/2017 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 3/5
L'avatar du posteur Blue Boy

A la fois dessinateur et scénariste (pour les autres ou pour lui-même), l’auteur d’ « Ibiscus » et des « Petits ruisseaux » fait ici cavalier seul. On suit le personnage de Videgrain, un bidasse français qui tente de sauver sa peau au milieu du chaos généralisé, qui voit soldats et civils se croiser sur la route de la débâche. Les militaires ont pour seule tâche, entre deux parties de cartes, d’enterrer les cadavres victimes des bombardements, sous les braillements d’un supérieur grotesque. Malgré cela, la vie continue, l’ennui s’installe et les hommes finissent par s’habituer à un quotidien où la mort est omniprésente, comme dans un gigantesque pique-nique forcé, miroir macabre des congés payés apparus quelques années plus tôt dans une France qui croyait alors au progrès social. Pascal Rabaté a choisi de traiter son récit sous l'angle de l’humour, avec des scènes où le burlesque amène parfois un peu de légèreté dans ces instants terribles. Le dessin noir et blanc s’inscrit dans un style à la fois réaliste et minimaliste. Visant l’essentiel, Rabaté sait parfaitement croquer les attitudes et les caractères de ses personnages même si on peut parfois regretter qu’un trait assez relâché empêche une identification aisée, car la plupart, bien qu’anecdotiques, sont assez nombreux dans l’histoire. Rabaté recourt souvent à des styles différents, réussi avec « Ibicus » et sa technique au lavis, acerbe et proche de la caricature avec ses premières œuvres, mais parfois peu engageant esthétiquement comme ici. Très libre dans ses choix graphiques, Rabaté se fiche bien de faire joli, car il sait que quand on est talentueux, on peut se permettre d’être un brin paresseux. Au final, cette première partie ne parvient pas vraiment à convaincre, comme si elle semblait contaminée par l’ennui et l’indolence propre au contexte du récit. La lecture reste fluide, mais une certaine nonchalance caractérisant la narration aussi bien que le dessin décourage toute implication véritable de la part du lecteur. Du coup, on reste déçu car on était en droit d’en attendre plus de la part d’un auteur comme Rabaté. Reste à voir si ce dernier redressera la barre avec la deuxième partie.

26/11/2016 (modifier)
Par canarde
Note: 3/5
L'avatar du posteur canarde

Un sujet un peu rebattu, qui a les défauts du roadmovie, et les qualités de Rabaté. Pour ce premier tome, on suit le soldat dans son ballottement absurde, d'ordre en ordre, de trous d'obus en pannes d'essence, des nuits sans lumière aux jours sans ombre, de binoclards en moustachus. Les dialogues sont, comme d'habitude chez l'auteur, pleins de vérité, de drôlerie mais aussi d'une certaine tristesse sans consolation possible. Pour le dessin, il fait le choix de moyens réduits: des traits noirs de toutes espèces et des aplats d'un seul gris posé sur du papier un peu beige et satiné. Pour le moment je ne m'extasie pas, voyons un peu la construction de l'histoire... Un seul passage laisse deviner la vie d'avant, connaîtra-t-on la vie d'après?

03/11/2016 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
L'avatar du posteur Gaston

Racontez la défaite françaises de 1940 n'est pas nouvelle, mais la manière dont Rabaté la raconte est intéressante. Un soldat se retrouve séparé de son régiment et il essaie de les retrouver. En chemin il rencontre pleins de gens et voit bien des choses. J'aime bien le ton de l'album. J'ai trouvé que Rabaté montrait bien l'absurdité de la guerre (ou du moins je trouvais qu'il y avait une certaine absurdité dans les situations). Les dialogues sont savoureux, le dessin est bon et j'ai trouvé l'histoire passionnante. J'ai vraiment eu du plaisir à suivre ce soldat même si je savais déjà l'issue de ce conflit ! C'est un très bon premier tome qui donne envie de lire la suite que j'attends avec impatience.

31/10/2016 (modifier)